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Courir plus de 100 km dans les montagnes de la Réunion en famille

Jean-François et Élie Cauchon à l'entraînement ensemble

Jean-François et Élisabeth Cauchon à l'entraînement ensemble

Photo : Radio-Canada / Maxime Corneau

Guillaume Piedboeuf

Après la TransMartinique, l’an dernier, Jean-François et Élisabeth Cauchon s’attaquent à un défi encore plus grand à la Réunion. La famille royale de la course en sentier québécoise sera du prestigieux Grand Raid, la semaine prochaine.

Frère et soeur originaires de Cap-Rouge, les Cauchon font flèche de tout bois depuis maintenant plusieurs années sur le circuit québécois de la course en sentier. Le jeudi 17 octobre, les deux s’élanceront à travers les montagnes de la Réunion sur des distances de 166 km, pour Jean-François, et de 112 km, pour Élisabeth.

Il y a vraiment beaucoup de dénivelé. On va monter et descendre des cols de 2000 mètres, lance cette dernière, 28 ans.

Les Cauchon sont arrivés sur l’île volcanique de l’océan Indien il y a déjà quelques jours. Ils voulaient être sûrs d’avoir le temps d’apprivoiser le terrain particulièrement rocailleux de la Réunion.

Ce sont des sentiers très techniques avec beaucoup de roches et de racines, un peu comme dans les montagnes Blanches dans le coin du mont Washington, explique Jean-François, 26 ans.

Mais le décor, lui, n’a rien à voir avec le mont Washington. La course a lieu dans le Cirque de Mafate, un immense terrain circulaire enclavé par des massifs rocheux. Pour te rendre dans le cercle, il faut que tu montes une montagne et que tu redescendes de l’autre côté, illustre Jean-François.

Le Cirque de Mafate sur l'île française de la Réunion

Le Cirque de Mafate sur l'île française de la Réunion

Photo : getty images/istockphoto / gael_f

La Diagonale des fous

Depuis sa 31e place à l’Ultra-Trail du Mont-Blanc, la plus célèbre épreuve de course en sentier de la planète, en 2017, Jean-François Cauchon tente de s’offrir une grande compétition à l’internationale chaque année, histoire de voyager et de se frotter à l’élite mondiale.

L’an dernier, il a remporté la TransMartinique, une course de 144 kilomètres à travers la jungle martiniquaise. Et Élisabeth n’est jamais bien loin, généralement pour courir elle aussi en plus de soutenir son petit frère lors de ses ravitaillements.

À l’épreuve de 166 kilomètres du Grand Raid de la Réunion, connu sous le nom fort révélateur de la Diagonale des fous, Jean-François fera face à son peloton d’adversaires le plus relevé depuis le mont Blanc.

C’est vraiment l’une des épreuves les plus prestigieuses et les plus difficiles au monde. C’était à cocher sur notre liste.

Si tout va bien, Élisabeth espère terminer sa course en environ 24 heures. Une journée complète de course en continue, si ce n’est les courts arrêts de ravitaillement. Jean-François, lui, croit pouvoir terminer le parcours en 26 heures. Dans les deux cas, cela devrait leur valoir une position parmi les dix premiers.

Je pense que c’est réalisable, mais il va falloir gérer mon effort parce qu’ici, les montées sont vraiment abruptes et ça n’arrête pas jusqu’à la fin, relate le benjamin.

Moi je ne veux vraiment pas me mettre de pression pour ce qui est des positions, ajoute la cadette. Ça fait longtemps qu’on prévoit ce projet-là et je suis venue ici pour moi. Je veux avoir du plaisir.

Se faire un nom à l’international

Malgré leurs succès, les Cauchon ne font pas d’argent avec la course en sentier. La centaine de kilomètres d’entraînement chaque semaine (au minimum) et les compétitions internationales, c’est encore un loisir.

Des commanditaires locaux fournissent leur équipement et la Clinique du coureur, qui a envoyé toute une équipe à la Réunion, donne un petit coup de main avec les frais de déplacement. Mais le reste provient de leurs poches.

Élisabeth, une infirmière, et Jean-François, un ingénieur, pigent dans leurs semaines de vacances annuelles pour être à la Réunion.

Jean-François espère qu’un bon résultat à la Diagonale des fous l'aidera à se joindre à une plus grosse équipe qui couvrirait l’ensemble de ses frais de déplacement et d'inscription dans les compétitions. Un top 10 à la Réunion serait un bon argument pour éventuellement être sur une équipe nationale de certaines grandes compagnies d’équipement de course.

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