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Des améliorations réclamées au marathon de Montréal

Ils courent en masse dans la rue.

Les coureurs du marathon de Montréal en début de course

Photo : Getty Images / Al Bello

Antoine Deshaies

Le mois prochain, à Québec, Daniel Lequin sera au départ de son 100e marathon. Il a couru celui de Montréal dimanche et jamais il n’avait vécu pareille confusion au départ.

« J’ai déjà vu des retards de 5 ou 10 minutes, mais jamais de 50, explique le coureur de Sorel-Tracy. On était tous là à poireauter sur place et à se demander quand le départ allait être donné. On ne pouvait pas s’en aller ou même aller s’asseoir sur un banc parce que ça pouvait partir à n’importe quel moment. J’avais les jambes raides quand je suis parti et ça m’a pris du temps avant que mes muscles se délient. »

Dimanche matin, le directeur de course du Marathon international de Montréal, Dominique Piché, s’est confondu en excuses et a pris l’entière responsabilité de la situation. En tant qu’ancien policier, il a répété que la sécurité des participants était sa priorité.

Le retard de près d’une heure était dû à un manque d’effectifs pour sécuriser le parcours.

« Je suis touché, car ce n’est pas l’expérience que je voulais que les coureurs vivent, a expliqué M. Piché, ébranlé. Le marathon est une institution à Montréal. C’est ma deuxième année comme directeur et bien sûr qu’on s’est inspiré des 38 premières années. On va apprendre la leçon. Je veux vous revoir pour répondre à vos questions en toute transparence quand on aura les réponses. »

Depuis ce court point de presse, tenu avant la mort tragique d’un coureur inscrit au demi-marathon, Dominique Piché n’a pas répondu à d’autres questions. Son attachée de presse a d’ailleurs reçu la consigne de renvoyer les demandes d’entrevue à l’entreprise mère qui gère le marathon.

Radio-Canada Sports n’a pas reçu de réponse à sa demande d’entrevue au service des communications de Rock and Roll Marathon Series. Cette série de courses est organisée par l’entreprise Ironman, elle-même une filiale du géant chinois Wanda Sports Holdings.

Un parcours critiqué

Au-delà du retard au départ, la qualité du parcours a aussi laissé plusieurs coureurs sur leur faim. Pour Daniel Lequin, qui a notamment participé aux épreuves de New York, Boston, Chicago et Berlin, le parcours emprunté à Montréal n’est pas très invitant.

« Disons qu’ils ne nous font pas visiter les plus beaux endroits de Montréal, explique-t-il. Je comprends qu’avec tous les travaux, la conjoncture peut compliquer la vie des organisateurs. Si je me mets dans la peau d’un coureur qui vient de l’extérieur, il n’a clairement pas vu les plus beaux attraits de la ville. Ailleurs, on visite de beaux quartiers. Et à New York, on termine même à Central Park. C’est spécial. »

Le parcours (Nouvelle fenêtre) comprend notamment une longue ligne droite dans la rue Hochelaga, de la rue Viau jusqu’à passé l’autoroute 25 dans l’est de la ville. Ce segment aller-retour représente 13 des 42 kilomètres du marathon.

Daniel Lequin a toutefois salué l’idée de faire passer le parcours dans le stade olympique de Montréal.

La cohabitation entre les coureurs du marathon et du demi-marathon sera aussi à revoir, selon plusieurs coureurs. Le chevauchement entre les deux parcours a perturbé la progression des meilleurs athlètes du marathon.

Radio-Canada Sports a été témoin dimanche de scènes plutôt inhabituelles. Dans la rue du parc Lafontaine, au 18e kilomètre du demi-marathon et au 39e du marathon, les meneurs du marathon devaient se faufiler entre les coureurs beaucoup plus lents du demi-marathon.

Certains athlètes d’élite avaient la chance d’être accompagnés d’un commissaire à vélo qui sifflait et criait aux coureurs plus lents de se tasser à la droite de la rue. Plusieurs autres étaient toutefois laissés à eux-mêmes.

Le Marocain Mohamed Aagab, 2e à l’arrivée en 2 h 19 min 43 s, a notamment dû emprunter la piste cyclable pour maintenir son rythme pendant une centaine de mètres. Après avoir contourné un père et son enfant qui circulaient à vélo, il est revenu sur la rue.

Marc Desjardins, directeur général d’Athlétisme Québec, a noté des lacunes dans le déroulement du marathon dimanche.

« On a constaté certains manquements et on va remettre un rapport avec des recommandations aux organisateurs d’ici deux semaines, explique-t-il. L’organisateur a une très bonne réputation et on a confiance qu’il saura apporter des correctifs nécessaires. »

Un coureur vêtu en bleu franchit le fil d'arrivée.

Le coureur Daniel Lequin à l'arrivée du marathon d'Atlantic City

Photo :  courtoisie / Daniel Lequin

Daniel Lequin, lui, n’entend pas bouder le marathon pour autant l’an prochain. Sa patience a toutefois des limites.

« Il fut un temps où le marathon de Montréal avait très bonne réputation, mais il y a un danger en ce moment, analyse le coureur. Si on ne renverse pas la tendance, l’événement va finir par s’effriter et pourrait être boudé. J’adore y courir et c’est un marathon spécial, mais il ne faudrait pas revivre des situations comme dimanche, parce que je changerais d’opinion. »

Surtout que l’offre de marathons est très diversifiée.

En 2019 seulement, la Fédération québécoise d'athlétisme a sanctionné 14 marathons dans la province.

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