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chronique

Claude Julien doit souhaiter que ses joueurs soient visuels

Photo : Getty Images / Claus Andersen

Martin Leclerc

BILLET - Après seulement quatre matchs, sans doute abasourdis par la confusion qui règne dans leur formation, les entraîneurs du Canadien de Montréal ont jugé bon de décréter une pause d'entraînement sur glace et de convier leurs joueurs à une séance de visionnement vendredi matin.

Le CH a engrangé quatre points de classement sur une possibilité de huit. Mais surtout, les hommes de Claude Julien n’ont remporté qu’une seule victoire. Par ailleurs, depuis le début de la saison, le Tricolore n’a détenu l’avance que durant 23 min 40 s sur 251:30 de jeu, soit 9,4 % du temps.

Depuis le début des années 2000, c’est seulement la quatrième fois que l'équipe ne récolte qu’un gain à ses quatre premiers matchs du calendrier. Les trois autres fois où ça s’est produit (2000-2001, 2011-2012 et 2017-2018), elle a raté les séries.

Évidemment, l’échantillon est mince, mais il faut aussi se rappeler que le CH a eu besoin de toute sa petite monnaie pour vaincre les pauvres Sénateurs d’Ottawa lors de son dernier match préparatoire et que, quelques jours auparavant, le club-école des Maple Leafs de Toronto était venu blanchir la moitié de la formation partante du Tricolore au Centre Bell.

Lorsqu’on additionne toutes ces données, cette situation a donc de quoi inquiéter.

***

Durant l’été, la direction a résolument misé sur la continuité, la chimie du vestiaire et la croissance interne (la progression des jeunes) pour assurer la progression de sa formation. Marc Bergevin n’a à peu près rien retouché.

Pour amorcer la saison, on s’attendait donc au moins à ce que le Canadien soit avantagé en ce qui a trait à la cohésion et à la maîtrise du système de jeu. Or, c’est tout le contraire qui se produit. En défense, c’est la débandade totale.

À ses quatre premiers matchs, le CH a accordé un ahurissant total de 92 occasions de marquer de qualité à ses adversaires. C’est une hausse de 80,4 % par rapport à la même date la saison dernière.

Pour donner un ordre de grandeur, les équipes de la LNH obtiennent généralement autour de 12 ou 13 occasions de marquer de qualité dans une rencontre normale.

Or, Carey Price et Keith Kinkaid ont jusqu’à présent fait face à une moyenne de 23 tirs dangereux par rencontre. C’est énorme. Même une pieuvre ne pourrait résister à de tels barrages.

Le mot semble se répandre dans la LNH. La brigade défensive montréalaise est ordinaire et les équipes adverses exercent une pression incessante sur les défenseurs, qui peinent ensuite à amorcer ou à soutenir des transitions vers la zone neutre. En conséquence, les présences en zone défensive s’allongent et les tirs adverses se multiplient.

Le Tricolore vient au 30e rang de la ligue au chapitre des tirs accordés, avec une moyenne de 38,3 par match.

À le regarder jouer par les temps qui courent, on a parfois l’impression de revoir des séquences du début de la catastrophique saison 2017-2018, lorsque le flanc gauche de la brigade défensive avait été saccagé (Andrei Markov, Alexei Emelin et Nathan Beaulieu) et que plus personne ne semblait savoir où donner de la tête en zone défensive.

Autre flash de la saison 2017-2018 : la mouture actuelle de l’unité de désavantage numérique ne présente qu’un taux d’efficacité de 66,7 %. Jusqu’ici, les équipes adverses ont été capables d’inscrire au moins un but en avantage numérique face au Canadien lors de chaque match.

Figée, l’unité de désavantage numérique ne parvient pas à empêcher les équipes adverses de faire circuler la rondelle à leur guise ou à bloquer les corridors de tirs.

En 2017-2018, avec une efficacité de 74,1 %, le Bleu-blanc-rouge avait présenté l’une des trois pires unités d’infériorité numérique des 13 saisons précédentes (donc sur 391 formations) dans la LNH.

La saison dernière s’était aussi amorcée sur le même mauvais pied, mais le CH était heureusement parvenu à redresser la barque après 10 matchs et à terminer au 13e rang (80,9 %) dans cette facette du jeu.

***

Tout cela pour dire que Claude Julien et ses adjoints ont raison de se montrer proactifs en organisant cette séance de visionnement. Il faut stopper cette étrange hémorragie au plus vite.

Autre aspect inquiétant : cet effondrement défensif n’est pas le fruit d’un manque d’effort ou du désintéressement d’une partie de l’équipe.

Depuis le début du calendrier, l’équipe se présente chaque fois avec de bonnes intentions et se retrousse les manches, comme en témoignent les trois remontées réussies dans les trois premiers matchs.

Toutefois, malgré ces efforts bien sentis, peu importe la qualité de l’adversaire, qu’il s’agisse d’équipes bien nanties comme les Maple Leafs et les Hurricanes ou négligées comme les Sabres et les Red Wings, les gardiens du CH reçoivent des quantités ahurissantes de caoutchouc.

Au cours des huit prochains jours, l'équipe affrontera deux fois les champions de la Coupe Stanley (les Blues seront à Montréal samedi soir et le CH sera à Saint Louis une semaine plus tard) ainsi que le Lightning et le Wild.

Dans les circonstances, il ne s’agit pas d’une mince commande.

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