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Canadien : les prétendants engrangent de bons points

Le CH vient à bout des Devils par la marque de 4 à 2 à son premier match préparatoire.

Le gardien du Canadien cherche la rondelle des yeux devant son filet.

Le gardien Cayden Primeau

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Alexandre Gascon

MONTRÉAL - Ils jouaient gros, lundi soir, les candidats à un poste avec le Canadien de Montréal. Dans la LNH, il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus. Certains se sont arrangés pour ne pas se faire oublier.

Les places à pourvoir ont beau être presque inexistantes avec le CH, honnêtement, on imagine bien Marc Bergevin avoir esquissé un petit sourire de satisfaction après la victoire de son groupe. La victoire de 4-2 contre les Devils revêt une importance toute relative. La démarche est capitale.

Soudainement, ce ne sont plus que Nick Suzuki et Ryan Poehling qui font parler d’eux. Certes, ces deux talents demeurent les espoirs les plus prometteurs du bassin bien garni du Tricolore, mais d’autres attirent les regards et intriguent.

L'équipe a repêché 28 joueurs lors des trois derniers repêchages (le total de quatre encans normalement), un investissement qui commence à porter ses fruits. Des sept joueurs sélectionnés en 2017, quatre obtiennent leur chance à ce camp d’entraînement. Et trois d'entre eux étaient en uniforme contre le New Jersey.

Pour citer un estimé collègue, plus vous vous présentez souvent au bâton, plus vous avez de chances de frapper en lieu sûr.

Et Cale Fleury apparaît comme un double au champ droit.

Le défenseur de 20 ans n’a pas un instinct offensif extrêmement développé, ni un coup de patin explosif, ni même un jeu particulièrement robuste. Diantre, que démontre-t-il? Un heureux mélange de tout cela.

Calme en possession du disque, Fleury prend régulièrement de bonnes décisions, ne paraît pas étourdi par la rapidité de ses adversaires, bien que le rythme ait été « pas mal plus rapide » que ce à quoi il s’attendait, a-t-il confié.

Le choix de troisième tour en 2017 a orchestré le but de Nate Thompson avec une sortie de zone par le centre suivie d’une belle passe à Nick Cousins en pleine accélération sur l’aile gauche. Il a également distribué trois mises en échec et a passé 4 min 35 s en désavantage numérique, soulevant un bâton devant le filet par-ci, repoussant une rondelle dans un coin de patinoire par là. Pas compliqué. Efficace.

« J’ai fait beaucoup de chemin depuis la saison dernière. Je me sentais plutôt bien. Ça m’a aidé de jouer avec Xavier Ouellet avec qui j’ai joué plus de la moitié de l’année l’an passé [à Laval, NDLR]. Ça m’a aidé à être à l’aise », a expliqué le défenseur.

« Il a été l’un de nos meilleurs défenseurs ce soir », a simplement résumé Claude Julien.

Deux des trois postes de défenseurs droitiers sont déjà distribués et le troisième appartient normalement à Christian Folin, une police d’assurance, ou à Noah Juulsen, dont les récents maux de tête inquiètent la direction. Ce serait étonnant qu’il devienne membre de la formation dès cette année, mais Fleury a peut-être un coup à jouer.

Première impression réussie

Quand Carey Price ponctue votre arrêt d’une moue affirmative, vous savez que vous n’avez pas raté votre entrée en scène.

Cayden Primeau s’est amené en relève au gardien vedette à mi-chemin du match et a entamé sa carrière dans l’uniforme du Bleu-blanc-rouge d’un arrêt sublime dans une descente à deux contre un des Devils.

De Nico Hischier à Blake Coleman, Primeau a parfaitement suivi l’action pour repousser la menace d’un déplacement latéral parfait. Quelques secondes après, la foule montréalaise scandait son nom. Après son tout premier arrêt avec le Canadien...

« Je n’ai pas raté mon arrivée, hein? […] Je n’ai pas pu m’empêcher de sourire. C’était spécial », a avoué Primeau après la rencontre, sourire fendu jusqu’aux oreilles. Le tout devant papa Keith.

Le 199e choix en 2017 a bloqué 16 des 17 lancers reçus et a réservé l’un de ses plus beaux à Kyle Palmieri qui s’est présenté seul devant lui quand le match était encore à égalité. Le jeune homme semble avoir de bons nerfs.

Primeau se battra pour un boulot à Laval un mois seulement après avoir soufflé 20 bougies. Peut-être pourra-t-il s’inspirer des mots d’encouragement que Price lui a glissé à l’oreille après son premier coup d’éclat.

Quels étaient-ils au juste Cayden?

« Je ne sais pas. J’ai eu un trou de mémoire [blackout]. »

Et les autres

Jake Evans a racheté son match plutôt pâle dans les trois dernières minutes de jeu. En désavantage numérique, il a intercepté la rondelle à la ligne bleue et décampé seul pour réussir le but vainqueur. Jusqu’à ce moment, le numéro 71 s’était montré plutôt discret.

Parmi les jeunes, Josh Brook a raté sa première occasion. Julien l'a jumelé à Brett Kulak pour vraisemblablement voir ce qu’il avait dans le ventre.

Brook a fréquemment redonné la rondelle à l’adversaire, a paru craintif après s’être fait solidement frapper et dépasser, quelques fois, par la rapidité de ses adversaires et de leur rythme de jeu.

Le camp est encore bien jeune et l’arrière de Roblin au Manitoba aura l’occasion de se racheter, mais il aura fort à faire. Le saut du junior à la LNH, particulièrement pour un défenseur, est gigantesque. Une année de développement chez les professionnels de la Ligue américaine ne nuirait sûrement pas.

Et, bien sûr, il y a Suzuki. Suzuki qui a été l’attaquant le plus utilisé par Julien, soit 16:59, qui a passé plus de trois minutes sur la glace en désavantage numérique et 1:57 en avantage numérique, qui a été envoyé dans la mêlée en fin de rencontre quand Julien voulait dénouer l’impasse de 2-2.

Suzuki, un peu partout, à toutes les sauces, comme il fallait s’y attendre. Son nom n’apparaît pas sur la feuille de pointage, mais son jeu d’ensemble a été remarquable et remarqué. Toujours au bon endroit, anticipant l’action, il a démontré une belle conscience défensive en prêtant main-forte à ses défenseurs profondément dans son territoire et un calme certain en possession de la rondelle.

Et surtout, il semble confiant.

« Il est un an plus vieux, il a pris de l’expérience au camp d’entraînement l’an passé. Il s’est renforcé aussi. Beaucoup plus fort qu’il ne l’était l’an passé. Il ne manque pas de confiance, surtout avec la saison qu’il a connue. Il croit vraiment en ses moyens. C’est un gars qui a travaillé fort pour améliorer son patin, être plus fort. Une année de plus a fait la différence », a estimé Julien.

Ce genre de joueur qui se démarque surtout par son intelligence tend parfois à prendre un peu plus de temps avant d’atteindre le plus haut niveau, selon Jonathan Drouin.

« Oui, parce que la vitesse du jeu est augmentée par rapport au junior. Je peux te le dire, a glissé le Québécois en souriant. Quand tu lui parles, il dit qu’il a plus de temps qu’il pense. Tu lui dis qu’il avait le temps et il le réalise. À un moment donné, il va voir que le temps est relatif. Depuis le début du camp, il a pris une coche aussi. »

Peut-être lui suffirait-il d’en prendre une deuxième.

Après des années de vaches maigres, le camp d’entraînement du Canadien prouve désormais que l’équipe table sur de beaux talents. Une victoire pour l’organisation.

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