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Les patineurs canadiens ont déjà les yeux rivés sur les mondiaux montréalais de 2020

Les Championnats du monde de patinage artistique n'ont pas eu lieu à Montréal depuis 1932.

Ils prennent la pose sur la glace.

Des membres de l'équipe canadienne de patinage artistique sont allés à la rencontre de jeunes athlètes montréalais.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Vachon

Olivier Tremblay

Trois fois par semaine, s’ils n’ont pas de compétition au calendrier, Laurence Fournier Beaudry et Nikolaj Sorensen encadrent de jeunes athlètes du Club de patinage artistique de Ville Mont-Royal. Lundi, le couple avait une surprise pour ses protégés : cinq collègues de l’équipe nationale canadienne sont venus patiner avec eux.

Quelques jeunes ne chaussaient les patins que pour la deuxième fois de leur vie. Certains étaient des Lubov Ilyushechkina, naturellement doués dès la première glisse. D’autres, comme Charlie Bilodeau, devront « apprendre à aimer » le patinage artistique. Mais ils ont tous regardé avec admiration ce dernier lever sa partenaire au-dessus de sa tête, le résultat d’années d’entraînement.

La scène – ou du moins une variation sur ce thème – se répétera dans une poignée d’autres clubs de patinage dans le Grand Montréal au cours des mois qui viennent, avant les prochains mondiaux qui auront lieu à Montréal, en mars 2020, une première dans la métropole en 88 ans.

Cette tournée servira, oui, à faire vivre le sport au sein de la relève du patinage artistique. Mais elle permettra aussi aux patineurs canadiens actuels de mieux se faire connaître, comme ils ont vu d’illustres coéquipiers et ambassadeurs du sport quitter la compétition récemment (on y reviendra). Leur tour, c’est maintenant. Et quoi de mieux que des Championnats du monde chez soi pour faire sa marque tout en inspirant la prochaine génération?

« Ça va pouvoir inspirer tellement d’enfants qui ne sont pas nécessairement des patineurs, mais qui vont le devenir en allant voir cette compétition-là, souligne Laurence Fournier Beaudry. Juste le fait d’être en contact avec quelque chose qui peut développer une passion, ça va augmenter la motivation chez tous les enfants. »

« Quand j’étais petit, je regardais toujours les plus grands patiner, et je m’inspirais un peu d’eux, ajoute Sorensen. Parce qu’on est entraîneur tout en étant athlète, quand on revient d’une compétition, les enfants savent si on a bien réussi, ils sont contents. »

À 27 et 30 ans respectivement, Fournier Beaudry et Sorensen, 3es en danse aux derniers Championnats canadiens après cinq saisons sous le drapeau danois, pourraient avoir un coup à jouer aux prochaines sélections nationales et, ensuite, aux mondiaux.

L’avenir du couple Kaitlyn Weaver-Andrew Poje, actuellement en pause, demeure incertain. Piper Gilles et Paul Poirier devraient être leurs principaux rivaux.

« On a vraiment de grosses aspirations, reconnaît Fournier Beaudry. Notre objectif, cette année, c’est de continuer d’assurer une bonne présence pour le Canada, qui a tellement des athlètes forts et puissants. On aimerait bien se classer aux Championnats du monde et, grâce à ça, offrir trois autres places au pays pour les Championnats du monde de l’année qui suit. »

Quand on veut arriver dans le top 5, c’est là que ça devient très difficile. On travaille là-dessus. Si ça arrive cette année, c’est extraordinaire. Sinon, on l’espère pour l’année d’après.

Nikolaj Sorensen

Derrière eux, le jeune couple composé de Marjorie Lajoie (18 ans) et Zachary Lagha (20 ans) souhaite participer à ses premiers mondiaux seniors dans ses terres. Il n’y a pas si longtemps, c’étaient eux qui faisaient leurs premiers pas et qui regardaient, les yeux ronds, des patineurs aguerris.

Cette saison sera leur première au niveau senior, parmi l’élite mondiale. Mais ils ne risquent pas de se laisser impressionner : ils font leur entrée sur le circuit à titre de champions du monde juniors.

Lajoie et Lagha participeront à leur deuxième compétition senior à peine, les 12 et 13 octobre, en Finlande. Mais ils sont prêts à aborder cette transition.

« Je pense que, dans notre approche, on a tout le temps été mature, souligne Lagha. Dans notre situation, il ne faut pas trop changer. On s’est entraîné de la bonne manière. Il faut juste continuer et voir où ça nous mènera. »

Arriver au niveau senior comme champions du monde juniors, ça donne une confiance. Ça veut dire que le travail qu’on a fait jusqu’ici a été fait de la bonne manière.

Marjorie Lajoie

Si Lajoie et Lagha se qualifient pour les mondiaux de Montréal, foi de Charlie Bilodeau, ils l’y croiseront. Le patineur de Trois-Pistoles, lorsqu’il dit qu’il « ne veut vraiment pas manquer » cette compétition, insiste non seulement avec ses mots, mais aussi avec ses yeux et ses gestes. Il y tient.

Cela fait maintenant une demi-année que Bilodeau travaille avec sa partenaire Lubov Ilyushechkina. Des pépins physiques les ont forcés à ne présenter que leur programme court aux Championnats québécois d’été, le mois dernier, mais ils ont réalisé leurs deux programmes au dernier camp de haute performance de Patinage Canada.

Comme Lajoie et Lagha, Bilodeau et Ilyushechkina seront en Finlande au mois d’octobre. Mais leurs yeux sont assurément rivés sur Montréal en mars.

« En recommençant la compétition avec Lubov, j’avais dans la mire cette compétition-là, soutient Bilodeau. J’ai hâte que ça arrive, de patiner devant les gens de chez nous pour la plus grande compétition de l’année. »

Les patineurs canadiens rendent hommage à Virtue-Moir

« On ne reverra pas » un autre couple Virtue-Moir

En danse tout particulièrement, les prochains mondiaux auront des airs de changement de garde. Ce seront les premiers depuis l’annonce de la retraite de Tessa Virtue et Scott Moir, qui avaient fait l’impasse sur ceux de 2018 et de 2019, cela dit, comme pour préparer le monde à l’inévitable.

Les patineurs canadiens, qui étaient au courant de la décision de Virtue et Moir depuis un moment, ne se font pas prier pour rendre hommage au duo ou pour lancer à la blague qu'ils reviendront bien à la compétition un jour.

Le couple Fournier Beaudry-Sorensen se souvient de collègues généreux, toujours prêts à utiliser leurs expériences passées pour faire progresser les autres.

« On a eu la chance de s’entraîner avec eux quand ils sont revenus, précise Fournier Beaudry. Ç’a été de superbes années. Ils sont une grande source de motivation. Scott était merveilleux, Tessa était merveilleuse, leur chimie, leur éthique de travail ont été une grande source de motivation. Qu’ils se retirent, ça fait un peu de la peine, car on aurait aimé continuer à les voir et tout. »

« Ce sont deux modèles, et pas seulement en patinage artistique, ajoute Lubov Ilyushechkina. Je suis très heureuse d’avoir pu être dans la même équipe nationale qu’eux, et ils ont vécu une aventure qui s’est bien terminée. C’est un nouveau départ pour eux. Ils devront se trouver ailleurs que dans le patinage de compétition. Mais quoi qu’ils fassent, je sais qu’ils le feront bien. »

Marjorie Lajoie et Zachary Lagha, qui partagent avec Virtue et Moir l’honneur d’avoir été champions du monde juniors, sont catégoriques : ce sont de véritables « légendes » qui ont quitté le sport.

Un couple comme ça, on ne reverra jamais ça, je pense. Ils sont devenus des icônes du pays. C’est très, très rare, surtout en patin.

Zachary Lagha

Mais, comme le souligne Charlie Bilodeau, c’est maintenant au tour d’autres athlètes de « continuer cette histoire ».

« Et on est là pour ça! »

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