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Le socle du Canadien

Le Tricolore l'emporte 6-3 au Centre Bell contre les champions en titre de la Coupe Stanley.

Tomas Tatar, Brendan Gallagher, Phillip Danault et Ben Chiarot.

Tomas Tatar, Brendan Gallagher, Phillip Danault et Ben Chiarot célèbrent ensemble.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Alexandre Gascon

Les séances vidéo sont rapidement devenues populaires chez le Canadien en ce début d’année.

Après le visionnement en groupe vendredi, Phillip Danault, Brendan Gallagher et Tomas Tatar ont pris l’initiative d’en remettre une couche samedi matin après l’entraînement matinal et, cette fois en privé, dans le but de relancer leur trio.

On confirme qu’il ne s’agissait pas de reprises de Charlie Brown, aussi divertissant cela aurait-il pu être.

« C’était plus spécifique par rapport à nous. On voulait avoir davantage d’impact dans les matchs. On a bien joué ensemble dans l’un des quatre premiers matchs seulement. Les autres, c’était ordinaire », a admis Brendan Gallagher en toute franchise.

De quoi a-t-il été question exactement? Tiens, Tomas Tatar se tient seul devant son casier. Allons lui poser la question.

« Ça fait du bien de parler de certaines choses et de voir que ça marche tout de suite sur la glace. C’est satisfaisant. On se battait un peu avec la rondelle. Ce n’est pas comme si on n’essayait pas, mais on était malchanceux », a esquivé le Slovaque.

Mais encore…

« Soit qu’on ne se soutenait pas assez bien, soit qu’on le faisait trop, a commencé Phillip Danault. Trop, c’est comme pas assez des fois. Il fallait juste se faire confiance un peu. On est tous capables de protéger la rondelle. Si tu es capable d’attirer deux gars sur toi et d’envoyer la rondelle en arrière, ça ouvre la porte sur certains jeux. Comme c’est arrivé sur mon but. »

Ah. Autrement dit, appuyer de près son compagnon lorsqu’il tente de récupérer la rondelle, le faire à sa place s’il échoue, et s’éloigner un peu lorsqu’il la contrôle, histoire d’ouvrir les lignes de passes. Lui faire confiance finalement.

La recette a en effet joliment fonctionné dans la victoire contre les Blues de Saint Louis samedi soir, particulièrement lors du but égalisateur du Québécois en fin de deuxième période.

Gallagher était cerné par 206 kg (455 lb) de muscles personnifiés par Vladimir Tarasenko et Colton Parayko, mais a néanmoins réussi à maîtriser la rondelle suffisamment pour la faire circuler vers l’arrière du filet où s’était dégagé Tatar.

« Je mentirais si je disais que je savais exactement où la rondelle se trouvait. C’était un bond favorable », a précisé le petit attaquant.

D’accord. Mais les trois comparses ont assuré que ce but témoignait directement des bienfaits acquis pendant les heures supplémentaires devant la vidéo.

Jordan Binnington (no 50), Brendan Gallagher (no 11) et Alex Pietrangelo (no 27)

Jordan Binnington (no 50), Brendan Gallagher (no 11) et Alex Pietrangelo (no 27)

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Au bout du compte, le premier trio du Tricolore a contrôlé la rondelle pendant près des deux tiers du temps passé sur la glace tandis qu’il affrontait majoritairement l’unité pilotée par Ryan O’Reilly, lauréat du trophée Conn-Smythe lors des dernières séries éliminatoires.

Ils ont inscrit six points, marqué trois buts, n’en ont accordé aucun contre le meilleur trio des champions en titre de la Coupe Stanley. Et le Canadien a gagné 6-3. La corrélation est directe.

Élément stabilisateur

« L’équipe compte sur nous », a lancé sans détour Gallagher. Précisément.

Certes, Carey Price demeure probablement la clé de voûte du CH pour une participation éliminatoire.

Tout de suite après sur la liste figure la performance de ce trio sous-estimé, rarement encensé par les experts ou mentionné comme l’un des meilleurs de la ligue, bien que ce soit exactement ce qu’il est devenu pendant la saison 2018-2019.

En 647 minutes de jeu à cinq contre cinq l’an passé, ils ont marqué 40 buts et en ont encaissé 20. Un ratio monstrueux.

Celui de Patrice Bergeron, Brad Marchand et David Pastrnak avait cédé 24 fois en 462 minutes. Celui de Gabriel Landeskog, Nathan MacKinnon et Mikko Rantanen? 46 buts marqués, 29 accordés en 842 minutes.

Brayden Point, Tyler Johnson, Nikita Kucherov? Encore une fois, 24 buts concédés en 553 minutes.

Discrètement, Danault et sa bande se sont établis parmi la fine fleur de la LNH.

Tatar a raconté « ne pas trop regarder les statistiques », même s’il « sent une certaine pression de l’extérieur ».

« On a eu un départ couci-couça, mais on veut s’améliorer. On essaie de ne pas trop écouter », a-t-il renchéri.

Claude Julien avait d’ailleurs démantelé cette valeur sûre une première fois pendant la rencontre à Buffalo et a fait de même contre les Red Wings jeudi.

« [Ce soir], ils avaient plus l’air du trio qu’on connaissait l’an passé », a fait valoir l’entraîneur.

Pouvoir se reposer sur ce trio permet à Julien de soustraire d’autres éléments vitaux à la meilleure compétition adverse, leur laissant une plus grande marge de manœuvre. L’on pense à Jonathan Drouin, par exemple, qui a encore une fois connu un fort match avec une prestation d’un but et une passe.

Danault, Gallagher et Tatar ont offert du jeu brouillon pendant quatre rencontres. Qu’ils semblent avoir retrouvé leurs repères dès le cinquième match est certainement la nouvelle la plus rassurante pour l’équipe.

On ne manque pas de confiance, on sait ce qu’on a à faire. On était juste un peu off. Il n’y avait aucun doute dans notre esprit. On s’est dit assez, c’est assez. C’était le temps de commencer à contribuer des deux côtés de la patinoire.

Brendan Gallagher

Mission accomplie.

En rafale

Drouin a inscrit au moins un point dans chaque match cette année. Le Québécois avait connu un camp d’entraînement plutôt pâle et les réseaux sociaux faisaient déjà étalage de l’insatisfaction des partisans à son endroit avant même le premier duel officiel.

L’attaquant a répondu avec un départ canon, une implication de tous les instants qui lui permet de déployer son immense talent. Un régal pour l’œil, vraiment.

Les partisans le lui ont bien rendu lors de l’entrevue d’après-match au centre de la patinoire. Drouin a été acclamé chaleureusement.

Son entraîneur lui a ensuite lancé des fleurs.

« Jonathan joue probablement son meilleur hockey depuis qu’il est avec nous. Il joue avec beaucoup de confiance, beaucoup d’énergie. En même temps, ça démontre ce qu’un joueur peut faire aux autres aussi. Ce ne sont pas les autres qui le rendent meilleur, c’est lui qui rend les autres meilleurs. C’est bon signe pour nous et il mérite beaucoup de crédit pour ça. Son camp d’entraînement n’a pas été facile, mais il s’est bien ajusté depuis le début de la saison », a lancé Julien.

La constance ayant toujours été son point faible, ce sera plus révélateur lorsque l’échantillon s’agrandira.

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