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David Perron : retrouver le désir de gagner

David Perron soulève la coupe Stanley.

Photo : Getty Images / Patrick Smith

Alexandre Gascon

La question se pose : une fois que vous avez mangé de la poutine dans la coupe Stanley, qui vous appartenait pour une journée entière, que reste-t-il à accomplir dans le hockey professionnel?

Les images ont fait fureur. David Perron, en extase, dégustant une poutine, format familial évidemment, dans le précieux trophée un mois et demi après avoir procuré la première Coupe Stanley en 52 ans d’histoire aux Blues de Saint Louis.

Le sentiment du devoir accompli devait prendre de l’ampleur à chaque bouchée.

Le Québécois ne le cache pas : l’été à Magog, son patelin d’adoption, a été haut en couleur, fertile en émotions. Au point où certains pans en sont devenus plutôt flous.

« Il faudrait que tu demandes à mes chums, a plaisanté Perron sourire aux lèvres. On a quand même fait le party pas mal en début d’été. D’abord à Saint Louis et quand je suis revenu en Estrie, ç’a été la même chose. Je pense que c’est normal, tu travailles toute ta vie pour gagner la Coupe Stanley, je n’avais pas vu mes amis depuis longtemps. C’était un été incroyable. »

David Perron qui sert de la poutine prise dans la coupe Stanley.

Pourquoi pas une poutine dans la coupe?

Photo : Twitter/St.Louis Blues

Incroyable, mais court. Les Blues ont triomphé le 12 juin et ont célébré pendant plusieurs semaines jusqu’à ce fameux 30 juillet inoubliable pour le Sherbrookois lorsqu’il a eu droit, comme le veut la tradition, à sa journée avec la Coupe.

Après un mois d’août « plus sérieux », Perron est retourné au Missouri pour préparer son camp d’entraînement.

L’ailier de 31 ans marchait en terrain connu. C’était la seconde fois en un peu plus de douze mois que sa préparation estivale était tronquée par un long parcours éliminatoire. La première, avec les Golden Knights de Vegas, s’est conclue dans la peau du vaincu.

Perron avait encore le goût amer de la défaite en bouche au début de l’année dernière. Cette fois, il a avoué être davantage repu, rassasié, effet secondaire des frites, de la sauce et du fromage en grains, on imagine.

« C’est sûr que ce n’est pas évident de se remotiver. Tu viens de gagner, tu as travaillé pour ça toute ta vie, donc c’est sûr qu’il y a un laisser-aller. Je suis content par contre. Dans le dernier mois, dans les dernières cinq ou six semaines, je sens que [le désir de vaincre] est revenu. Ce serait le fun de gagner encore », a-t-il lancé après l’entraînement matinal des Blues samedi matin au Centre Bell.

Pas de gueule de bois

Les Blues ont amorcé leur saison en force. Pas de fâcheux contrecoups jusqu’à présent qu’on observe parfois chez les nouveaux champions.

Après une défaite en prolongation contre Washington en ouverture, Saint Louis vient d’enchaîner trois victoires d’affilée face aux Stars, aux Maple Leafs et aux Sénateurs.

Et il y a de la marge de manœuvre, a assuré Perron.

« Ça va super bien. Ce qui est intéressant c’est qu’on n’a pas joué encore un 60 minutes complet où on peut se regarder après la game et dire que notre performance était parfaite. On a un peu notre niveau de jeu des séries encore en tête et on essaie de se rendre là le plus vite possible. Mais en même temps, il faut être conscient que c’est un processus de 82 matchs et que ça n’arrivera pas si de bonne heure », a-t-il estimé.

Sur le plan personnel toutefois, le numéro 57 semble déjà tourner à plein régime. Perron a récolté 3 buts et 2 passes en 4 rencontres, sur la lancée de ses deux dernières campagnes, les plus productives de sa carrière.

En 2017-2018, l’ailier avait obtenu 0,94 point par rencontre (66 en 70). L’an dernier à Saint Louis il a terminé la campagne avec 46 points en 57 matchs, un ratio de 0,8 point par rencontre, incluant la meilleure séquence de sa carrière de 17 matchs consécutifs avec au moins un point pour un total de 22.

Jeune trentenaire avec encore un contrat valide pour les trois prochaines saisons à un salaire plus que raisonnable de 4 millions de dollars, David Perron fait maintenant figure d’aubaine dans la LNH.

Le Québécois a beau avoir joué pour cinq organisations pendant sa carrière, ça tombait sous le sens qu’il soulève la coupe avec l’équipe qui l’a repêché et qui lui a fait signer ses cinq contrats professionnels.

S’il l’avait gagnée ailleurs, la poutine n’aurait sûrement pas eu le même goût.

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