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Mondiaux d'athlétisme : Katherine Surin court dans les traces de son père

Elle est à l'arrivée du 400 m à la rencontre d'athlétisme Harry Jerome, à  Burnaby, en Colombie-Britannique.

Katherine Surin

Photo : The Canadian Press / JONATHAN HAYWARD

Jean St-Onge

Katherine Surin participe à ses premiers Championnats du monde d'athlétisme, à Doha, au Qatar. Médaillée de bronze au 400 m aux Championnats canadiens, la fille de Bruny Surin a été choisie pour faire partie de l'équipe du 4 x 400 m.

C'est près d'un mois après les Championnats canadiens au complexe sportif Claude-Robillard que Katherine Surin a finalement appris sa sélection dans l'équipe canadienne des mondiaux. L'annonce est venue avec quelques jours de retard.

« J’étais au spa », dit-elle avec un grand éclat de rire.

Pendant qu’elle est étendue avec un masque thérapeutique sur le visage, la Québécoise ne peut relaxer complètement.

Elle choisit alors de regarder son téléphone qui montre 17 appels manqués, dont celui de son entraîneur. Elle le rappelle et il lui annonce qu’elle a été sélectionnée.

« Là, j’étais vraiment excitée. Je n’ai jamais pu m’endormir pendant mon facial », raconte-t-elle.

De son côté, Bruny Surin dit que sa fille n’a pas dormi durant quelques jours en attendant des nouvelles de l'équipe canadienne, mais on a l’impression que papa a fait un peu d'insomnie lui aussi.

Après cette courte période de stress, l'annonce de cette première sélection nationale a été accueillie avec joie dans la résidence des Surin.

Quand j’ai fait l’équipe, on était vraiment soulagé et il m’a donné un gros câlin. Et il m’a dit qu’il était fier de moi.

Katherine Surin

Papa est moins timide quand on parle de la réaction familiale.

« On a fait vraiment le party à la maison, explique-t-il. Les bouteilles de champagne, il y en a eu une couple… »

Katherine Surin ne participera pas au 400 m individuel, mais pourrait être du 4 x 400 m samedi.

Six coureuses canadiennes font partie de l'équipe et on en retient quatre pour l'épreuve.

« La fille de... »

Ils sourient.

Bruny et Katherine Surin passent un bon moment au micro de Stéphan Bureau.

Photo : Radio-Canada / Pascal Michaud

Il n'est jamais évident de marcher dans les traces de nos parents, surtout quand ces derniers ont été des vedettes dans leur domaine.

Katherine Surin s'est habituée très jeune à être « la fille de Bruny ».

« Je suis un peu habituée d’avoir ce titre. Des fois, ça fait du bien d’entendre des histoires de mon père dans le temps, et j’ai réalisé que je suis beaucoup comme mon père, dit-elle. Je suis un plus timide, un peu plus tournée vers moi-même. »

Si Katherine Surin semble très bien vivre avec l'héritage sportif de son nom de famille, Bruny, lui, doit s'acclimater au rôle de parent d'une athlète d'élite.

Il encourage sa fille et tente de lui fournir tous les outils nécessaires à sa progression, sans lui en imposer. Mais on sent qu’il aimerait être un peu plus sollicité par les entraîneurs ou par sa fille directement.

« C’est sûr qu’au point de vue psychologique, je pourrais apporter davantage, mais ils ne m‘ont pas demandé », dit-il.

J’ai plein d’emails tout le temps, que ce soit de jeunes athlètes ou que ce soit de parents d’athlètes, qui me demandent des conseils, pis tout ça. Et moi, j’ai ma fille à la maison, et elle ne pose pas de questions… C’est sûr qu’au début, je l’ai pris personnel!

Bruny Surin

Le membre de l'équipe du 4 x 100 m championne aux Jeux olympiques d'Atlanta se souvient d’une occasion, avant les Championnats canadiens, où il a travaillé en collaboration avec les entraîneurs pour aider sa fille.

Katherine s’inquiétait à l’approche de cette étape importante et était insatisfaite de sa performance.

Bruny a appelé l’entraîneur, qui a bien accueilli la démarche. Les deux ont discuté pour bien préparer Katherine en vue des nationaux. 

Si cet échange s’est révélé efficace, il demeure anecdotique.

Majoritairement, Bruny Surin se limite à son travail de père qui est d’encourager et d’être nerveux dans les estrades au moment de la compétition.

« Le rôle de père, c’est 95 %, le rôle d’assistant-entraîneur-psychologue et tout le reste, c’est 5 % », explique-t-il.

Le rêve olympique

Le jour n’est peut-être pas loin où une deuxième Surin pourra représenter le Canada aux Jeux olympiques.

L'objectif de Katherine est clair.

« Les Jeux olympiques de Tokyo, dit-elle, sans hésitation. J’aimerais me qualifier pour mon épreuve individuelle (400 m) et pour les relais. »

Bruny Surin ne cache pas que ce serait un moment important pour lui, mais il tient à dire que ce rêve est venu d’elle.

« À un moment donné, elle nous a dit ça dans lors d’un souper : "Moi, mon rêve, c’est de participer aux Jeux olympiques." J’étais comme: "Wow, OK!" »

« Moi, j’ai dit à ma fille et je le redis: tout dépend d’elle. Je sais qu’elle est très motivée. Elle s’entraîne très fort. Moi, je vous dirais qu’elle est très près de le faire. »

« Je lui ai dit qu’en autant qu’elle donne son 100 % et qu’elle s’amuse, le reste c’est un bonus. »

Des décisions à prendre

Après son expérience aux Championnats du monde, Katherine Surin aura des décisions à prendre.

Son entraîneur à l’Université du Connecticut a pris le chemin de la Californie. Elle pourrait le suivre, mais elle a aussi des options en Europe et à Montréal.

Et, à 23 ans, elle est certainement en mesure de prendre ses propres décisions.

Tout ce qu’un papa peut faire et doit faire, c’est de l’appuyer.

C’est ce que fera Bruny Surin.

Radio-Canada Sports diffusera les Championnats du monde d'athlétisme de l'IAAF sur le web. Pour ne rien manquer, consultez notre horaire de webdiffusions.

(Avec les informations de Meeker Guerrier)

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