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Des tendances inquiétantes

Le Canadien accorde trois buts en 2 min 8 s et plie l'échine devant le Lightning.

Vasilevskiy regarde la rondelle à sa droite, mais Armia est incapable de la pousser dans le filet.

Yanni Gourde empêche Joel Armia de déjouer Andrei Vasilevskiy.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Alexandre Gascon

Un effort inconstant, des arrières embouteillés dans leur territoire, une équipe incapable de protéger une avance : en dépit de sa fiche de ,500, le Canadien montre de nombreux signes de défaillances en ce début de saison.

L’un des avantages d’entamer une nouvelle saison avec un groupe pratiquement identique à celui qui a bien performé l’année précédente est de pouvoir reprendre exactement là où on s’est interrompu, sans période d’adaptation.

Le système de jeu, les habitudes de travail, les tendances des coéquipiers devraient être connus et faciliter un départ rapide hors des blocs. Bizarrement, le Canadien apparaît plutôt en rodage et ses adversaires en profitent allégrement, comme le Lightning de Tampa Bay qui a triomphé 3-1mardi soir.

Claude Julien a paru irrité de cette inconstance.

« C’est notre plus gros problème depuis le début de la saison. Il faut trouver le moyen de jouer 60 minutes. On l’a fait samedi et on a vu les résultats. Mais depuis le début de l’année, on a trop de séquences comme ça qui nous font mal. Si on peut corriger cet aspect-là de notre jeu, ça va nous aider à gagner plus de matchs », a lancé l’entraîneur après la rencontre.

En six matchs, le Tricolore a déjà gaspillé sept avances d’un but. Sur ces 360 minutes de jeu en temps réglementaire, il a mené pendant seulement 43 min 26 s.

Le plus inquiétant? Le CH s’écroule généralement dans les cinq minutes suivant le but qui lui donne l’avance.

C’est arrivé en Caroline, à Toronto, à Buffalo et encore contre le Lightning au Centre Bell.

Montréal menait pourtant 9-3 au chapitre des tirs au but quand Jeff Petry a touché la cible en avantage numérique. Il restait 4:14 au premier engagement.

À partir de ce moment, Tampa Bay a dominé la fin de la période, y compris une interminable présence de 1:54 du trio de Jesperi Kotkaniemi et du duo Victor Mete-Shea Weber qui s’est conclue par le but égalisateur du Braydon Coburn.

À cheval sur deux périodes, le Lightning a marqué trois fois en 2 min 8 s.

« Après qu’on a marqué le premier but, on a commencé à être mou, a estimé Julien. On n’a pas été capable de tuer le jeu, pas été capable de sortir de notre territoire pendant presque deux minutes et il y a eu un but. Et pendant la deuxième encore, un mauvais changement de trios et un autre but là aussi. »

On s’inflige ça nous-mêmes. Ce sont des choses qu’on ne peut pas faire comme équipe. Si on veut avoir du succès, il faut être capable de jouer 60 minutes. C’est sûr qu’il y a des hauts et des bas, mais pas le genre de situations qu’on a vu ce soir pendant cinq ou six minutes.

Claude Julien

Et ç’aura suffi au Lightning, pourtant fort loin de son apogée, pour s’arroger la victoire.

Après ses errances coûteuses de quelques minutes, le Canadien a repris le bâton du pèlerin, s’est attelé à la tâche et a obtenu 21 chances de marquer contre seulement 9 pour ses rivaux selon le site spécialisé Natural Stat Trick. Trop peu, trop tard.

À qui le blâme?

Mete et Weber, tout comme Kotkanimei, Drouin et Armia, ont terminé la soirée avec un différentiel de -2.

Le capitaine du Canadien regarde le jeu devant lui.

Shea Weber effectuait son retour au jeu contre les Hurricanes de la Caroline.

Photo : Reuters / USA TODAY USPW

Le capitaine a obtenu 19 min 40 s de temps de jeu. C’était la seconde fois au cours de ses 168 matchs dans l’uniforme du Bleu-blanc-rouge que Weber n’atteignait pas la barre symbolique des 20 minutes, exception faite des matchs où il s’est blessé.

La première est survenue l’an dernier dans un match que l'équipe dominait au pointage contre les Panthers de la Floride au mois de mars. Julien avait préféré reposer le colosse de Sicamous en vue du chemin de croix qu'elle devait traverser pour atteindre les séries éliminatoires dans les derniers soubresauts de la saison.

Mardi soir, le CH devait déployer ses meilleurs effectifs et Jeff Petry était encore une fois employé à outrance.

L’entraîneur a pris soin de répartir le blâme pour la défaite, pour les bévues défensives.

« Au moins deux fois, les avants auraient pu sortir la rondelle de la zone », a d'abord dit Julien en référence au but égalisateur en fin de première période.

« Deux ou trois fois, ils auraient pu arrêter la séquence et ils ne l’ont pas fait. Le blâme doit être partagé », a ajouté Julien. Le fait est que cette séquence de deux minutes s’est amorcée parce que le capitaine n’a pas été en mesure de maîtriser une rondelle.

En première période, on l’a vu pris à contre-pied en avantage numérique par Ondrej Palat qui a filé seul et frappé le poteau à la droite de Carey Price. En toute fin d’engagement, Yanni Gourde a réussi à échapper à sa couverture en arrière du filet et a pu effectuer un lancer de qualité dans l’enclave.

Il est loin d’être le seul à blâmer, c’est une évidence, mais, outre Petry, aucun arrière n’est aussi vital à la survie du Canadien cette saison, et pour l’avenir à moyen terme.

Le Tricolore doit sincèrement espérer que le déclin n’est pas amorcé dans son cas. Sinon, même les prévisions les plus pessimistes devront probablement être revues à la baisse.

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