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La nouvelle vie de Kim Clavel

Elle est dans le ring à l'entraînement.

Kim Clavel

Photo : Radio-Canada / Jean-François Chabot

Jean-François Chabot

Boxeuse professionnelle à temps complet depuis le 10 août, Kim Clavel découvre et savoure, dans un élan tout neuf, les joies et les aléas de son sport.

Grâce au soutien de précieux commanditaires et au promoteur Camille Estephan (Eye of the Tiger Management) qui la tient occupée, Clavel exulte en vivant de sa passion.

Elle reçoit un petit salaire de la part d’un concessionnaire automobile qui s’affiche sur sa tenue de boxeuse et toute la nourriture dont elle a besoin lui est fournie par un supermarché local et le propriétaire d’une firme spécialisée dans les thermopompes.

Même si le montant de ses bourses a sensiblement augmenté depuis ses débuts, il est clair, selon elle, que ses bourses seules ne lui permettraient pas de réaliser ce qu’elle vit en ce moment.

Pour au moins la prochaine année, elle n’aura plus à jongler avec ses horaires en cumulant son travail d’infirmière auxiliaire à la maternité du Centre hospitalier de Lanaudière, à Joliette, avec les exigences de la boxe de haut niveau.

La jeune femme de 29 ans s’apprête à livrer un 10e combat en moins de deux ans. Ce rythme soutenu lui fait espérer un combat de championnat du monde au cours de la prochaine année.

J’ai pris de grandes décisions.Je me suis dit qu’un diplôme j’aurais ça toute ma vie, mais que la santé et la jeunesse n’étaient pas éternelles.

Kim Clavel

En attendant, Clavel (9-0, 2 K.-O.) affrontera la Roumaine Xenia Jorneac (10-4, 3 K.-O.), le 26 août, au Casino de Montréal. Le duel sera présenté en sous-carte de l'affrontement entre Steven «  Bang Bang » Butler (27-1-1, 23 K.-O.) et le Mexicain Paul « Chicho » Valenzuela fils (24-8, 16 K.-O.).

Elle se mesurera alors à une première rivale gauchère dans les rangs professionnels. Après seulement six semaines de son nouveau régime de vie, Clavel en ressent déjà les effets positifs.

« Je vois déjà une différence au chapitre de la récupération. N’étant plus toujours sur la go, j’ai le temps de bien faire chaque chose, de ne plus tourner les coins ronds parce que je me sens pressée et que j’ai un quart de travail qui suit ma séance d’entraînement. »

Adaptation pour le corps

Celle que ses amis surnomment KK(*), depuis bien avant l'arrivée de Jesperi Kotkaniemi avec le Canadien de Montréal, est passée d’une à deux séances par jour. Elle s’est vite aperçue de la différence entre une bonne et une excellente condition physique.

« On a commencé graduellement. Le changement de rythme et de fréquence des entraînements ne s’est pas fait du jour au lendemain. Je vous avouerai qu’au cours des deux premières semaines, j’ai ressenti de la fatigue. Mon corps n’était pas habitué à être loadé comme ça, deux fois par jour », dit celle qui affirme être dans la meilleure forme de sa vie.

En plus de sa préparation de boxe, Clavel a maintenant intégré la natation, la course à pied et la musculation. Elle a malgré tout du temps pour récupérer, ce qui, pour elle, fait une différence énorme.

Elles sourient à la caméra.

Kim Clavel et son entraîneuse Danielle Bouchard

Photo : Radio-Canada / Jean-François Chabot

Bien entourée et conseillée

C’est en compagnie de Danielle Bouchard, elle-même ex-championne mondiale, que Clavel peaufine ses stratégies pugilistiques.

Toutes deux sont du même gabarit et semblent s’entendre comme larrons en foire.

Travailler avec Danielle Bouchard, c’est la perfection. C’est une femme de caractère, une femme juste qui ne se gêne pas pour te dire les vrais trucs. Elle ne complimente pas pour complimenter. Si je reçois un compliment d’elle, c’est parce que je l’ai mérité. Elle voit tout, elle voit clair. Elle est loyale. Je ne l’échangerais pour rien au monde.

Kim Clavel

Bouchard lui rend bien ses bons mots en parlant de sa protégée comme d’une athlète très déterminée.

« Quand Kim se présente au gymnase, elle n’est jamais fatiguée. Elle veut donner son 300 %.  »

Bouchard parle d’une réorganisation complète de l’horaire de Clavel.

« Ça nécessite beaucoup de communication avec le préparateur physique pour savoir comment on organise notre semaine et nos charges de travail, les moments de repos, les moments entre les entraînements. Tout était nouveau pour Kim et c’était important d’être à son écoute. On ne s’entraîne pas plus, mais tout est dans la façon de faire les choses. »

Le rythme auquel se succèdent les combats de Kim Clavel la porte à croire qu’elle pourrait se battre en championnat du monde des poids paille (47,6-48,9 kg) quelque part en 2020.

Elle sait qu’on ne lui fera pas de cadeau et qu’elle devra trimer dur pour devenir une adversaire incontournable. Son entraîneuse et elle se sentent inspirées par les succès de Marie-Ève Dicaire qui a mis la main sur un titre mondial à son 14e combat.

Clavel ne s’avance pas pour nommer une championne qu’elle aimerait affronter. Elle veut simplement faire ce qu’il faut pour se placer en travers de la route de l’une d’elle.

« Je crois que si elles me choisissent, ce sera parce qu’elles n’auront pas le choix de m’affronter. Habituellement, la championne va choisir une fille qu’elle pense pouvoir battre. Mais en me positionnant comme aspirante obligatoire, c’est là que je vais avoir ma chance », a conclu Clavel.

(*) Le surnom de KK lui est venu il y a plus de 14 ans, quand dans les rangs amateurs, son entraîneur avait pris l'habitude d'écrire son nom de famille avec un K au lieu d'un C, d'où le K (Kim) K(Klavel). Si elle en rigole aujourd'hui, la jeune femme se souvient de moments stressants à la douane quand le nom figurant sur la liste fournie aux officiels ne correspondait pas à celui inscrit dans son passeport.

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