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Victor Mete a (enfin) inscrit son premier but dans la LNH

Le défenseur du Canadien patine avec la rondelle.

Victor Mete (no 53)

Photo : Reuters / USA TODAY USPW

Alexandre Gascon

C’était inéluctable. Un jour ou l’autre, Victor Mete allait bien finir par marquer un but dans la Ligue nationale. Que ce soit arrivé jeudi soir, par contre, tombe à point nommé et n’est pas aussi banal qu’à première vue.

Vous les entendez, n’est-ce pas? Les plaisantins affirmant que lorsqu’on traverse une disette de 126 matchs sans but, n’importe quel moment choisi pour toucher le fond du filet tombe à point nommé.

Évidemment. Surtout que Mete détient le triste record du joueur du CH qui a attendu le plus longtemps avant de célébrer sa première réussite, dépassant de 5 rencontres la marque de 122 anciennement détenue par Mike Komisarek.

Sauf que le défenseur y est parvenu au moment où, pour la première fois avec autant d’insistance, il devait répondre cette semaine à des questions du genre :

  • Es-tu le partenaire idéal pour Shea Weber?
  • Quelle est la nature de la communication entre toi et lui?
  • Avez-vous changé votre façon de jouer cette année?
  • Êtes-vous frustrés?

Autant d’angles d’attaque pour lui faire admettre que les deux arrières ne faisaient pas la paire depuis le début de l’année. Mete y a répondu avec calme, assurance, sans jamais se départir de son sourire qui n’a rien d’un rictus composé pour l’œil de la caméra.

Sans parler d’un fardeau sur ses épaules, le petit défenseur de 1,75 m (5 pi 9 po) a admis après la victoire que « ça fait du bien de s’en débarrasser ». Ses coéquipiers s’apprêtaient à partir des paris sur la question, a confié Brendan Gallagher. Disons que ça lui évite de l’embarras.

Il fallait voir la réaction de sa bande justement. Des collègues pratiquement plus heureux pour lui que le principal intéressé. Un beau moment de complicité lorsque Weber lui a entouré les épaules quelques secondes après la réussite.

Il a eu tellement de chances de compter dans les dernières années. C’était de la malchance jusqu’à un certain point. Il l’a finalement [son but] et les valves sont ouvertes pour lui.

Shea Weber à propos de Victor Mete

« J’aime mon steak médium-saignant », a lancé Nick Cousins, à la source du revirement derrière le filet du Wild et auteur de la jolie passe à Mete dans l’enclave. L’attaquant, qui a d’ailleurs obtenu son premier point avec le Tricolore sur la séquence, s’attend à une invitation du jeune homme prochainement.

Les applaudissements, les félicitations ont dû lui faire un bien immense. Cela dit, un but, marqué contre le Wild de surcroît, une équipe en totale perdition, la plus vieille de la LNH et dont l’entraîneur, selon les dires d’un collègue présent au point de presse de Bruce Boudreau, se sait condamné, ne balaiera pas les problèmes récurrents du duo dévoilés plus tôt cette semaine.

Mete est perçu comme un défenseur à caractère offensif, mais maintient un rythme de production de 0,59 point par tranches de 60 minutes de jeu à 5 contre 5 depuis le début de sa carrière, soit un taux de contribution d’un sixième ou septième défenseur.

Tout sourire, il est félicité par ses coéquipiers au banc.

Victor Mete

Photo : Reuters / USA Today Sports

Il se doit donc d’être efficace dans les autres phases de jeu, ce que n’a pas manqué de souligner Weber lorsque questionné à savoir si cette longue attente avait été un fardeau pour son partenaire.

« Je ne pense pas. Il est tellement calme. Il n’a pas besoin de marquer pour aider l’équipe. Il fait tellement de bonnes choses, il aide cette équipe. Ce n’est pas comme si on s’appuyait sur lui pour marquer des buts », a fait valoir le capitaine.

Justement non. Or, l’on pourrait s’y attendre, étant donné la position qu’il occupe dans la hiérarchie défensive... et que c’est encore le but du jeu après tout.

Jeudi, Mete a semblé prendre confiance après coup et s’est permis quelques autres incursions inspirées dans le territoire adverse. Le défenseur a souvent récupéré des rondelles placées en fond de territoire par l’ennemi et relancé efficacement l’attaque. Assez rapidement, à tout le moins, pour éviter de s’engager dans des batailles physiques de coins de patinoire dont il sort trop peu souvent gagnant.

« Il a été bon, rapide dans les entrées de zone. Il a relancé le jeu rapidement et nous a permis d’avoir une bonne transition. Il a bien utilisé son coup de patin ce soir pour tuer les jeux. On n’avait pas besoin de courir après la rondelle », a dit Weber.

Bien dit. Sauf qu’au risque de se répéter, l’adversaire ne payait pas de mine. Voyez plutôt.

Mais bon, la soirée était belle.

Les partisans ont acclamé Mete avec passion, conscients du moment unique que vivait le jeune homme bien avant que Michel Lacroix en fasse l’annonce officielle. Le Wild du Minnesota a finalement plié l’échine devant le Canadien après l’avoir battu lors des neuf derniers affrontements. La dernière victoire tricolore contre le Wild remontait au 8 novembre 2014, à la belle époque de Brandon Prust, Pierre-Alexandre Parenteau et Mike Weaver.

Déjà que les nuits sont froides à Saint Paul, elles risquent d’être interminables cet hiver.

Cela dit, si tout ce qui manquait à Mete pour passer au niveau supérieur était un brin de confiance, le CH peut espérer que ce match lui en a fourni la dose nécessaire.

L’équipe appelle de ses vœux un défenseur gaucher offensif et comme il en coûterait probablement un joli magot pour en obtenir un en renfort immédiat, aussi bien le voir se développer en interne. Si possible...

En rafale

Nick Suzuki a bien tenté de s’attirer les feux de la rampe lorsqu’il a lui aussi marqué le premier but de sa carrière dans la LNH. Comme la recrue en était seulement à son septième match, elle est passée au second plan.

« C’était un soulagement, a admis Suzuki. Là, je peux me calmer un peu, recommencer à jouer mon jeu. Je me sentais bien mieux après ça. »

L'attaquant est félicité par ses coéquipiers au banc.

Nick Suzuki

Photo : Reuters / USA Today Sports

Cousins a, lui aussi, vécu une première en obtenant son premier point avec sa nouvelle équipe en préparant le but de Mete. L’histoire le retiendra davantage sous cet angle.

Et, pour la première fois de la saison, l’unité de désavantage numérique du Tricolore a été sans faille et a privé le Wild d’un but en cinq occasions. On ne parle pas du Lightning, mais Claude Julien prend tout ce qui passe avec les unités spéciales.

Pour sa part, Carey Price a repoussé 17 rondelles et signé le 45e blanchissage de sa carrière. Se souvient-il de la dernière fois où il a obtenu un jeu blanc sans être nommé l’une des étoiles du match?

« Je ne me souviens même pas de la dernière fois où j’ai eu un blanchissage », a-t-il répondu, taquin.

C'était le 21 mars 2019 contre les Islanders. De rien.

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