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Nike met fin à l'Oregon Project dans la tourmente

Il surveille un entraînement à Beaverton, en Oregon, en 2013.

Alberto Salazar

Photo : Getty Images / Doug Pensinger

Agence France-Presse

Le géant américain Nike a annoncé vendredi la fin de l’Oregon Project après la suspension, la semaine dernière, de l’entraîneur phare de ce groupe d’entraînement d’athlétisme de très haut niveau, l’Américain Alberto Salazar, pour « incitation » au dopage.

« Cette situation, ainsi que d’autres allégations infondées, perturbe de nombreux athlètes et les empêche de se concentrer sur leur entraînement et sur leurs compétitions, a déclaré le président-directeur général de Nike, Mark Parker, dans une note de service. J’ai donc pris la décision de mettre fin à l’Oregon Project. »

Le patron de l'équipementier continue toutefois de soutenir l’ancien entraîneur de Mo Farah, quadruple champion olympique et sextuple champion du monde. Il estime qu’« une suspension de quatre ans pour quelqu’un qui a agi en toute bonne foi est une mauvaise décision ».

L’Agence américaine antidopage (USADA) « a établi qu’il n’y avait pas eu de dopage institutionnalisé, n’a trouvé aucune preuve que des produits dopants ont été utilisés sur des athlètes de l’Oregon Project et a souligné la volonté d’Alberto de respecter toutes les règles », a dit le patron de Nike, quelques jours après la fin des mondiaux à Doha, au Qatar, où les athlètes de Salazar ont gagné trois médailles d’or.

Il estime toutefois qu'« Alberto ne peut plus entraîner en attendant l’examen de son appel ».

Le site du Nike Oregon Project n’est plus accessible et tous ses comptes sur les réseaux sociaux ont été fermés. Plusieurs athlètes avaient réclamé sa terminaison, dont l’Américaine Kara Goucher, membre du groupe de 2004 à 2011.

« Si j’étais Nike, je ferais venir de nouveaux entraîneurs et tournerais la page de cet Oregon Project, car il est clair que ses principes ne correspondent pas à ceux du sport propre et qu’il faut tout recommencer à zéro », a affirmé Goucher, qui avait révélé à la BBC en 2015 qu’Alberto Salazar l’avait encouragée à prendre des médicaments pour la thyroïde afin de l’aider à perdre du poids après une grossesse.

Elle a témoigné lors des deux audiences d’arbitrage qui ont mené à la suspension par l’USADA de Salazar, triple vainqueur du marathon de New York dans les années 1980.

Injections trop importantes d’acides aminés qui favorisent la combustion des graisses, expériences avec de la testostérone, documents médicaux falsifiés : l’USADA a mis au jour, après six ans d’enquête, une série de dérapages de Salazar.

Dans son rapport, l’agence affirme que M. Parker était en copie conforme de courriels sur l’avancée des recherches de l’Oregon Project, créé en 2001 pour relancer l’élite de la course de fond aux États-Unis.

Dans un courriel de 2011, Salazar explique, notamment au PDG de Nike, avoir injecté pour un test à l’un des entraîneurs de l’Oregon Project un litre d’un mélange d’acides aminés et de dextrose (glucose), une dose nettement supérieure aux règles de l’Agence mondiale antidopage.

Deux ans plus tôt, dans un autre courriel envoyé à Mark Parker, le Dr Jeffrey Brown, qui collabore à l’Oregon Project et a lui aussi été suspendu pour quatre ans, évoquait des expériences menées avec de la testostérone sous forme de gel.

Dans une réponse, le PDG écrivait qu’il « serait intéressant d’établir la quantité minimale d’hormone masculine requise pour déclencher un test positif ».

Il s’est défendu la semaine dernière en affirmant que Salazar redoutait que « les athlètes de Nike soient victimes de sabotage par quelqu’un qui leur appliquerait un gel de testostérone à leur insu ».

Le patron de l’USADA, Travis Tygart, a appelé la semaine dernière Nike à « prendre cela comme un avertissement ».

« Ils n’ont plus le droit de trouver d’excuses, a-t-il ajouté. Ils doivent admettre que des expériences ont été réalisées sur des athlètes en leur nom et dans leur centre d’entraînement, et que c’était simplement mauvais. »

L’affaire Salazar n’en finit plus de secouer l’athlétisme. Mardi, la fédération britannique, qui avait confié en 2013 un poste de consultant pour son programme d’endurance à l’entraîneur américain, a annoncé la démission de son directeur technique national, Neil Black, en poste depuis 2012.

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