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Mo Farah sans pitié pour son ancien entraîneur suspendu pour dopage

Ils se tiennent par l'épaule et sourient.

Alberto Salazar et Mo Farah en 2012

Photo : Getty Images / Michael Steele

Radio-Canada

« Je suis soulagé », a réagi mardi l'ancien champion du 5000 et du 10 000 m Mo Farah à la suspension de son ancien entraîneur Alberto Salazar, annoncée lundi par la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF).

Ils ont travaillé ensemble de 2011 à 2017 dans le cadre du projet Oregon, un groupe d'entraînement de très haut niveau basé dans le nord-ouest des États-Unis et financé par l'équipementier Nike.

C'est durant cette période que l'athlète de 36 ans a remporté quatre fois le titre olympique sur 5000 et 10 000 m.

« Je suis soulagé que (l'Agence antidopage américaine, USADA), après quatre ans, ait achevé son enquête sur Alberto Salazar. Un jugement a été rendu et je suis heureux qu'il y ait enfin une conclusion » a dit Farah.

« J'ai quitté le projet Oregon en 2017, mais j'ai toujours dit que je n'avais aucune tolérance envers ceux qui enfreignent les règles ou franchissent la ligne », a-t-il ajouté.

Salazar, 61 ans, est accusé de trafic de testostérone, d'injections à ses athlètes d'acide aminé L-carnitine (un complément) au-delà des doses autorisées et de tentative d'opposition à la collecte d'informations par l'USADA.

Outre Alberto Salazar, l'endocrinologue Jeffrey Brown, qui travaillait ponctuellement pour son groupe, a également été suspendu pour quatre ans.

Farah n'a jamais fait partie des athlètes que l'on soupçonne d'avoir triché, et il semble avoir appris la suspension de son ancien entraîneur lors de son annonce publique.

Il a également assuré que son départ n'avait rien à voir avec ces accusations de dopage qui avaient démarré en 2017 avec la fuite dans la presse d'un rapport de l'USADA sur les méthodes de Salazar.

L'entraîneur a fait savoir qu'il allait faire appel. Il a nié en bloc les accusations.

L'entreprise Nike a apporté son soutien à Alberto Salazar.

« Nous appuyons la démarche d'Alberto Salazar de faire appel de la décision, peut-on lire dans le communiqué.

« Dans la décision d'aujourd'hui, il n'est nullement question d'avoir administré des substances interdites aux athlètes du projet Oregon, précise Nike.

« Comme le jury l'a noté, ajoute l'équipementier, Alberto Salazar a toujours fait très attention de s'assurer qu'il respectait le code mondial antidopage de l'AMA. »

L'entreprise américaine rappelle en terminant qu'elle ne tolère pas « l'utilisation de substances interdites de quelque manière que ce soit ».

Des athlètes mécontents

La Néerlandaise Sifan Hassan, titrée samedi au 10 000 m aux mondiaux de Doha, s'est dite « choquée » et a assuré avoir « la conscience tranquille », dans un communiqué publié mardi.

L'athlète de 26 ans est entraînée par Alberto Salazar, éjecté manu militari des Championnats du monde par l'IAAF.

« Je suis choquée par la décision d'aujourd'hui, pendant que je suis en pleine préparation pour ma prochaine course aux Championnats du monde », a-t-elle déclaré.

« J'étais consciente des enquêtes en cours quand je me suis jointe à l'équipe [d'Alberto Salazar], et j'ai toujours eu la conscience tranquille », a-t-elle ajouté.

« Je veux insister sur le fait que cette enquête concerne une période antérieure à mon arrivée dans le projet Oregon », a précisé Hassan, qui a déploré qu'on annonce la suspension au milieu des mondiaux.

Elle est tout sourire devant le panneau indicateur.

La Néerlandaise Sifan Hassan prend la pose devant son chrono record au mile à Monaco, en juillet 2019.

Photo : Getty Images / VALERY HACHE

À Doha, les athlètes d'Alberto Salazar font l'objet d'une toute nouvelle attention.

On regarde d'un autre œil le dernier tour « supersonique », qui a donné un premier titre mondial à Sifan Hassan.

Médaillée d'or au 5000 m aux Championnats d'Europe de 2018 à Berlin, et de bronze dans la même distance aux Championnats du monde de 2017, la Néerlandaise a pourtant renoncé à s'aligner sur cette distance, préférant le 1500 m.

« Sifan Hassan a choisi. Le mercredi 2 octobre, elle sera au départ du 1500 m », avait indiqué lundi sur Twitter la Fédération néerlandaise d'athlétisme.

Une décision contraire aux préférences de Salazar, qui penchait davantage pour le 5000 m, selon la presse néerlandaise.

Il y a aussi les Américains Clayton Murphy (médaillé de bronze aux Jeux olympiques de 2016) et Donovan Brazier qui font partie des favoris du 800 m mardi, et les entrées en lice de l'Éthiopien Yomif Kejelcha (10 000 m), de l'Allemande Konstanze Klosterhalfen (5000 m), de l'Australienne Jessica Hull (1500 m) et de l'Américain Craig Engels (1500 m).

Même si aucun athlète entraîné par Salazar n'a échoué à un contrôle antidopage, l'affaire éclabousse déjà les prochains Championnats du monde, qui auront lieu en 2021 à Eugene en Oregon.

Avec les informations de Agence France-Presse

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