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L’évolution de Jeff Petry

Le défenseur du Canadien s'apprête à passer la rondelle.

Jeff Petry

Photo : Getty Images / Vaughn Ridley

Alexandre Gascon

Au bout du compte, les longues absences de Shea Weber au cours des dernières saisons, si délétères pour les aspirations de l’équipe, auront au moins servi à révéler tout le potentiel d’un de ses partenaires à la ligne bleue : Jeff Petry.

Pour des raisons différentes, Weber et Petry peuvent tous les deux prétendre au titre de général de la brigade défensive du Canadien. Si le colosse de Sicamous en Colombie-Britannique, capitaine des troupes, demeure évidemment le meneur incontesté de cette équipe, l’arrière du Michigan se transforme tranquillement en son bras armé.

Au-delà des étiquettes et de la hiérarchie officielle, l’étalon de mesure le plus objectif dans la Ligue nationale de hockey demeure la répartition du temps de glace. Et il jette la lumière sur le dossier.

Petry a été le joueur le plus utilisé par Claude Julien lors des deux premières rencontres de la saison. Contre Toronto, samedi, il s’est offert une première présence de 2 min 29 s en prolongation pour un temps total d’utilisation de 3:41 sur les 5 minutes de cette période supplémentaire.

Il y a évidemment des raisons circonstancielles. L’Américain était sur la glace depuis près d’une minute quand John Tavares a reçu une punition. Il y est donc resté pendant presque l’entièreté de la supériorité numérique.

La prédominance de son utilisation ne date toutefois pas d’hier. En pleine course aux séries l’an dernier, tandis que le capitaine ralentissait le rythme, Petry a été le plus occupé dans 8 des 12 dernières rencontres.

Sans vouloir trancher le débat du défenseur numéro un, l’arrière de 31 ans a clairement pris du galon depuis deux ans.

Son entraîneur l’avait encensé après la victoire contre les Leafs.

« C’est un gars qui s’améliore toutes les années, encore à son âge. On voit ce qu’il apporte offensivement, mais aussi défensivement depuis un bout de temps. Il prend vraiment ça à cœur. Il veut garder les rondelles hors de son filet. Ces choses-là démontrent une grande maturité », avait lancé Julien.

Il en a remis lundi.

Il est plus complet. Il tire de la fierté de son jeu défensif. Il donne de bonnes mises en échec de temps en temps aussi. Je n’avais pas vu ça beaucoup de lui, même quand j’étais de l’autre côté de la patinoire.

Claude Julien au sujet de Jeff Petry

Le malheur des uns

Quand Weber s’est blessé le 16 décembre 2017, personne ne lui prédisait une absence de près d’un an.

Soudainement, de lourdes responsabilités tombaient sur les épaules du numéro 26 de qui l'on attendait davantage qu’une relance rapide, une bonne première passe et une contribution secondaire à l’attaque. Le défenseur a pris les bouchées doubles.

« J’ai eu plus de responsabilités. J’ai appris à jouer ce rôle. Ça m’a pris un ajustement, c’est clair. La confiance que ça prend pour être celui sur qui tout le monde compte, c’est une autre étape évidemment », a expliqué Petry après l’entraînement.

« Mon jeu défensif en a bénéficié, a-t-il renchéri. Depuis que Luke (Richardson) est arrivé ici, ç’a aidé beaucoup. Il me donne des petits trucs pour bien défendre les contre-attaques, pour séparer le porteur de la rondelle. Plein de petits trucs qu’on t’a déjà dits avant, mais qui, pour différentes raisons, ne rentrent pas. »

Son bilan défensif cumulé des deux dernières années de -35 n’a toutefois rien de reluisant, avec comme circonstances atténuantes la saison 2017-2018, l’une des pires de toute l’histoire du club.

N’empêche, c’est un défenseur bien plus efficace le long des rampes et devant son filet qu’on voit à l’œuvre maintenant. Il rend hommage autant à l’entraîneur des défenseurs qu’à Claude Julien lui-même.

Deux joueurs se félicitent sur la glace.

Jeff Petry et Jonathan Drouin

Photo : Getty Images / Ethan Miller

« Depuis que Claude est arrivé, j’ai assurément pris de la maturité. Et peut-être même avant. Il me disait : "Ne t’en fais pas, les points vont venir. Je veux que tu te concentres sur certaines choses en défense." J’ai prêté attention à ça pendant le camp d’entraînement : être du bon côté de la rondelle. Me placer entre la rondelle et le porteur plutôt qu’être à l’arrière et essayer de lever son bâton pour l’empêcher de tirer. Je trichais un peu à l'attaque. Il y a quelques aspects que je travaille qui solidifient mon jeu défensif, sans nuire à mon jeu offensif », a dit Petry.

Au contraire, son jeu offensif en aurait plutôt bénéficié.

Petry domine toutes les catégories statistiques avec le Canadien et côtoie l’élite de la LNH dans bon nombre d’entre elles.

Depuis deux ans, il est au 18e rang pour les points amassés en avantage numérique avec 34. Ses campagnes de 42 et 46 points, des sommets personnels, lui valent le 19e rang des défenseurs pour les saisons 2017-2018 et 2018-2019.

Il a inscrit six buts gagnants pendant cette période, dont deux en prolongation, à égalité au 7e rang et devant Drew Doughty, Tyson Barrie, Victor Hedman, John Carlson et Morgan Rielly.

En bonne compagnie, le monsieur.

Il ne serait pas étonnant de le voir dépasser cette saison sa plus haute moyenne annuelle de 23 min 30 s de temps d’utilisation.

En raison de ses qualités athlétiques, de sa production offensive et de son efficacité défensive, Jeff Petry s’est transformé, à l’instar de Weber, en véritable cheval de trait pour le Tricolore. Mieux vaut en avoir deux qu’un seul, n’est-ce pas?

Parions que Petry, autrefois le souffre-douleur des partisans des Oilers d’Edmonton, serait accueilli à bras ouverts aujourd’hui…

En rafale

Nick Cousins a patiné pendant quelques minutes avant de quitter l'entraînement du CH lundi en raison d'une blessure au bas du corps. Il n'a toujours pas disputé de match depuis le début de la saison.

Claude Julien a confirmé que Keith Kinkaid aurait droit à un premier départ cette semaine. Le Canadien dispute trois matchs en quatre soirs. On vous conseille de mettre votre vieux 2 $ en papier sur le duel de mercredi contre les Sabres à Buffalo. Le match d'ouverture au Centre Bell aura lieu jeudi contre les Red Wings, tandis que les champions de la Coupe Stanley, les Blues de St. Louis, débarquent en ville samedi soir. Mais qui sait.

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