•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« On se sent vivant » : les doyens du marathon de Montréal

Un homme dans un parc avec un casquette et un chandail d'entraînement

Georges Sabourin, participant au 10 km du marathon de Montréal

Photo :  Radio-Canada

Alexandre Coupal

La course à pied est probablement l’activité physique la plus démocratique et rejoint des adeptes de toutes les générations. Tout le monde peut courir. Il sera possible de le constater de visu encore une fois ce week-end dans les épreuves du Marathon international de Montréal.

À l’une des extrémités du spectre se trouvera un athlète qui était de la première édition du marathon en 1979. Il avait 44 ans à ce moment-là. Faites le calcul.

Inscrit à l'épreuve du 10 km, Georges Sabourin sera, à 84 ans, le doyen des coureurs qui prendront part aux activités cette fin de semaine. Des marcheurs plutôt, corrigera-t-il...

Il a fait le marathon jusqu’en 1991, mais est passé en mode marche ces dernières années. C’est de cette façon qu’il poursuit son assiduité au rendez-vous montréalais.

La première édition, on partait du pont Jacques-Cartier et on traversait sur la Rive-Sud, on a pris la 132 et on a pris le pont Champlain pour rentrer sur les îles. Ça ne s'est jamais refait après ça.

Georges Sabourin, participant au 10 km du marathon de Montréal

C’est dans le cadre de son travail, au Cégep Édouard-Montpetit où il enseignait la physique, que tout a commencé. Deux professeurs d’éducation physique ont décidé de mettre sur pied un petit programme d'entraînement autour de la course à pied pour leurs collègues. Il n’a jamais arrêté et n’a pas l’intention de le faire.

« Ça me fait drôle, je trouve ça curieux qu’il n’y en ait pas de plus âgés que moi qui le fasse [...] Il y en a qui trouvent ça fou un peu et qui le témoignent. Je fais partie d’une grande chorale et on l’a souligné souvent », dit-il.

Pas seul

Pour l’épreuve reine de la fin de semaine, les 42,195 km du marathon, c’est fort probablement Jean Larose, 76 ans, qui sera l’aîné. Il en sera à son troisième marathon cette année. Il a terminé 3e à Boston et 1er à Ottawa dans sa catégorie d’âge.

Jean Larose à l'entraînement de course à pied

Jean Larose, participant au marathon de Montréal

Photo : courtoisie / Jean Larose

Classé dans le top 10 au Canada, celui qui compte une cinquantaine de marathons à sa feuille de route admet être compétitif. D’ailleurs, ses chronos d’il y a trois ans sont meilleurs que ceux du milieu des années 2000.

On regarde toujours le classement, on regarde toujours un peu les autres, on devient compétitifs un peu malgré soi [...] Chaque fois que quelqu’un change de catégorie d’âge, il y a un petit nouveau qui arrive et il est plus rapide que les autres.

Jean Larose, participant au marathon de Montréal

Si la course à pied connaît une importante vague d’engouement, M. Larose se souvient que ce n'est pas la première. C’est grâce à celle de la fin des années 70 qu’il a commencé à en faire.

Une affaire de famille

Jean Larose a eu deux vies de marathonien. Au milieu des années 1980, une autre passion l’a amené ailleurs, sur l’eau, en voilier, pendant une vingtaine d’années. En 2006, son fils aîné l’a convaincu de rechausser les espadrilles. Il a commencé à ce moment un deuxième chapitre, toujours en cours.

Je les ai inspirés, plus tard, ce sont eux qui m’ont inspiré.

Jean Larose, participant au marathon de Montréal

Pour les Sabourin, la course est également une histoire familiale. Ils seront cinq à participer au 10 km samedi. Les deux fils de M. Sabourin couraient à ses côtés lors de la première édition en 1979, le plus âgé à 16 ans et le plus jeune à 13.

Des attentes?

Georges Sabourin et Jean Larose admettent que la récupération est toujours difficile, mais qu'elle ne l'est pas plus lorsqu’on avance en âge. Mais les blessures peuvent être plus fréquentes quand le corps fait sentir son usure.

« C’est aussi agréable qu’au début. Quand on s’entraîne, quand ça va bien, et que la progression est là… on se sent vivant », illustre Jean Larose.

Pour ce qui est des objectifs, Jean Larose vise un chrono sous les quatre heures. Georges Sabourin, lui, envisage une issue dont on sous-estime souvent le niveau de difficulté, et ce pour tout le monde : « J’ai pas vraiment de cible, sauf terminer évidemment. »

Et ils ont tous les deux l'intention d'être de retour l’an prochain. Mais pour l’instant, le marathon de Montréal célèbre ses 40 ans cette année. Un événement qui a l’air d’un jeunot à côté de certains de ses plus illustres participants.

Marathon

Sports