•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
chronique

Le plafond salarial va devenir irréaliste dans la LNH

Il est à l'échauffement.

Mitch Marner

Photo : Getty Images / Claus Andersen

Guy D'Aoust

BILLET - Plus de 10 millions par année pour Mitch Marner, 8 pour Sebastian Aho et Thomas Chabot, presque 7 pour Ivan Provorov. La pratique du contrat de transition agonise. Chronique d’un conflit annoncé.

Il y a déjà quelques années qu’on voit les meilleures équipes de la Ligue nationale (LNH) se départir d’éléments importants pour se maintenir sous le plafond salarial. Quand les joueurs libérés ou échangés ont été formés par l’organisation, c’est carrément malsain et contre nature. Et la disparition prévisible des contrats dits « de transition » va encore envenimer la situation.

Les joueurs autonomes avec compensation sont de moins en moins conciliants. C’est non seulement compréhensible, mais légitime. Quels que soient sa position ou son âge, pourquoi un joueur accepterait-il d’être sous-payé en regard de ce qu’il apporte à l’équipe?

Calcul

Contexte : imaginons une équipe dominante. Elle compte trois excellents attaquants, deux défenseurs de premier plan et un gardien pouvant faire la différence.

Six joueurs.

Donnez-leur en moyenne 8 millions de dollars par année. Avec le plafond salarial actuel (81,5 M$), ça laisse 33,5 millions de dollars pour payer les 18 autres joueurs, ce qui représente une moyenne à peine supérieure à 1,8 million par joueur. Pour un joueur de deuxième trio ou pour un troisième défenseur, ce sont des clopinettes! C’est totalement irréaliste.

Des limites caduques

Déjà, les hockeyeurs vivent avec des contrats de recrue qui n’avantagent que les propriétaires. Connor McDavid n’a touché que 925 000 $ (avant bonis) pour ses 100 points il y a deux ans.

Une fois ce contrat de recrue terminé (il dure trois ans), pourquoi les joueurs accepteraient-ils un contrat de transition qui les rétribuera sous leur valeur pour quatre, cinq, six années additionnelles?

Il crie après un but.

Connor McDavid

Photo : The Canadian Press / Jeff McIntosh

Pourtant

Le directeur général des Bruins de Boston, Don Sweeney, a quand même convaincu Charlie McAvoy de signer pour 4,9 millions par année pour trois ans. Et il a retenu Brandon Carlo pour 2,85 millions par année pour deux ans. Les deux joueurs auraient obtenu beaucoup plus s’ils avaient été libres comme l’air. Ils ont cédé. Ils ont accepté moins.

Il est penché avant une mise au jeu.

Charlie McAvoy

Photo : Getty Images / Claus Andersen

Mitch Marner ne l’a pas fait, Auston Matthews non plus. Ni Sebastien Aho, ni Thomas Chabot, ni Ivan Provorov, ni Brock Boeser, ni Travis Konecny. Et la tendance ira de leur côté.

Prochaines négociations

Si le plafond salarial continue d’augmenter à son rythme des 10 dernières années, il ne suffira plus à contenir ces nouvelles requêtes.

Les directeurs généraux feront toutes les entourloupettes possibles pour contourner le problème, mais ils devront affaiblir leur équipe encore davantage pour se conformer aux règles. Les Blackhawks de Chicago ont dû le faire après leurs conquêtes de 2013 et 2015. C’est contre nature. C’est condamner chaque équipe à bâtir pour vendre, en croisant les doigts pour gagner rapidement.

L’alternative serait un partage des revenus différent, une part plus grande aux joueurs, un plafond salarial plus élevé dont la hausse serait tirée directement des revenus des propriétaires. Les proprios ne seront évidemment pas d’accord. Mais le plafond salarial a été conçu pour les protéger contre eux-mêmes. Cette protection pourrait avoir un coût.

Attendez-vous à en entendre parler dès les prochaines négociations. À moins d’un accroissement inattendu des revenus, les trois prochaines années vont donner le temps à la ligue et aux joueurs de constater qu’on s’est engagé dans une sorte d’entonnoir.

D’ici là, les directeurs généraux atténueront les symptômes en évitant de s’entre-déchirer à coups d’offres hostiles. Mais ça ne suffira pas.

Les joueurs vont se lasser d’être confinés à un système qui ne paie de façon équitable que 25 % d’entre eux, les plus riches.

Dans l’industrie du charbon, du pétrole ou du bois d’œuvre, on fixe la valeur de la matière première comme on veut. Elle n’a rien à dire, la matière première.

Dans la LNH, par contre, j’ai l’impression qu’on va l’entendre!

Hockey

Sports