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Thomas Chabot, la pierre d'assise des Sénateurs

« Le talent, ce n’est pas ça qui manque ici […] C’est une question de temps. »

Thomas Chabot

Thomas Chabot

Photo : Getty Images / Jana Chytilova/Freestyle Photo

Alexandre Gascon

OTTAWA - Vingt-quatre mois de misère, de controverses et de décisions douteuses ont plombé l’ambiance autour des Sénateurs d’Ottawa et découragé le plus hardi des partisans. Un souffle d’espoir vient de balayer la capitale, gracieuseté de Thomas Chabot.

Le défenseur de 22 ans a apposé sa signature le 19 septembre au bas d’une prolongation de contrat évaluée à 64 millions de dollars pour huit ans. Ce faisant, il est devenu le joueur né au Québec le mieux payé de l’histoire (selon le salaire annuel moyen).

Malgré le fiasco sur et hors glace des dernières années à Ottawa, Chabot « n’a même pas hésité » avant d’officialiser l’entente.

« On a la chance de bâtir ensemble pour les années à venir, c’est certain que c’est quelque chose que je voulais. Je voulais rester ici à long terme. J’adore la ville, j’adore les partisans, j’adore tout le monde ici », a lancé la vedette originaire de Sainte-Marie en Beauce.

De la musique aux oreilles de l’organisation, certainement, après avoir subi les départs successifs d’Erik Karlsson – qui a, selon plusieurs médias, refusé un pacte de 80 millions avec les Sénateurs – de Mark Stone – visage de l’équipe – et de Matt Duchene – acquis à fort prix – en l’espace de cinq mois.

De gauche à droite : Thomas Chabot, Mark Stone et Matt Duchene

De gauche à droite : Thomas Chabot, Mark Stone et Matt Duchene

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

« Tous les gars qui étaient ici l’année passée et qui sont partis, tout ça est derrière nous […] On n’a pas à s’inquiéter avec la date limite des transactions et tout ce qui s’est passé ici l’année dernière. C’est le fun d’arriver et de voir Colin (White) signer cet été à long terme et maintenant, moi. Ça montre que les jeunes joueurs ici veulent rester et veulent bâtir de quoi ensemble. C’est très positif », a raconté le défenseur rencontré quelques heures avant l’affrontement contre le Canadien samedi matin.

Le clan Chabot, mené par l’agent Dominic DeBlois, a entamé les discussions cet été. Sans dire qu’il observait tout cela d’un regard distant, le Beauceron a expliqué qu’il laissait le soin à son agent de fignoler les détails.

Jamais l’idée d’un contrat passerelle ne lui a traversé l’esprit, la voie choisie par d’autres jeunes arrières vedettes comme Charlie McAvoy (3 ans/14,7 millions) ou Zach Werenski (3 ans/15 millions).

S’il se rend au bout de son contrat, Chabot deviendra joueur autonome sans compensation à 31 ans.

« L’équipe voulait m’avoir à long terme. Personnellement, c’est quelque chose que j’aimais aussi. Ça n’a pas été trop difficile. Les discussions ont bien été, les deux parties étaient en accord. Avoir la chance d’être ici, dans une équipe qui veut rebâtir, et être un gros morceau du casse-tête, je voulais en faire partie. Je suis content d’être à Ottawa. Depuis que je suis ici, ils m’ont toujours bien traité. Je voulais être ici à long terme. »

Origines modestes

L’ancien des Sea Dogs de Saint-Jean a pris le temps samedi matin de revenir sur le chemin parcouru depuis son hockey mineur jusqu’au sommet de sa profession (il a récolté 55 points en 70 matchs en 2018-2019).

Chabot a eu une pensée pour ses parents et son frère qu’il entend récompenser, mais se donne l’année pour réfléchir à ses gâteries. Après tout, le lucratif contrat prend effet seulement en 2020-2021.

« J’ai toujours dit à la blague que mes parents n’ont jamais eu de vacances parce qu’ils passaient leurs week-ends à l’aréna », a-t-il dit.

« Ils l’ont fait parce qu’ils voulaient, ils aimaient ça, mais ils se sont privés de tellement de choses. C’était un match pour moi, un match pour mon frère, chaque jour de la fin de semaine. C’est grâce à eux que je suis ici », a-t-il enchaîné.

Ses parents François et Claude, respectivement professeur au primaire et coiffeuse à la retraite, et son frère, Pierre-Alexandre, pourront se consoler en se rappelant que leurs sacrifices valent aujourd’hui 64 millions.

Un groupe talentueux

Colin White (à gauche) et Brady Tkachuk

Colin White (à gauche) et Brady Tkachuk

Photo : Getty Images / Bruce Bennett

À Ottawa, Chabot est la tête d’affiche d’un groupe de jeunes talents établi par bien des experts comme l’un, sinon le plus prometteur de toute la Ligue nationale (LNH).

Colin White s’est aussi entendu avec l’équipe pour les six prochaines saisons. Brady Tkachuk pourrait négocier une prolongation dès l’été 2020.

Et derrière eux, la bande à D.J. Smith mise sur l’éclosion de Drake Batherson, Alex Formenton, Erik Brannstrom, Vitaly Abramov, Filip Chlapik et bien d’autres encore pour les guider aux cinq saisons de « succès sans précédent », comme l’avait décrit le propriétaire Eugene Melnyk dans un grand élan d’enthousiasme l’an dernier, expression malheureuse pour une formation qui s’enlisait sans arrêt et tournée en dérision dans les médias.

Les Sénateurs sélectionneront également 11 joueurs au prochain repêchage à Montréal, dont 5 dans les 2 premiers tours. L’avenir est également plus rose qu’il ne l’a été dans les dernières saisons, même si l’équipe doit encore endurer pour trois campagnes le mauvais contrat de Bobby Ryan et absorber pendant cinq ans celui de Nikita Zaitsev.

La belle jeunesse, voilà ce qui a convaincu Chabot de s’engager.

« Quand tu regardes tous les jeunes qu’on a au camp, même s’ils ne seront pas tous dans l’équipe cette année, mais que ce soit l’année prochaine ou dans deux ou trois ans. Le talent, ce n’est pas ça qui manque ici […] C’est une question de temps », a estimé Chabot.

Même si la prochaine saison pourrait être pénible – « un peu tout le monde prédit que nous finirons au dernier rang de la LNH », a-t-il rappelé – l’avenir s’annonce plus rose.

Ce vote de confiance envoyé par Chabot et White, D.J. Smith l’interprète comme la pierre d’assise de l’édifice qu’il tente de construire.

« Ils sont déterminés à construire le noyau de cette équipe ensemble. On va construire autour d’eux. Les équipes qui gagnent des championnats et sont compétitives pendant longtemps, ce sont les équipes qui ont grandi ensemble », a conclu l’entraîneur-chef.

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