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L'International Swimming League, une petite révolution dans le monde de la natation

Des nageurs au départ d'une épreuve de dos

Matthew Greeves à Budapest le 26 octobre

Photo : Associated Press / Gian Mattia D'Alberto/LaPresse

Alexandre Coupal

Une nouvelle ère dans le monde de la natation est en cours depuis cet automne. Le décor change avec l'International Swimming League (ISL), dont la sixième étape est disputée ce week-end à Londres. Explications.

Comme son nom l’indique, ce circuit se veut une ligue professionnelle, comme la Ligue nationale de hockey (LNH), par exemple. Huit équipes s’affrontent, et non des pays. Quatre sont basées en Europe et quatre autres aux États-Unis. Ces équipes sont composées de plusieurs des meilleurs nageurs et nageuses de la planète, peu importe leur nationalité. Elles sont mixtes et paritaires.

Pour appuyer le talent canadien, il faut être partisan d'Energy Star, équipe européenne basée à Paris et qui s’entraîne en Turquie. Elle compte cinq Canadiennes, dont Penny Oleksiak, Kierra Smith et Mary-Sophie Harvey. Une autre grande vedette du programme canadien, Kylie Masse, fait partie des Cali Condors, une équipe américaine basée en Californie.

L'Américaine Katy Ledecky porte les couleurs du D.C. Trident et Adam Peaty, le titan britannique de la brasse, celles du London Roar.

Mary-Sophie Harvey s’entraînait déjà en Turquie et connaissait quelques-uns des entraîneurs de l’équipe Energy Star. « J’ai reçu un courriel. On me demandait si j’étais intéressée. Et, après ça, c’est comme quand tu te fais recruter dans un sport », explique-t-elle à propos de la manière dont on l'a sélectionnée.

Évidemment, pour des athlètes habitués à représenter leur pays, l’ambiance détonne.

La plus grosse différence, c’est qu’habituellement, on va courser contre ces gens-là, on ne va pas nécessairement s’encourager.

Mary-Sophie Harvey

S'ajoutent aussi plusieurs nouveautés au chapitre du format et de la présentation. Jeux de lumière et DJ mettent l'ambiance avant les courses disputées dans un bassin de 25 m. Si les distances restent familières, le processus l’est moins. D’abord, il n’y a pas de qualification, chacune des courses est une finale. Il n’y a que quatre équipes qui participent à une rencontre, et elles délèguent deux nageurs pour chacune des épreuves.

Le chronomètre a plus ou moins d’importance puisque c’est le rang des nageurs qui détermine le nombre de points qu’une équipe marque. Il a même été question que les courses ne soient pas chronométrées, mais les athlètes s'y sont opposés. L’un des formats les plus novateurs est le 50 m skins, qui commence avec huit nageurs, qui en élimine quatre après le premier tour et deux après le deuxième, jusqu’à un affrontement final.

De l’argent

Derrière cette nouvelle approche, il y a un objectif facile à deviner : rendre le sport plus attrayant pour la diffusion et engranger des revenus. L’ISL détient déjà une entente avec ESPN pour les droits américains, mais le réseau ne diffuse les événements que sur le web, et la situation est semblable en Europe. Cinq rencontres ont eu lieu jusqu'à maintenant, et Harvey a participé aux deux premières. À Indianapolis, pour le tout premier événement, début octobre, 1400 partisans étaient assis dans un centre qui peut en accueillir 4700.

Lors de la deuxième rencontre en Italie, la compétition était présentée à guichets fermés.

« La foule italienne a toujours aimé la natation, alors on s’entendait à avoir une bonne foule », explique Mary-Sophie Harvey.

Pour l’instant, c'est Konstantin Grigorishin, initiateur du projet, qui finance l’opération. Le milliardaire ukraino-russe, qui a fait fortune dans le milieu industriel, est amoureux de la natation. Il a investi 25 millions de dollars, montant bon pour le budget d’opération totale de cette première saison. Il est également propriétaire de l’équipe Energy Star.

Plan rapproché d'un homme en conférence de presse, devant un fond jaune

Konstantin Grigorishin, grand patron de l'ISL

Photo : afp via getty images / -

Qui dit ligue professionnelle dit rémunération des athlètes. Encore là, l’ISL fait dans l’innovation. Chaque athlète reçoit un salaire de base, ses frais sont pris en charge et il peut toucher des bourses. Pour chaque participation, les nageurs et nageuses empochent 1000 $. Ils amassent ensuite des gains selon les points qu’ils enregistrent pour leur équipe.

La finale à Las Vegas, les 20 et 21 décembre, à la fin du calendrier, sera plus intéressante monétairement, avec entre autres une bourse de 10 000 $ pour chacun des membres de l'équipe championne. L’enveloppe totale des bourses pour la saison s’élève à 15 millions de dollars, et l’ISL a l’ambition de générer de la croissance pour tous et toutes.

De la chicane

Si le projet est plein de belles promesses, il a bien failli ne jamais voir le jour. La mise en place du circuit a été retardée d’une dizaine de mois après que la FINA, la toute puissante fédération qui régit la natation mondiale, eut menacé de bannir les athlètes qui y participeraient. Elle est ensuite revenue sur ses positions après que trois nageurs, Katinka Hosszu, Tom Shields et Michael Andrew, ont décidé de la poursuivre en justice aux États-Unis pour pratique anticoncurrentielle.

La FINA n’a cependant pas dit son dernier mot. En avril dernier, elle a lancé la Champions Swim Series, qui reprenait en grandes parties plusieurs nouveaux thèmes de l’ISL. Les trois événements sont cependant sur invitation seulement et ne sont accessibles qu’à une minorité de nageurs et de nageuses.

Avec plus d’événements, il y a plus d’occasions de progresser. Mary-Sophie Harvey ne va pas s’en plaindre, car elle a comme objectif ultime de faire sa place dans l’équipe canadienne en vue des Jeux de Tokyo.

Le fait d’avoir participé à ces compétitions-là, ça m’a vraiment mis en confiance et ça augure bien pour le reste de la saison. Le plus gros avantage, c’est qu’on affronte déjà les gens qui seront aux Jeux olympiques. Ces compétitions m’ont aidé à me mettre en confiance.

Mary-Sophie Harvey

Energy Standard, l'équipe de Mary-Sophie Harvey, passait son tour lors des deux derniers événements puisque toutes les formations ne participent pas à tous les rendez-vous. Ils reprennent le collier ce week-end à Londres.

Avec les informations de CBC

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