•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Nick Suzuki cogne à la porte du Canadien

Suzuki, du Canadien, tombe sur le joueur des Panthers.

Nick Suzuki et Jake Massie

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Alexandre Gascon

Vous le tenez d’un expert. Non, ce ne sont pas les analystes qui le disent, mais Claude Julien lui-même.

« C’est quand même assez évident que ces gars-là cognent à la porte », a laissé tomber l’entraîneur à savoir si Nick Suzuki et Ryan Poehling parvenaient à brouiller les cartes au camp d’entraînement.

Poehling se reposait jeudi soir et Suzuki en a profité pour briller de tous ses feux.

La « pièce maîtresse » de l’échange de Max Pacioretty, comme l’avait décrit Marc Bergevin à l’époque, se révèle un peu plus chaque jour pendant ce camp d’entraînement.

Dans la victoire contre les Panthers, Suzuki s’est mesuré à des hommes, à des joueurs de la Ligue nationale, des vétérans rompus aux affres de cette ligue et n’a jamais paru dépassé par la tâche.

Julien a divisé la grande majorité de son temps de glace entre les trios de Vincent Trochek (5:18), deuxième centre des Panthers derrière Aleksander Barkov, et Noel Acciari (4:55), un guerrier de métier plutôt embêtant.

En dépit de ces confrontations, Suzuki a terminé la soirée avec deux passes, un différentiel de buts de +3, quatre tirs au filet, 54 % de réussite sur les mises au jeu et une touche de magie en tirs de barrage.

Les chiffres ont beau embellir son C. V., ce n’est pas la raison qui explique l’enthousiasme, mesuré quand même, de Julien.

Confiance et maturité

« Il ne fait pas son âge », a estimé son ailier droit Jordan Weal.

« Les jeunes qui arrivent ont souvent beaucoup de talent. Mais de la façon dont il approche le porteur, de la façon dont il joue quand on n’a pas la rondelle. Il fait des jeux intelligents, il crée des revirements. C’est généralement une bonne indication d’un gars qui est capable de passer chez les professionnels », a-t-il dit.

Difficile de le contredire, Suzuki est un véritable poison pour les défenses adverses. Toujours au bon endroit, au bon moment, pas de débauches d’énergie pour revenir dans le coup, il pourchasse sans relâche les défenseurs, les force à précipiter leur geste, crée des revirements. Et lorsqu’il récupère le disque, il devient instantanément une menace.

Il fallait le voir en deuxième période, cerné dans le coin de la patinoire à la gauche du filet floridien par Acciari et Mackenzie Weegar, deux gaillards de plus de 91 kg (200 lb) et joueurs partants dans la Ligue nationale. L’Ontarien de 20 ans est parvenu à protéger la rondelle pour la refiler à Paul Byron qui a pu offrir une chance de marquer en or à Brett Kulak.

Il a finalement préparé un but de Kulak un peu plus tard d’une magnifique passe dans une descente à deux contre un, quelques instants à peine après avoir encaissé une solide mise en échec en entrée de zone. Suzuki a à peine posé le genou au sol avant de se relever, pas le moins du monde intimidé.

Lorsque le surdoué affirme que « ce n’est pas une équipe de la LNH encore », on admire sa modestie, mais on invite à la prendre avec un grain de sel.

La difficulté va juste augmenter plus on va avancer dans le camp. Le temps et l’espace vont diminuer […] Je commence à comprendre certaines choses et je m’améliore chaque jour. Le tempo est assez élevé, mais je pense que je m'en tire bien.

Nick Suzuki

Plutôt, en effet.

La direction répète depuis le tournoi de golf qu’elle souhaite que les jeunes pousses leur compliquent la vie. Qu’elles se fraient un chemin, au pic et à la pelle, jusque dans la formation comme Jesperi Kotkaniemi en 2018 ou Victor Mete en 2017.

Suzuki a amorcé son camp d’entraînement au centre de Charles Hudon et de Weal, deux joueurs talentueux certes, mais dont le statut était loin d’être cimenté, bien que ce soit maintenant beaucoup plus clair dans le cas de Weal.

Jeudi, c’est Paul Byron qui a amorcé le match à sa gauche. Un signe évident qu’il grimpe les échelons. Et, en compagnie de joueurs de la LNH, son intelligence ressort davantage.

Sa complicité avec Weal milite aussi en sa faveur. Suzuki peut jouer dans les unités spéciales et excelle en défense depuis le début du camp. Cela permet à Julien de l’employer à toutes les sauces. Pourrait-il considérer sa candidature au sein du quatrième trio, aussi farfelu que cela puisse paraître pour un hockeyeur de son talent?

Même si Julien n’a pas écarté cette semaine la possibilité de l’envoyer à l’aile si besoin est, il semble évident que le CH le voit dans l’axe à long terme. Son talent offensif et sa compréhension du jeu s’expriment davantage à cette position.

S’il parvient à se tailler un poste dès cet automne, l’autre option serait de le voir d’emblée dans un rôle prépondérant. Disons, en repoussant Max Domi sur les flancs. Bien que ça nous apparaisse improbable et que ce n’est pas dans les habitudes de la maison de brûler les étapes, les commentaires de Julien incitent à la réflexion.

« C’est un gars qui est tellement intelligent. Chaque fois qu’il est sur la patinoire, quelque chose se passe. C’est un joueur doué. Il est très confiant et ça paraît. »

La semaine prochaine, la compétition sera encore plus relevée. Le camp arrive à mi-parcours et devient franchement intéressant.

En rafale

Paul Byron a quitté le match en deuxième période et n’est pas revenu au jeu. Le Tricolore a parlé d’un retrait préventif, « par précaution », sans toutefois donner de détails quant à la nature de la blessure. Byron s’était blessé contre ces mêmes Panthers à la fin de la dernière campagne quand Weegar l’avait envoyé au tapis lors d’un règlement de comptes.

Le petit attaquant amorce cette année un contrat évalué à 13,6 millions de dollars d’une durée de quatre ans.

Jordan Weal aussi mérite un ou deux morceaux de robot. Le petit attaquant a connu une soirée impeccable avec un but et une passe et une complicité de tous les instants avec Suzuki. Sa place dans l’échiquier bien rempli restait à déterminer avant le camp, mais il s’impose de plus en plus comme un joueur incontournable. Weal apprécie de pouvoir se faire valoir à la droite du jeune centre.

« On a commencé le camp ensemble et ça fait près d’une semaine maintenant. C’est le fun quand tu as autant de temps, surtout avec un joueur avec qui tu n’as jamais joué. Si tu n’as que quelques jours, ça peut être difficile. En une semaine, tu apprends à connaître ses tendances, ce qu’il aime faire, de quoi il aime rester à l’écart. Je peux adapter mon jeu. Chaque jour, on s’améliore », a-t-il indiqué.

Le vétéran de la Ligue américaine Alex Belzile, 28 ans, disputait un deuxième match préparatoire en deux soirs. Il n’a toujours jamais joué un match officiel dans la LNH. Bien que sa performance ait été moins inspirée que la veille, le Québécois a tenu son bout à nouveau et espère prolonger l’expérience.

« Dans une partie, j’apporte beaucoup plus que des statistiques. Je suis capable de jouer sur 200 pieds, sur n’importe quel trio. À l’aile, au centre. C’est tout à mon avantage. Ça peut m’ouvrir des portes. Mais un gars dans ma situation doit tourner la page. Demain, on recommence à zéro et on retourne à la guerre », a lancé Belzile.

Hockey

Sports