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Des explications réclamées après des témoignages de mutilations d'athlètes hyperandrogènes

Elle court le 800 m aux mondiaux juniors de 2010.

L'Ougandaise Annet Negesa

Photo : Getty Images / Chris Trotman

Agence France-Presse

Quelque 25 sportifs français de diverses disciplines dénoncent dans une lettre ouverte des « exactions » à l’encontre d’athlètes hyperandrogènes et réclament des « explications » à la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), au Comité international olympique (CIO) et, en France, au ministère des Sports.

« Nous, athlètes français de haut niveau, exprimons notre sidération et voulons des explications », écrivent vendredi les auteurs, dont la double championne du monde de taekwondo Gwladys Épangue, le quintuple champion du monde de natation Fabien Gilot et la triple championne du monde de judo Gévrise Émane.

Les signataires s’appuient sur un reportage diffusé par la chaîne allemande ARD, partiellement repris par France 3 à la fin septembre, dans lequel une athlète ougandaise hyperandrogène, Annet Negesa, exclue des Jeux olympiques de 2012 pour un taux de testostérone naturel anormal, dit avoir subi, sans en avoir été avertie, une opération d’ablation des organes génitaux internes.

« Notre stupeur a été croissante devant les exactions subies par des jeunes femmes, athlètes hyperandrogènes ou intersexes de différentes nationalités, qui ont été poussées à subir de véritables mutilations sexuelles » qui « les ont gravement mises en danger et ont affecté leur santé physique et mentale pour le reste de leur vie. Des mutilations qui semblent commanditées par ceux-là mêmes dont la mission est de les protéger, de nous protéger », écrivent ces 25 sportifs français.

Ils interpellent directement le président de l’IAAF, Sebastian Coe, à qui ils demandent « des explications publiques sur les pratiques révélées dans ce reportage, en particulier sur les liens entre ces mutilations forcées et les critères hormonaux régissant la participation aux épreuves féminines d’athlétisme, que vous avez imposées ».

« Nous vous demandons de vous engager à ne plus proposer d’opérations ni de traitements hormonaux comme condition pour concourir, poursuivent-ils. Nous vous demandons de respecter les droits de la personne et de protéger la santé des athlètes. »

Au président du CIO, Thomas Bach, les auteurs demandent « de prendre position sans attendre en exigeant l’arrêt de ces pratiques ignobles et indignes de la condition humaine ».

À la ministre française des Sports, Roxana Maracineanu, ils réclament le déclenchement « sans délai » d’une « enquête administrative afin de déterminer si, oui ou non, des médecins français, pratiquant sur le territoire français dans des hôpitaux français, participent à des expérimentations scientifiques sur des athlètes hyperandrogènes ou intersexes aboutissant à des gonadectomies réalisées sans aucune information préalable, sans suivi postopératoire et mettant en danger leur santé ».

Dans le reportage diffusé par France 3, Annet Negesa affirme s’être vu proposer par l’IAAF un premier rendez-vous médical à Nice avec le médecin Stéphane Bermon, directeur du département santé et scientifique de la Fédération internationale, avant son opération réalisée en Ouganda.

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