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Le Lightning à la recherche de son « swag »

Trois joueurs se félicitent après un but.

Le Lightning l'emporte 3-1 sur les Maple Leafs.

Photo : The Canadian Press / Nathan Denette

Alexandre Gascon

Après avoir égalé un record de la LNH avec 62 victoires l’an dernier, le Lightning part à la conquête du Saint Graal. Si sa recette est la bonne, selon l’équipe, elle admet devoir y ajouter des ingrédients.

Imaginez un étudiant en droit. Il survole ses examens pendant tout son baccalauréat, écrase la compétition pourtant féroce, termine avec une moyenne de 96 %... et échoue lamentablement à son test du Barreau. Forcément, pareille aventure laisse des traces.

On assiste peut-être aux contrecoups de cette élimination hâtive et brutale en quatre matchs le printemps dernier aux mains des Blue Jackets.

Le Lightning alterne les prestations inspirées – victoires convaincantes contre les Panthers et les Maple Leafs – et médiocres, comme les défaites face aux Sénateurs et aux Hurricanes. En Caroline, Tampa Bay a été outrageusement dominé 44-13 pour ce qui est des tirs au but.

On a des objectifs plus hauts que ça. Nos standards sont beaucoup plus élevés.

Mathieu Joseph, attaquant du Lightning de Tampa Bay

Avec une fiche de ,500 (2-2-1) après cinq matchs, une unité de désavantage numérique bien en deçà de ses performances passées et une défaite contre l'une des pires équipes du circuit Bettman, le couvercle de la marmite a sauté samedi contre Ottawa. Brayden Point et Yanni Gourde, que personne ne confondra avec Bob Probert et Georges Laraque, se sont battus.

« Ce sont des compétiteurs, pas juste des gars qui ont du talent. Ils n’arrêtent jamais de travailler dans un match. Des fois, les fils se touchent et ils jettent les gants. On leur donne deux, trois tapes dans le dos après. Ils font ça pour notre équipe. Même si ce sont des vedettes, ils sont capables de se défendre », a expliqué Mathieu Joseph.

Le Lightning a donc profité d’une journée de congé dimanche et s’est soumis à un entraînement des plus rigoureux lundi. Une heure et quart sur la glace de batailles en espaces restreints à un contre un, à deux contre deux, des situations de jeux à cinq contre cinq. Et les joueurs n’y allaient pas de main morte.

En gros, il était question d’acharnement, de soif de victoire. Une hargne qui semble avoir légèrement faibli dans le vestiaire des Floridiens.

« Notre niveau d’intensité, notre goût de la compétition est trop inconstant. C’est là un jour, ce ne l’est plus le suivant. Ce genre de pratique sert à renforcer les bonnes habitudes pour qu’elles deviennent naturelles pendant les matchs », a lancé le capitaine Steven Stamkos.

« Il faut être sur la même longueur d’onde. Quand on se bat l’un contre l’autre comme ça et qu’on travaille fort, on s’améliore tous », a renchéri le vétéran Ryan McDonagh.

Quelles attentes?

Le Lightning a conservé intact son noyau de joueurs après sa débâcle historique du printemps. Jon Cooper est toujours à la barre de la formation. Il y a tout de même eu des changements cet été, subtils certes, mais pas moins révélateurs pour autant.

Le gardien de 36 ans Curtis McElhinney, qui venait d’atteindre la finale de l’Est, s’est amené en remplacement de Louis Domingue. Et le directeur général Julien BriseBois a embauché Patrick Maroon, un guerrier de 31 ans, tout juste vainqueur de la Coupe Stanley avec les Blues de Saint Louis, dont la parole a du poids dans le vestiaire, dont les attributs physiques (1,88 m et 107 kg) en ont encore plus sur la glace.

Il soulève la coupe Stanley.

Patrick Maroon des Blues de Saint Louis

Photo : Getty Images / Patrick Smith

En 2018-2019, Maroon a vécu une expérience diamétralement opposée à celle du Lightning. Les Blues étaient derniers dans la LNH au 2 janvier et ont fini au sommet de la pyramide cinq mois plus tard. Tampa Bay marchait sur les eaux toute la saison et s’est effondré dès le début des séries éliminatoires.

Maroon a fait le parallèle entre les Blues et le Lightning. Tous les éléments sont réunis pour la victoire ultime sur la côte ouest de la Floride, estime-t-il, il s’agit simplement de définir l’intangible, d’ajouter cet élément secret qui sépare les grandes équipes des championnes.

« Tout le monde dans ce vestiaire a de l’expérience dans les séries. Tout le monde s’est rendu loin. Ça me rappelle l’équipe de l’an passé avec Steener (Alex Steen) et Petro (Alex Pietrangelo). Les Blues avaient eu de bons parcours éliminatoires sans jamais être capables de passer par-dessus les derniers obstacles pour gagner la Coupe. J’ai l’impression que cette équipe est ensemble depuis tellement d’années avec Kuch (Nikita Kucherov), Stammer (Steven Stamkos), Hedy (Victor Hedman), Vlasy (Andreï Vasilevskiy), Killer (Alex Killorn) et Tyler Johnson », a dit le natif de Saint Louis, nous renseignant au passage sur l’étrange absence de surnom de Johnson.

« Ils sont passés par là. Perdre en finale, perdre en demi-finales, une élimination décevante l’an dernier. Ils ont toute l’expérience. Maintenant, il faut jouer de la bonne façon, se tenir responsables les uns les autres. Quand tout le monde est sur la même longueur d’onde, on peut avoir le swag dans ce vestiaire. On peut avoir le swag sur la glace », a ajouté Maroon.

En quête du swag, donc. N’en sommes-nous pas tous amateurs d’ailleurs, jusqu’à un certain point?

Ce groupe qui a tant vécu ne pourra pas nécessairement demeurer le même longtemps. Dès l'an prochain, la prolongation de contrat du gardien Vasilevkiy entre en vigueur et Tampa Bay devra trouver quelque 6 millions de dollars sous le plafond salarial.

Un ou des joueurs du noyau périphérique comme Ondrej Palat (5,3 M$), Tyler Johnson (5 M$) ou Alex Killorn (4,45 M$) pourraient être sacrifiés.

Pour l'instant, pas question de changer d’identité. Stamkos a été limpide à ce sujet, tout comme Jon Cooper.

C’est difficile de changer notre identité avec le succès qu’on a eu l’an dernier. Combiné à une élimination rapide, qu’on n’avait pas anticipée, mais on ne changera pas complètement notre identité. Il y a quelques aspects qu’on doit travailler : être plus compétitif dans nos bagarres pour la rondelle par exemple. Et on travaille là-dessus.

L'entraîneur du Lightning, Jon Cooper

Le capitaine a relayé le message du patron.

« On peut en parler toute la journée. Mais au bout du compte, on doit simplement y aller et exécuter […] On ne cherche pas une nouvelle identité, mais nous essayons d’améliorer certains aspects. »

Stamkos a d’ailleurs ajouté qu’il « n’y a pas d’attentes. Tu perds au premier tour ».

La présence de Maroon n’est pas étrangère à cette nouvelle attitude. Tampa Bay s’est fait dominer physiquement par les Jackets en avril et n’a jamais été en mesure de contrer la robustesse de ses rivaux par son immense talent et sa rapidité.

Maroon préconise un style à l’ancienne, tout en force brute et en batailles le long des rampes. Et, surtout, il a gagné à ce niveau, ce que personne n’avait fait dans ce vestiaire l’an dernier.

« Un gagnant éprouvé est certainement meilleur que quelqu’un qui n’y est pas parvenu. Surtout quand le sentiment de finir au sommet est aussi frais à ta mémoire. C’est ce qui nous motive à avoir ses entraînements rigoureux comme aujourd’hui. Notre but ultime est de gagner la Coupe et Maroon nous permet de conserver cette approche positive, de voir cette lumière au bout du tunnel qui nous encourage à traverser des jours difficiles », a éloquemment répondu McDonagh.

Ce ne sera pas suffisant, mais c’est un début. Maroon a du swag. À ses coéquipiers de trouver le leur.

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