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Le Canadien en rodage, « le petit magicien » Nick Suzuki en démonstration

Ils sont au coude à coude.

Nick Suzuki lutte pour sa position avec le défenseur des Sénateurs Dylan DeMelo.

Photo : Reuters / USA TODAY USPW

Alexandre Gascon

OTTAWA – Le petit magicien, comme l’a décrit Danault. Le couteau suisse, s’est-il lui-même qualifié. Il finira par manquer de comparaisons d’ici la fin du camp du Canadien pour encenser Nick Suzuki.

Samedi soir, les regards étaient tournés encore une fois vers l’attaquant de 20 ans, déplacé à l’aile droite pour la première fois depuis le tournoi des recrues.

À ses deux premiers matchs préparatoires, au centre, l’Ontarien avait eu droit à Charles Hudon, Jordan Weal et Paul Byron comme ailiers, un joli trio quand même pour un jeune qui n’a toujours pas disputé de match officiel dans la LNH.

Lors de la victoire contre les Sénateurs, l’ancien du Storm de Guelph s’est retrouvé sur les flancs des plus prestigieux partenaires en uniforme : Phillip Danault et Tomas Tatar. Il y a pris sa place instantanément.

Dès sa deuxième présence sur la glace, il a amorcé une séquence dans le fond de son territoire qui s’est conclue par sa propre chance de marquer devant le filet.

Suzuki s’est créé des occasions toute la soirée, il a obtenu cinq tirs au but – un sommet dans l’équipe –, il a un flair pour comprendre naturellement les joueurs talentueux et il s’est montré responsable en défense. Une qualité chère à Claude Julien, on le sait.

Ses 3 min 23 s de jeu en désavantage numérique ont seulement été dépassées par les 3:25 de Danault et Armia.

« J’ai toujours rempli plusieurs rôles au cours de ma carrière. J’aime me décrire comme un couteau suisse. Je peux jouer en infériorité et en supériorité et je peux aussi me promener d’un trio à l’autre ou d’une position à l’autre. Ça donne plus de munitions aux entraîneurs », a estimé Suzuki.

Exactement. Ça leur donne beaucoup de flexibilité et c’est un peu ce que recherche Julien.

C’est évident, le jeune homme a un pied dans la porte. Mais dans quel rôle? Les expérimentations de l’entraîneur semblent maintenant davantage destinées à se faire une tête sur la question qu’à déterminer s’il est prêt pour le circuit Bettman.

La qualité de son jeu défensif risque de décider de son sort. Et jusqu’à présent, il est quasiment irréprochable.

« Il a une maturité dans son jeu défensif, s’est exclamé Danault. Il a des choses à apprendre, c’est sûr. Tu ne peux pas arriver et être dominant défensivement. C’est une des facettes les plus dures au hockey. Nick la maîtrise quand même bien. »

Sa polyvalence a frappé l’imagination du centre québécois.

« Ça dit tout de lui. Je suis arrivé dans la ligue et je jouais comme ailier dans un quatrième trio et maintenant je suis au centre. Les bons joueurs trouvent une façon, peu importe où ils jouent. Nick fait du très bon travail. Il est très intelligent, c’est un genre de petit magicien », a-t-il ajouté.

C’est à l’aile droite que le talent est le plus rare dans l'équipe. Et si ledit prestidigitateur était véritablement en audition pour un poste offensif? Julien cherche la solution derrière Brendan Gallagher et l’on doute que Joel Armia l’ait convaincu de le promouvoir. Jordan Weal? La marche apparaît haute du quatrième au deuxième trio.

Jonathan Drouin pose sa candidature à ce poste. Mais, après deux matchs, l’expérience n’a pas été très concluante.

Même Jesperi Kotkaniemi commence à frissonner.

« Je veux juste être du premier match », lorsqu’on  lui a demandé quel était son objectif d’ici la fin du camp.

Simple façon d’endormir les scribes?

« Avez-vous vu comment les petits nouveaux jouent, a-t-il demandé, les yeux tout ronds? Il n’y a pas de places pour tout le monde. Tu dois travailler dur pour être du premier match. »

À l’aile, au centre, dans un trio offensif ou dans le quatrième trio, Suzuki se faufile partout avec une aisance déconcertante. Le Canadien pourra-t-il vraiment s’en passer?

Des signes encourageants

Mine de rien, les Montréalais présentent une fiche immaculée (4-0-0) depuis le début du camp.

Il manque encore un peu de cette incessante intensité de l’an dernier lorsque Julien implantait son nouveau système de jeu axé principalement sur la vitesse et la combativité en zone neutre. Malgré tout, le CH domine ses adversaires autant pour ce qui est de la possession du disque qu’au tableau d’affichage.

« C’est encourageant de regarder notre équipe se diriger dans cette direction », a fait valoir Julien.

Certains vétérans ont commencé à prendre la chose au sérieux. Parmi eux, le gardien Keith Kinkaid, qui faisait ses débuts en bleu, blanc et rouge, a paru à point.

Il effectue un déplacement latéral.

Le gardien du Canadien Keith Kinkaid face à Jean-Gabriel Pageau des Sénateurs.

Photo : La Presse canadienne / Fred Chartrand

Kinkaid a repoussé 27 rondelles pour signer le blanchissage sans se laisser démonter par les charges répétées de la peste Brady Tkachuk et de l’assaut de Drake Batherson qui lui a d’ailleurs arraché son casque.

« Je cherchais à retrouver mes repères, je n’avais pas joué depuis le mois de février. Ça faisait longtemps. J’ai chassé la nervosité. Quand tu arrives dans une nouvelle équipe, tu veux laisser une bonne impression dès le départ. Tu veux aussi gagner la confiance des entraîneurs et des coéquipiers », a indiqué le gardien.

Mission accomplie.

Un poste toujours ouvert

Avec la blessure à Noah Juulsen, la voie semblait tracée pour que Christian Folin cimente sa place comme troisième droitier. Sauf que le Suédois ne fait rien pour rassurer ses patrons.

Il a peiné à réussir la moindre passe en sortie de zone au point où il a passé sa frustration sur son bâton après une énième remise imprécise en troisième période. Dans ce contexte, Cale Fleury, sans être spectaculaire, est toujours dans la course.

« Il a quand même bien joué. Son départ n’était peut-être pas aussi bon que les deux premiers matchs. Mais il s’est bien ajusté. Il a quand même joué un match solide », a dit Julien.

Fleury a terminé la soirée avec trois mises en échec et trois tirs bloqués et a su éviter de se placer dans le pétrin. Sa candidature est, elle aussi, de plus en plus crédible.

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