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Le développement du hockey québécois va dans la bonne direction selon Gilles Courteau

Il répond à des questions.

Le commissaire de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, Gilles Courteau

Photo : Radio-Canada

Alexandre Coupal

Le commissaire Gilles Courteau le dit d’entrée de jeu, selon le centre de soutien au recrutement collectif de la LNH, la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) serait le circuit où les équipes de la LNH pigeront le plus souvent au premier tour du prochain repêchage.

Bien sûr, Alexis Lafrenière est le meneur de cette excellente cuvée. Il est le favori pour être appelé au tout premier rang. Mais les Hendrix Lapierre, Jérôme Poirier et quelques autres pourraient également être choisis au premier tour au Centre Bell. Parce que pour ajouter au plaisir, le repêchage aura lieu à la maison.

De vilaines langues diraient que ça fera changement. La plupart du temps, les sélections en provenance de LHJMQ font les manchettes pour leur faible nombre.

Le hockey junior, c’est un cycle. Cette année, on arrive dans une bonne période et il faut en profiter.

Gilles Courteau, commissaire de la LHJMQ

Reste qu’il a beaucoup été question ces dernières années de la manière dont on développe les joueurs de hockey au Québec. Selon M. Courteau, le hockey québécois a fait du progrès à ce chapitre. Il salue notamment l’intégration du hockey scolaire à la structure de Hockey Québec. De manière générale, il note une progression.

« Il n’y a aucun doute dans mon esprit qu’il y a une très bonne amélioration de ce côté-là. Plusieurs des programmes de Hockey Québec au niveau du développement sont utilisés chez Hockey Canada comme étant le modèle », explique-t-il.

Le hockey junior canadien est l’un des derniers échelons de ce processus de développement avant d’arriver chez les professionnels. Et à ce niveau également, on apporte des ajustements. Pendant quelques années, on a interdit l’utilisation des gardiens européens pour favoriser l’émergence des gardiens canadiens, un problème que soulevait le collègue Martin Leclerc récemment.

Les équipes ont de nouveau le droit de faire appel à des gardiens du Vieux Continent depuis la saison dernière, et il sera intéressant de voir si leur absence a eu un effet sur le développement des cerbères d’ici. Si la réponse était positive, elle donnerait des arguments à ceux et celles qui pensent que les Européens prennent la place de joueurs locaux et nuisent à leur cheminement. Le commissaire Courteau n’est pas de ceux-là.

Un joueur européen qui vient jouer pour une équipe canadienne au niveau junior, c’est un bon joueur qui aide les autres à s’améliorer.

Gilles Courteau, commissaire de la LHJMQ

Il rappelle que c’est la LNH qui a demandé aux circuits juniors canadiens d’ouvrir ses portes aux joueurs européens. Mais les intérêts ne sont pas toujours communs entre ces ligues.

La question du sort des joueurs de 19 ans est un exemple d’enjeu où les opinions divergent. Selon les règles en vigueur, un joueur de 19 ans dont les droits appartiennent à une équipe de la LHJMQ ne peut aller nulle part ailleurs s’il ne se taille pas un poste avec l'équipe de la LNH qu’il l’a repêché. Dans bien des situations, un dirigeant aimerait avoir l’option d’envoyer un joueur dans la Ligue américaine s’il juge qu’il n’est pas tout à fait prêt pour la LNH, mais un peu trop fort pour le hockey junior.

Évidemment, les dirigeants du hockey junior tiennent mordicus au statu quo.

« Ça fait mal de perdre un joueur de hockey exceptionnel à 18 ans. S’il fallait qu’en plus il y ait une possibilité qu’on perde des joueurs de 19 ans, ce serait encore plus dommageable », fait valoir M. Courteau.

De la compétition

La Ligue canadienne et la LNH en sont à la dernière année de leur entente. Le fait que la LNH et l'Association des joueurs de la LNH ont décidé de ne pas exercer l'option pour rouvrir la convention collective donne à penser au commissaire que des discussions sur ce sujet n’auront pas lieu cette année. Mais l‘enjeu sera débattu tôt ou tard.

S’il fallait qu’un changement s’opère, ce serait une difficulté supplémentaire pour le hockey junior canadien dont la compétition avec la NCAA n’a fait qu’augmenter au cours des dernières années. Surtout qu’une brèche est maintenant ouverte en Californie où l’État vient de voter une loi pour permettre aux athlètes-étudiants d’empocher des revenus de commandites.

Bien qu’il y ait encore plusieurs obstacles à franchir avant que ce soit une réalité, plusieurs indicateurs pointent en direction d’un relâchement du sacro-saint principe de non-rémunération pour les athlètes-étudiants. Une situation qui pourrait donner un attrait supplémentaire aux collèges américains pour un jeune joueur de hockey.

« Premièrement, tu ne peux pas aller dans les collèges américains à l'âge de 16-17 ans [...] Il y a très peu de joueurs qui vont là-bas et qui ne bénéficient de la bourse complète », assure le commissaire Courteau.

En attendant, il est satisfait de la direction que prend le développement du talent des hockeyeurs au Québec. Et qu’il y ait relation de cause à effet ou non, il aura sans doute l’occasion de voir si le travail des équipes de sa ligue a porté ses fruits, l’été prochain à Montréal, pour la séance de repêchage de la LNH.

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