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Le gardien qui souhaite un « petit » malheur aux gardiens des Oilers

Patrick Henri

Le gardien de but Marc-Olivier Daigle n’a pas l’habitude de souhaiter du malheur à ses adversaires, encore moins à ses coéquipiers. Maintenant gardien d’urgence pour les Oilers, et leurs adversaires, à la Place Rogers, il avoue qu’un petit malheur à un gardien juste avant, ou pendant un match lui permettrait de réaliser un grand rêve.

Depuis 2016, Marc-Olivier Daigle porte les couleurs des Griffins de MacEwan, une équipe de la Conférence athlétique des collèges de l’Alberta (ACAC).

Trois fois champion albertain, joueur par excellence lors des séries éliminatoires en 2018 et athlète de l’année à l’Université MacEwan la saison dernière, les exploits du gardien de 25 ans ne sont pas passés inaperçus à Edmonton.

Il y a quelques semaines, Daigle était dans l’autocar avec ses coéquipiers quand il a reçu un message des Oilers qui lui demandaient s’il souhaitait devenir leur gardien d’urgence.

C’était totalement inattendu, mais évidemment j’ai tout de suite dit oui!

Marc-Olivier Daigle, gardien d'urgence, Oilers d'Edmonton

C’est quoi un gardien d’urgence?

Scott Foster se dresse devant Paul Stastny.

Le comptable Scott Foster a joué pendant 14 minutes pour les Blackhawks.

Photo : Associated Press / Kamil Krzaczynski

Le plus célèbre gardien d’urgence est sans doute Scott Foster, un comptable de Chicago. En mars 2018 le gardien de 36 ans a disputé les 14 dernières minutes d’un match entre les Blackhawks et les Jets, repoussant les sept lancers dirigés vers lui.

La LNH oblige, depuis quelques années, toutes ses organisations à avoir en tout temps un gardien prêt à jouer en cas de besoin.

Lors de chaque match de la LNH, il y a donc dans les estrades ou sur la galerie de presse, quelqu’un qui est prêt à revêtir son équipement de gardien sans préavis et à sauter sur la patinoire.

Une équipe ne peut faire appel à un gardien d’urgence que si ses deux gardiens de but sont dans l’impossibilité de jouer.

Il est très rare que la situation se produise. Il est arrivé à plusieurs reprises qu’un gardien d’urgence ait à revêtir son équipement pour être l'auxiliaire d’un partant, mais outre Foster, un seul autre gardien d’urgence a été utilisé depuis que la LNH a réinstauré cette règle qui était en vigueur dans les années 50.

Jorge Alves, responsable de l’équipement des Hurricanes de la Caroline, a joué pendant sept secondes le 31 décembre 2016.

Emploi facile

L’emploi n’est pas trop compliqué. Tout ce qu’on demande à Marc-Olivier Daigle, c’est d’être présent au match, vêtu d’un complet et de pouvoir revêtir son propre équipement de gardien en cas de besoin.

C'est facile, dit-il, comme mon équipe s'entraîne à l'aréna communautaire situé dans la Place Rogers, mon équipement est toujours là.

Négociations contractuelles

Marc-Olivier étudie en administration. Il est propriétaire de l’entreprise Smart hockey advising, une compagnie qui offre des conseils aux jeunes hockeyeurs et à leur famille afin de les aider à atteindre leurs buts.

Il aimerait un jour devenir agent de joueurs. Les négociations contractuelles sont quelque chose qui l’intéresse beaucoup, mais il n’a pas négocié quand il a été contacté par les Oilers.

Daigle effectue un arrêt face à Tre Fix-Wolansky, lors d'un match amical entre MacEwan et les recrues des Oilers.

Marc-Olivier Daigle dispute une quatrième saison avec les Griffins de MacEwan.

Photo : Twitter / @MacEwanGriffins

Je n’ai pas eu de discussion en rapport à la paie. Je suis seulement content de me retrouver là et de pouvoir vivre l’expérience.

Marc-Olivier Daigle, gardien d'urgence, Oilers

En fait, il n’y a aucune négociation possible.

Quand une équipe fait appel à un gardien d’urgence, elle lui offre un contrat d’essai amateur (ATO). Selon les règles de la LNH, le gardien, s’il joue, recevra 500$ et pourra garder le chandail qu’il a porté durant le match.

Même s’il sait que les chances qu’il joue, ne serait-ce que quelques secondes d’un match, sont très faibles, Daigle est heureux de pouvoir assister aux rencontres des Oilers à domicile quand il le veut avec, en plus, du maïs gratuit et un siège réservé sur la galerie de presse

Son nouveau rôle lui permet aussi de sentir qu’il fait, en quelque sorte, partie de l’organisation des Oilers.

Je ne souhaite pas de mal aux autres gardiens, dit-il, mais une petite grippe un petit mal de ventre, rien de grave, juste pour que je puisse vivre l'expérience d'être assis sur le banc.

Cette saison, il « travaillera » durant une vingtaine de matchs. Il ne pouvait pas s’engager à être présent à tous les matchs, car les Oilers et les Griffins jouent parfois au même moment.

Il y a aussi de fortes chances qu’il participe à des entraînements avec les Oilers, si un des gardiens de l’équipe ne peut être présent.

Kenny Cameron, qui a été le gardien d’urgence des Oilers pendant plusieurs années, sera présent lors des matchs auxquels Daigle ne peut assister.

Durant sa carrière de gardien d’urgence, l’ex-cerbère des Golden Bears de l’Université de l’Alberta a eu à revêtir une fois son équipement pour un match, c’était pour les Ducks d’Anaheim. Il a aussi participé à plusieurs entraînements des Oilers et un des Red Wings de Detroit.

Un long parcours

Jonathan Drouin recçoit les félicitations de ses coéquipiers Alexandre Grenier, Marc-Olivier Daigle et Nathan MacKinnon, après avoir marqué un but en prolongation.

Nathan MacKinnon, Jonathan Drouin et Alexandre Grenier, ont été des coéquipiers de Marc-Olivier Daigle avec les Mooseheads d'Halifax.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Le parcours de Marc-Olivier Daigle, originaire de Delson au Québec, est peu commun.

À 15 ans, il portait les couleurs des Riverains du Collège Charles-Lemoyne, dans la Ligue Midget AAA du Québec.

Deux saisons plus tard, il a partagé son temps entre les Braves de Valleyfield de la Ligue de hockey Junior AAA du Québec et les Mooseheads d’Halifax de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), où il a côtoyé Nathan MacKinnon et Jonathan Drouin.

En 2012, il décide de se diriger vers l’Ouest et se joint au Thunder de Drayton Valley, une équipe du circuit Junior A de l’Alberta. À sa première saison, il est nommé au sein de l’équipe d’étoiles de la division nord et au sein de l’équipe d’étoiles des recrues.

Marc-Olivier Daigle y va d'un sourire durant un entraînement des Golden Bears.

Marc-Olivier Daigle a passé une saison avec les Golden Bears de l'Université de l'Alberta.

Photo : Twitter / @Chan_DC

Après trois saisons avec le Thunder il retourne aux études et se joint aux Golden Bears de l’Université de l’Alberta avec qui il passe une saison avant de se joindre aux Griffins.

Le rêve toujours présent

Marc-Olivier Daigle rêve toujours de jouer au hockey professionnel. Il terminera ses études universitaires dans quelques mois et il étudie présentement différents scénarios pour l’an prochain.

Il décidera peut-être de tenter sa chance en Europe ou aux États-Unis, mais il affirme que pour l’instant sa priorité est d’aider les Griffins à remporter un quatrième championnat consécutif.

Une chose est certaine, il ne quittera pas le monde du hockey de sitôt. Que ce soit sur la glace en raison d’un petit malheur subi par un autre gardien, ou dans le bureau d’un directeur général, en train de négocier le contrat d’un joueur qu’il représente, il espère toujours atteindre la Ligue nationale.

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