•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Bianca Andreescu fait la fierté de la communauté roumaine

Elle célèbre le poing en l'air.

Bianca Andreescu réagit après avoir remporté un point en finale des Internationaux des États-Unis.

Photo : Getty Images / Clive Brunskill

Robert Frosi

La victoire de Bianca Andreescu aux Internationaux des États-Unis a été saluée partout au Canada. Et elle a procuré un immense bonheur à la communauté roumaine, qui s’identifie à elle.

L’ancien champion du monde de boxe Lucian Bute nous a donné cette semaine rendez-vous au Complexe Multi-Sports de Laval. Il ne s’était pas encore remis de ses émotions du samedi victorieux de Bianca Andreescu à New York. Pour regarder le match, il avait réuni des amis roumains, mais également québécois. La victoire de la joueuse de 19 ans d'origine roumaine est venue lui rappeler ses débuts à Montréal et la façon dont il allait cristalliser autour de lui toute une communauté.

« Quand je suis arrivé au Québec, personne ne me connaissait, j’avais 23 ans, je ne parlais ni français ni anglais, a-t-il raconté. Plus tard, quand j’ai défendu mon titre de champion du monde, il y avait beaucoup, beaucoup de gens de la Roumanie qui se sont identifiés à Lucian Bute. Il y avait de la fierté chez eux, surtout de dire comme : "Lucian, je suis un Roumain, je suis compatriote de Lucian Bute". »

J’ai rencontré beaucoup de Roumains qui m’ont dit : "Je suis content, je suis fier d’être un Roumain comme toi". Imaginez, après une de mes victoires, l’ouvrier qui arrive le lundi matin à son travail et qui revendique d’être un Roumain comme moi, c’est une fierté indescriptible!

Lucian Bute, ancien champion du monde de boxe

Le Québec a une grosse communauté roumaine. Ils seraient 60 000. En plus, plusieurs champions sportifs roumains ont rayonné ici. Tout le monde se souvient de Nadia Comaneci, la reine des Jeux olympiques de Montréal en  1976, qui a toujours parlé du Québec comme de sa deuxième patrie. Il y a eu les boxeurs Leonard Dorin, Adrian Diaconu et bien sûr Lucian Bute : les trois sont devenus champions du monde.

Depuis 40 ans, il existe à Montréal une radio roumaine qui diffuse une heure d'émission par semaine. Adrian Ardelean en est à sa barre depuis plus de quatre ans. Samedi dernier, il a pris les ondes quelques minutes seulement après la victoire de Bianca Andreescu. Il nous a confié que c'était la frénésie parmi les auditeurs.

« C’était une grande satisfaction pour nous, surtout quand elle a remercié en roumain les personnes qui l’avaient supportée, a-t-il expliqué. C’était une immense fierté de l’entendre parler notre langue, car on a vu qu’elle reconnaissait ses racines roumaines. »

Il faut que je vous explique que les Roumains ont cette particularité : ils ne sont jamais d’accord entre eux, que ce soit dans les domaines politiques, économiques, sociaux… Mais le sport et les performances sportives, même d’une jeune fille qui est d’origine roumaine née au Canada, unissent toute une communauté.

Adrian Ardelean, animateur radio
Elle est couchée de tout son long, sur le dos, sur le court.

Bianca Andreescu se jette au sol après sa victoire contre Serena Williams.

Photo : Getty Images / JOHANNES EISELE

Avant sa finale contre Serena Williams, Bianca Andrescu a gagné le tirage au sort pour savoir si elle voulait commencer le match au service. Et comme si elle envoyait comme message : « Tes services, même s'ils sont les plus puissants du circuit, ne me font pas peur », elle a choisi de laisser commencer Serena Williams. Elle l’a d'ailleurs brisée d’entrée pour ensuite remporter la première manche. Nous avons demandé à Adrian Ardelean comment il expliquait une telle détermination et, surtout, une telle confiance.

« C’est l’esprit roumain, je dirais même le vieil esprit roumain, a-t-il répondu.  Il y a une légende qui dit que nos ancêtres, les Daces, quand ils allaient à la guerre, ils affrontaient leurs ennemis en souriant, en riant même. Ils ne pleuraient pas, ils n’avaient pas la peur de mourir. Cette attitude déstabilisait leurs adversaires et leur faisait peur, car ils ne comprenaient pas pourquoi en risquant leur vie, ils préféraient rire. C’est notre esprit de combativité, c’est ça que Bianca a en elle! »

Lizabel Nitzoi, présidente du regroupement des hommes et des femmes d'affaires roumains et candidate du Bloc québécois dans Marc-Aurèle Fortin, est dithyrambique quand elle parle des succès de Bianca Andreescu. Même si la jeune championne n'est pas née en Roumanie, elle représente une partie de cette communauté et son succès est un exemple d’intégration, selon elle.

« La réussite d’un membre de notre communauté, que ce soit dans le monde sportif comme Bianca, architectural comme Dan Sergiu Hanganu, est extrêmement bénéfique pour dire à tous ceux qui arrivent d’ailleurs : "Oui, je peux". Quand on voit que quelqu’un perce dans n’importe quel milieu, on est vraiment au comble du bonheur », a-t-elle lancé.

« Nous, les Roumains du Canada, nous sommes chanceux et deux fois plus fiers que vous, ajoute l’animateur de radio Adrian Aderlean. Parce que vous êtes fiers de Bianca comme Canadiens, mais nous, nous sommes fiers parce qu’elle est Canadienne comme nous et Roumaine comme nous! »

Tennis

Sports