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Dopage : Alberto Salazar a « agi de bonne foi », se défend le patron de Nike

Le président-directeur général de Nike discute avec le spécialiste des courses de fond devant des gradins.

Mark Parker et l'athlète kényan Eliud Kipchoge

Photo : Getty Images / Pier Marco Tacca

Radio-Canada

Le patron de Nike Mark Parker se défend d'avoir encouragé des pratiques de dopage. Selon lui, l'entraîneur suspendu Alberto Salazar, à la tête du Nike Oregon Project (NOP), faisait tout le contraire, soit d'essayer « d'éviter que ses athlètes soient dopés ».

Le président-directeur général dément que l'entreprise qu'il dirige ait pris part à une initiative pour « doper systématiquement » des athlètes.

Il a tenu à l'écrire à ses employés.

« Nike n'a pas pris part à une quelconque initiative destinée à doper systématiquement les athlètes », a dit mardi le dirigeant dans sa lettre.

Penser le contraire est une « idée qui me rend malade », a-t-il ajouté dans cette lettre dont l'agence AFP a obtenu copie.

L'équipementier est dans la tourmente après la suspension pour quatre ans de l'entraîneur Alberto Salazar, pour infraction aux règles sur le dopage, et la publication d'un rapport de l'Agence américaine antidopage (USADA).

Le rapport indique que Mark Parker a été mis en copie de courriels l'informant de l'avancée des recherches du projet Oregon, créé en 2001 et destiné à relancer l'élite de la course de fond aux États-Unis.

Il surveille un entraînement à Beaverton, en Oregon, en 2013.

Alberto Salazar

Photo : Getty Images / Doug Pensinger

L'USADA a mis au jour, après une enquête de six ans, une série de dérapages d'Alberto Salazar : injections trop importantes d'acides aminés (qui favorisent la combustion des graisses), expériences avec de la testostérone, documents médicaux falsifiés.

Dans un courriel daté de 2011, l'entraîneur explique, notamment à Mark Parker, avoir injecté à l'un des entraîneurs du NOP, pour un test, un litre d'un mélange d'acides aminés et de dextrose (glucose), une dose nettement supérieure aux règles de l'Agence mondiale antidopage (AMA).

Deux ans plus tôt, dans un autre courriel envoyé à Mark Parker, le Dr Jeffrey Brown, qui collabore au NOP, évoque des expériences menées avec de la testostérone sous forme de gel.

Dans une réponse, M. Parker écrit qu'il « serait intéressant de déterminer la quantité minimale d'hormone masculine requise pour déclencher un test positif ».

Qualifiant les conclusions de l'USADA de « hautement trompeuses », Mark Parker affirme qu'Alberto Salazar « était inquiet que les athlètes de Nike soient victimes de sabotage par quelqu'un qui leur appliquerait un gel de testostérone à leur insu ».

« En tant que coureur, j'étais horrifié et choqué que cela soit possible, ajoute le grand patron. Avoir mon nom et celui de Nike liés à ces fausses caractérisations irréfléchies (de l'USADA) est offensant. »

« Jeffrey Brown et Alberto m'ont informé de leurs conclusions. Vu que ces expérimentations étaient effectuées sous la supervision d'un médecin, je n'avais aucune raison de penser qu'elles ne respectaient pas les règles », affirme-t-il en guise de défense.

Interrogé mardi par la chaîne allemande ZDF, le président de l'USADA, Travis Tygart, a été clair.

« J'espère que Nike va prendre ça comme un appel à réagir. Ils n'ont plus le droit de trouver d'excuses, ils doivent admettre que des expériences ont été réalisées sur des athlètes en leur nom et dans leur centre d'entraînement, et que c'était simplement mal », a-t-il dit.

Il est en conférence de presse.

Travis Tygart

Photo : Getty Images / Buda Mendes

Mark Parker a souligné dans son courriel le fait qu'Alberto Salazar avait fait appel de sa suspension, et qu'il disposait du soutien de Nike, car il a, selon lui, « agi de bonne foi » et n'a pas violé de règles.

« Alberto essayait d'éviter que les athlètes soient dopés, ce qui est exactement l'opposé de ce que suggèrent les commentaires que vous avez pu entendre », conclut Mark Parker.

Avec les informations de Agence France-Presse

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