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Gymnastique, cirque, CrossFit : le riche parcours de l'haltérophile Maude Charron

Elle tient une barre à bout de bras.

Maude Charron

Photo : AFP/Getty Images / PEDRO PARDO

Jean-François Chabot

De la gymnastique au CrossFit à l’haltérophilie en passant par l’école de cirque... En un peu plus de cinq ans, Maude Charron a relevé les barres et les défis jusqu’à figurer parmi les meilleures du monde.

L’athlète de 26 ans originaire de Sainte-Luce-sur-Mer, dans le Bas-Saint-Laurent, s’est classée 6e chez les moins de 64 kg aux récents Championnats du monde d’haltérophilie, à Pattaya, en Thaïlande.

Du haut de son 1,55 m (5 pi 1 po), Charron ne se destinait pas à cette image de femme forte. Si elle a toujours été physiquement active, c’est la gymnastique qui a reçu ses premiers élans sportifs.

« J’ai fait 14 ans de gymnastique artistique, raconte-t-elle. Ça m’a menée à l’École de cirque de Québec, où je pratiquais l’acrobatie et la haute voltige. La formation devait durer trois ans, mais j’ai dû abandonner en raison des nombreuses blessures. »

C’est en tant que gymnaste qu’elle découvre la force qui est en elle.

En gymnastique, le corps et le cerveau développent une intelligence liée à l’espace, comment ton corps bouge et s’oriente. J’intégrais rapidement les correctifs qu’il fallait apporter.

Maude Charron

Contrairement aux idées reçues, la gymnastique nécessite les mêmes qualités de dynamique et de puissance que l’haltérophilie. Maude Charron souligne d’ailleurs que plusieurs de ses rivales qui soulèvent aujourd’hui des barres sont comme elle d’anciennes gymnastes.

Gros plan de son visage avant un effort.

Maude Charron

Photo : Courtoisie - IWF

Comme un accident de parcours

Même après avoir quitté l’école de cirque, elle continue de fréquenter son gymnase préféré. On est alors au cœur de la vague de CrossFit qui gagne en popularité au Québec.

Dès mon premier cours de CrossFit, j’ai soulevé (jusqu’à la hauteur des hanches) une barre de 295 livres. Je n’avais jamais touché à une barre avant ça.

Maude Charron

Elle participe ensuite à quelques compétitions régionales de CrossFit. C’est lors d’une séance d’entraînement qu’un spécialiste d’haltérophilie la remarque.

Peu de temps après, Charron prend part à ses premiers Championnats québécois. Elle enchaîne ensuite avec les Championnats canadiens, les Championnats du monde universitaires, les Championnats panaméricains, les Championnats du monde et les Jeux du Commonwealth, où elle remporte l’or chez les 63 kg en 2018.

Elle s’étonne elle-même de sa progression au fil des compétitions.

Il y a un peu plus de cinq ans, j’ai commencé aux Championnats québécois. Et là, je viens de participer à mes troisièmes Championnats du monde. J’ai amélioré mes charges de près de 40 kg.

Maude Charron
Elle tient un bouquet dans sa main droite levée et sa médaille dans la gauche.

Maude Charron et sa médaille d'or des Jeux du Commonwealth en 2018

Photo : Getty Images / Jason O'Brien

La longue route vers Tokyo

Son excellente 6e place en Thaïlande est loin de lui garantir une participation aux Jeux olympiques en 2020.

Pour Maude Charron, il s’agit certes d’une étape importante. Mais la suite s’annonce comme un véritable marathon où chaque barre soulevée peut faire une différence entre un billet pour Tokyo et rester à la maison comme simple spectatrice.

« Les Championnats du monde sont très importants pour nous. Dans un processus de qualification olympique qui dure un an, c’est une compétition qui rapporte beaucoup de points et qui compte aussi pour les subventions que verse le gouvernement aux athlètes », précise-t-elle.

Elle ne cache pas sa satisfaction d’avoir obtenu un aussi bon résultat dans une compétition de grande envergure.

Ç’a toujours été mon rêve de petite fille de représenter mon pays dans un championnat du monde. Même si c’était très stressant pour tout le monde, j’ai très bien performé. Ma catégorie des 64 kg est très relevée. Et pour la première fois, je me suis retrouvée dans le groupe A, avec les plus fortes.

Maude Charron

Pour aller aux Jeux olympiques de Tokyo, les haltérophiles doivent accumuler des points au fil de compétitions.

Évidemment, certaines sont plus payantes que d’autres. Ce sont celles que visent les athlètes, comme les mondiaux et les championnats continentaux, en l’occurrence panaméricains pour les haltérophiles du Canada.

Les prochains Championnats panaméricains auront lieu en avril, à Saint-Domingue, en République dominicaine.

À Tokyo, 14 athlètes féminines seront en compétition chez les 64 kg. Les huit femmes les mieux classées dans le monde (points accumulés) seront automatiquement inscrites. Les quatre autres seront issues des divers championnats continentaux.

Si je ne fais pas partie du top 8, je dois m’assurer d’être là, parmi les deux meilleures à travers les Amériques. Grâce aux points que j’ai récoltés avec ma 6e place en Thaïlande, je me retrouve au minimum 9e du monde et 2e au niveau panaméricain, ce qui est très bon pour moi.

Maude Charron

En attendant, Maude Charron se rendra au Grand Prix de Lima, au Pérou, qui se déroulera du 8 au 10 novembre. Elle espère engranger quelques précieux points au classement mondial.

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