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Camp du CH : Deux semaines pour devenir incontournable

Ryan Poehling

Ryan Poehling

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Alexandre Gascon

Se rendre indispensable. En théorie, la recette pour percer la formation d’une équipe de la Ligue nationale n’a rien d’ésotérique, rien de compliqué. En pratique, par contre, les jeunes y parviennent au compte-gouttes.

C’est ce que le Canadien espère d’ailleurs : ajouter une goutte ou deux, sans plus, à son organisation pour solidifier ce qui est mis en place depuis « 15 ou 16 mois », comme l’a dit Geoff Molson au tournoi de golf du CH.

De toute façon, « on n’a pas 23 postes d’ouverts », a tenu à spécifier Claude Julien vendredi, jour de l’ouverture officielle du camp d’entraînement.

À l’avant, le Tricolore a sous la main 14 attaquants avec des contrats de la LNH seulement, un groupe auquel il faut ajouter Jesperi Kotkaniemi. Les vétérans de la Ligue américaine comme Riley Barber et Phil Varone, qui a tout de même disputé 47 matchs avec les Flyers l’an passé, vendront chèrement leur peau.

Dans ce contexte, pas facile pour Nick Suzuki et Ryan Poehling de faire valoir leurs arguments. Surtout que Claude Julien n’est pas le genre d’entraîneur qui prend le temps d’expérimenter. En 2018-2019, il s’était composé un trio à sa main, qu’il avait eue heureuse d’ailleurs, au premier jour du camp avec Tomas Tatar, Phillip Danault et Brendan Gallagher. Un an plus tard, ils jouent toujours ensemble.

On veut commencer avec des trios qu’on pense qu’on peut aimer. Ça ne veut pas dire que ça ne changera pas d’ici le début de la saison. Mais ça n’empêche pas qu’on va donner des chances à plusieurs joueurs qui vont se battre pour des postes. On va gérer ça en temps et lieu, de match en match.

Claude Julien

Intéressant, donc, de voir Poehling au centre de Varone et Matthew Peca et Suzuki, lui aussi dans l’axe, entouré de Charles Hudon et Jordan Weal. Tous des joueurs qui luttent pour leur emploi actuellement plus que précaire, exception faite de Weal qui vise probablement davantage à améliorer son sort et à gagner en confiance.

Même si l’entraîneur a assuré qu’il n’a pas voulu lancer de messages à qui que ce soit en composant ses trios, on semble décoder une chose : les occasions viendront pour les jeunes, mais ils devront les arracher aux forceps.

Beaucoup d’appelés, peu d’élus

N’empêche, le vent de la jeunesse a soufflé fort au tournoi de golf en début de semaine. Les dirigeants semblent vouloir voir la hiérarchie ébranlée par ses espoirs.

Il demeure que ce n’est pas arrivé souvent dans l’histoire récente de l’équipe.

L’an dernier, Kotkaniemi s’est imposé de fabuleuse façon. En 2017, Victor Mete a causé la surprise générale en parvenant à se tailler un poste avec le grand club contre toute attente, à une position, la défense gauche, que Marc Bergevin avait hachée menu quelques mois plus tôt en se débarrassant de Nathan Beaulieu et Mikhail Sergachev, en plus des départs d’Andrei Markov et d’Alexei Emelin.

On peut douter qu’il y soit arrivé autrement.

Ce sont les principales surprises depuis le lock-out de 2013. Les autres joueurs qui ont été promus depuis cette période étaient souvent attendus depuis des lustres (coucou Nathan Beaulieu).

La situation actuelle ressemble davantage à l’influx de sang neuf débarqué au début de la campagne 2013 quand Brendan Gallagher et Alex Galchenyuk avaient pris le taureau par les cornes et étaient devenus d’emblée des joueurs importants de l’équipe.

« C’était un peu différent cette année-là en raison du lock-out, s’est souvenu Gallagher. Il n’y a presque pas eu de camp d’entraînement. Je pense que les jeunes cette année vont tirer avantage du procédé et de cette longue bataille au camp [pour décrocher un poste]. Ils auront beaucoup de chances de gagner leur place dans l’équipe. Et ça pousse les vétérans à ne pas se laisser dépasser. C’est de la bonne compétition interne. »

Julien s’est fait rassurant. Poehling et Suzuki, tout comme Josh Brook ou Cale Fleury en défense, auront droit aux mêmes occasions dont a profité Kotkaniemi il y a un an. À eux de les saisir. Idéalement, en appliquant la méthode Brendan Gallagher.

« Tu dois montrer que tu peux aider l’équipe et avoir un impact. Tu dois être intense à chaque présence. C’est ce qu’il y a de plus difficile quand tu essaies de percer une formation : tu ne peux pas te permettre d’avoir un mauvais jour. Toujours à ton meilleur. Quand tu réussis à démontrer que tu as un impact, les dirigeants en prennent bonne note. »

En rafale

Les meneurs du CH ont donné le ton lors de ce retour au boulot attendu. Pour son premier exercice, Shea Weber a bousculé Jordan Weal avec une véhémence qui n’a d’égal que le respect que lui vouent ses coéquipiers. Weal est tombé sur la glace à deux reprises. Il s’est relevé et a fini par marquer.

« On veut créer de bonnes habitudes », a dit l’entraîneur. Le petit attaquant a compris le message.

Les deux autres hommes arborant une lettre sur le maillot, Gallagher et Paul Byron, n’y sont pas allés de main morte non plus dans les batailles à un contre un. Byron a foncé comme un diable sur le nouveau venu Ben Chiarot à qui il concède près de 60 livres. On vous le confirme, l’ailier n’a pas changé cet été.

Parlant de Chiarot, on l’a vu, tel qu’on s’y attendait, formé un duo avec Jeff Petry. Rien n’est encore coulé dans le béton, mais, sur papier du moins, l’alliance apparaît naturelle.

« Jeff et moi nous sommes aperçus que ça pourrait marcher, juste en regardant nos styles de jeu. Ça devrait marcher. On est deux grands défenseurs qui patinent bien, on devrait être corrects. Jeff aime appuyer l’attaque, ça va aider le côté offensif. Et on déplace bien la rondelle. Le temps nous le dira », a assuré Chiarot.

Le temps ou Claude Julien, c’est selon. Nous aurons l’occasion d’y revenir.  

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