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Cale Fleury : bénéficier d'un pas de recul à l'image de Brett Kulak

Le joueur du Canadien est accroché par celui des Sénateurs d'Ottawa.

Cale Fleury (no 83) et Anthony Duclair (no 10)

Photo : The Canadian Press / Fred Chartrand

Alexandre Gascon

Étrangement, les destins de Brett Kulak et de Cale Fleury ont été intrinsèquement liés depuis que le plus jeune a fait le saut chez les professionnels en 2018. Fleury espère maintenant avoir l’occasion de rebondir, à l’image de son ancien partenaire à la ligne bleue.

Les deux défenseurs ont formé un duo pendant la majeure partie du temps que Kulak a passé à Laval l’an dernier avant son rappel à la fin novembre. Ils se sont retrouvés au camp d’entraînement à Montréal cet automne et Claude Julien les a réunis au sein du troisième tandem pour les deux premiers matchs de la campagne.

L’entraîneur a jugé qu’ils avaient vécu « de grosses difficultés » en Caroline et à Toronto, et les a ensuite envoyés sur la galerie de presse, là où ses joueurs ont beaucoup à apprendre selon lui, en regardant le jeu d’ensemble des hauteurs de l’amphithéâtre.

Et c’est là que la comparaison s’arrête. Kulak a réintégré la formation contre Saint Louis samedi, tandis que Fleury attend toujours patiemment son tour.

Un jeune joueur peut-il s’améliorer en tant que spectateur ou doit-il absolument accumuler les responsabilités sur la glace? Doit-il rester à Montréal ou retourner à Laval, en somme.

« Ce n’est pas un problème, estime l’entraîneur du Tricolore. Fleury doit pratiquer intensément. Les choses peuvent changer rapidement, tu dois être prêt. À un certain moment, s’il ne joue pas, on aura à prendre une décision. Il s’est fait prendre dans un duo qui en arrachait. L’autre défenseur a bien fait avec un autre partenaire. Fleury pourrait faire la même chose. »

« L'autre défenseur » a effectivement mieux paru face aux Blues. Après deux rencontres hasardeuses, Kulak a amassé une passe et a terminé la rencontre avec un différentiel de +2 en un peu plus de 16 minutes de jeu à la gauche de son partenaire usuel de la dernière saison, Jeff Petry.

« Même si c’est bon des fois [d’être retiré de la formation], tu peux voir les choses différemment, ça te rend fou de voir ton équipe travailler fort sans toi », admet Kulak.

Ils célèbrent un but.

Brett Kulak, Phillip Danault et Jeff Petry

Photo : Getty Images / Jana Chytilova/Freestyle Photo

L’arrière d’Edmonton, dont le style de jeu s’apparente à celui de Petry, a semblé plus à l'aise dans un rôle de second violon au sein de son duo.

Aux côtés de Fleury, Julien a estimé que Kulak avait voulu assumer le leadership du tandem, et que ce rôle l’avait un peu étouffé pendant les deux premiers matchs.

Or, Kulak n’a pas retenu cette théorie.

« Je ne pense pas. Fleury a eu un très bon camp. C’est un joueur du calibre de la LNH. On a affronté deux très bonnes équipes pour sa première expérience, ce n’était pas la meilleure chose pour lui. Ce n’était pas non plus mes deux meilleurs matchs. On a eu des moments difficiles, mais on a fait de bons trucs aussi. Espérons que si je joue encore avec lui, je pourrai l’aider un peu plus », lance le défenseur de 25 ans.

Préserver la confiance

Brett Kulak est donc passé du troisième duo défensif, à la galerie de presse, au deuxième duo, tout ça en cinq petits matchs.

Remarquez, il n’y a là rien de nouveau, car il avait disputé un match avec Shea Weber en décembre dernier… avant d’être laissé de côté pour deux rencontres au Colorado et en Arizona… et de revenir à la gauche de Jordie Benn à Las Vegas.

Se faire trimbaler un peu partout dans la formation se gère certainement mieux lorsqu’on a une certaine expérience de la ligue, mais cela peut-il nuire au développement d’une recrue comme Fleury?

« Ça peut nuire à ta confiance un peu, mais c’est aussi un bon moment pour prendre du recul et voir le jeu d’une autre façon », renchérit Kulak.

Ah, la confiance. Il faut la bâtir, parfois se la faire accorder, la préserver surtout. Elle prend du temps à emmagasiner et quelques instants à détruire, entend-on. Un concept fragile, presque ésotérique au hockey, mais ô combien primordial.

C’était d’ailleurs le trait de caractère qui ressortait le plus chez Cale Fleury à ses premiers pas dans l’univers de la Ligue nationale. Joue-t-on avec le feu en le reléguant sur les lignes de touche?

« La confiance, c’est l'une des choses les plus faciles à garder pour moi. C’est un gros morceau de mon jeu. Si je ne suis pas confiant, j’aurai de la difficulté sur la glace », assure-t-il.

Au bout du compte, j’ai besoin de jouer au hockey. S’ils me renvoient, je vais essayer de revenir le plus vite possible.

Le défenseur Cale Fleury

Le pas de recul forcé de Kulak a eu un effet immédiat sur son jeu. Il n’a joué qu’un seul match depuis son retour, mais a instantanément retrouvé ses repères qui ont fait de lui un membre crédible du top 4 pendant 57 matchs l’an dernier.

Au-delà du cliché, il y a certainement une leçon à tirer pour un joueur à contempler le jeu d’ensemble depuis la passerelle de presse. Voir l’action se dérouler à un rythme décent et lui permettre de comprendre qu’il aurait peut-être pu s’offrir une fraction de plus ici ou là avant de prendre sa décision dans une situation précise.

« C’est différent de quand tu joues, fait valoir Fleury. Quand tu es si haut, le jeu a l’air vraiment plus lent, mais tu sais très bien que ce n’est pas comme ça quand tu es sur la glace. Tu vois plus de jeux. Même chose quand tu te regardes jouer. Ça te donne aussi une autre perspective. »

La recrue de 20 ans aura-t-elle le temps de mettre à profit ses observations? À court terme, Julien semble privilégier sa combinaison plus expérimentée composée de Ben Chiarot et de Christian Folin comme troisième duo. Le renvoyer dans l’action contre le Lightning de Tampa Bay n’est peut-être pas non plus le remède indiqué.

Si Fleury obtient une autre occasion en ce début de saison, il aura intérêt à s’inspirer de Kulak pour demeurer à Montréal.

En rafale

Pour sa part, Nick Suzuki semble destiné à laisser sa place à Nick Cousins dans la formation, si on se fie à l’entraînement de lundi matin.

Il est en action sur la patinoire.

Nick Suzuki

Photo : The Canadian Press / Graham Hughes

Cousins jouait avec Paul Byron et Nate Thompson pendant les exercices et Suzuki alternait avec Jesperi Kotkaniemi comme attaquant supplémentaire. L'attaquant recrue a récolté une passe dans les cinq premiers matchs de sa carrière professionnelle.

Après avoir battu les champions en titre de la Coupe Stanley samedi soir, le CH (2-1-2) reçoit les lauréats du trophée du Président, le Lightning (2-2-1), mardi. Tampa Bay (2-2-1) voudra oublier sa défaite de samedi contre les Sénateurs (1-4-0) à Ottawa.

Pendant un entraînement intense d’environ une heure, le Tricolore a mis l’accent sur le jeu en désavantage numérique. Il a réussi à écouler seulement 64,7 % de ses punitions sans accorder un but (11 en 17) et peine particulièrement à prévenir la passe transversale.

Julien a accepté de dévoiler un pan de son livre de jeux après l’entraînement.

« Ils se font prendre hors position. De temps en temps, ils se font prendre trop profondément où ils vont laisser le gars du milieu à découvert. Quand il est rendu près du filet, on doit le laisser au défenseur et couper la passe. De temps en temps, notre attaquant se fait prendre trop haut. Et pour revenir rapidement, il ouvre la ligne de passe. Ce sont des choses qu’il faut corriger rapidement parce qu’on était beaucoup mieux que ça l’an passé », fait valoir l’entraîneur.

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