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Un tweet sur Hong Kong du DG des Rockets sème la discorde entre la NBA et la Chine

Il s'exprime au micro en conférence de presse.

Le directeur général des Rockets de Houston, Daryl Morey

Photo : Getty Images / Bob Levey

Radio-Canada

L’Association chinoise de basketball affirme qu’elle cessera toute collaboration avec les Rockets de Houston après que leur directeur général eut exprimé sur Twitter son appui aux manifestants prodémocratie à Hong Kong.

L’Association a indiqué dimanche sur son compte Weibo (l’équivalent chinois de Twitter) que Daryl Morey avait formulé des « remarques inappropriées envers Hong Kong » auxquelles elle « s’oppose vivement ».

Les réactions indignées se sont multipliées en Chine. La chaîne d'État chinoise CCTV a annoncé ne plus retransmettre les matchs des Rockets et plusieurs commanditaires ont menacé de rompre les ponts avec l'équipe texane.

Région semi-autonome située au sud de la Chine, Hong Kong traverse depuis quatre mois sa pire crise politique. Des manifestations quasi quotidiennes servent à dénoncer le recul des libertés ainsi que la mainmise grandissante du gouvernement chinois sur sa gestion.

Le message de Morey, désormais supprimé, se lisait ainsi : « Battez-vous pour la liberté. Soutenez Hong Kong. »

Le propriétaire des Rockets de Houston, Tilman Fertitta, avait précédemment tenté de se distancer de Daryl Morey en insistant que les propos de son DG ne représentaient pas ceux des Rockets de Houston. Selon le média américain The Ringer, Fertitta aurait songé à congédier Morey, sans aller de l'avant.

Les Rockets et la Chine entretiennent des liens particulièrement étroits puisque la légende chinoise Yao Ming y a joué toute sa carrière dans la NBA. Yao est désormais le président de l’Association chinoise de basketball.

En soirée dimanche, Daryl Morey et la NBA ont publié des communiqués.

« Je ne voulais pas que mon tweet crée des préjudices aux partisans des Rockets et à mes amis en Chine, a écrit Daryl Morey sur son compte Twitter. J'exprimais seulement une pensée, basée sur une interprétation d'un événement complexe. J'ai eu depuis l'occasion d'entendre et d'écouter d'autres points de vue. J'ai toujours apprécié le soutien crucial de nos partisans chinois et de nos commanditaires et j'espère que ceux que j'ai offensés comprendront que ce n'était pas mon intention. Mes tweets ne représentent pas d'aucune façon ce que pensent les Rockets ou la NBA. »

« Nous reconnaissons que les positions exprimées par le directeur général des Rockets de Houston, Daryl Morey, ont pu offenser plusieurs de nos amis et de nos partisans en Chine, ce qui est regrettable. Nous avons un grand respect pour l'histoire et la culture de la Chine et nous espérons que le sport et la NBA puissent servir à unifier », a écrit le directeur des communications de la NBA, Mike Bass.

« Nous nous excusons. Nous aimons la Chine. Nous aimons jouer là-bas », a déclaré pour sa part James Harden, vedette des Rockets, en présence de son coéquipier Russell Westbrook lors d'une conférence de presse à Tokyo o, où l'équipe doit disputer deux matchs exhibition cette semaine.

Le propriétaire des Nets de Brooklyn, le milliardaire taiwanais canadien Joseph Tsai, a expliqué dans un message pourquoi le tweet était intolérable pour le gouvernement de Pékin et les Chinois.

« Le problème est que certains sujets constituent des problèmes intouchables dans certains pays, sociétés et communautés », a écrit sur Facebook le cofondateur du géant chinois du commerce électronique Alibaba.

« Les dégâts provoqués par cet incident mettront du temps à s'effacer », a estimé le patron des Nets, qui affronteront jeudi les Lakers de Los Angeles en match de démonstration à Shanghai, puis deux jours plus tard à Shenzhen.

Les excuses de la NBA sont loin de faire l'unanimité aux États-Unis. Pour ses excuses, la ligue s'est attiré les foudres d'un candidat à la présidentielle américaine en 2020, le Texan Beto O'Rourke, qui les a qualifiées « d'embarrassantes ».

« La seule chose pour laquelle la NBA devrait s'excuser, c'est la flagrante priorité donnée à l'argent aux dépens des droits de l'homme », a-t-il lancé.

« Nous valons mieux que ça. Les droits de l'homme ne devraient pas être à vendre et la NBA ne devrait pas soutenir la censure communiste chinoise », a pour sa part tweeté l'ex-sénateur républicain Ted Cruz, évoquant un « honteux rétropédalage ».

Le choix des mots

Le communiqué d'excuse émis en anglais par la NBA n'était pas le même que celui diffusé en chinois.

Le compte chinois de la NBA sur un réseau social a publié un communiqué lundi dans lequel il indiquait que la ligue était « extrêmement déçue » du gazouillis « inapproprié » du directeur général des Rockets de Houston Daryl Morey en faveur des manifestants anti-gouvernement à Hong Kong, ajoutant que l'opinion de Morey a « affecté sévèrement les amateurs de basketball chinois ».

Mais la ligue n'a jamais utilisé ces mots.

« Il ne devrait y avoir aucune ambiguïté quant au communiqué émis hier soir, a dit Bass, lundi. Nous avons vu de nombreuses interprétations de la traduction du communiqué en mandarin, mais notre communiqué en anglais est le communiqué officiel de la ligue ».

Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

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