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La Coupe du monde de rugby, pour apprécier un sport en pleine mutation

Le Canadien Theo Sauder, ballon en main, double deux joueurs kényans au cours du match Canada-Kenya pendant le tournoi de repêchage pour la Coupe du monde de rugby à XV.

Match entre le Canada et le Kenya dans un tournoi de repêchage pour la Coupe du monde de rugby (à XV).

Photo : Getty Images / GERARD JULIEN

Radio-Canada

Le rugby repoussera ses limites, économiques et physiques, lors de la Coupe du monde au Japon, et le sport doit bien négocier son virage pour poursuivre sa croissance.

La précédente édition, qui a eu lieu en 2015 en Angleterre, avait été un véritable succès tant du point de vue économique que sur le plan du spectacle.

Avec 2,47 millions de billets vendus, la Fédération internationale de rugby (World Rugby) se félicitait alors d'avoir organisé le cinquième événement sportif de l'histoire, avec des retombées de 4,38 milliards de dollars canadiens (au cours du 12 septembre) et des cotes d'écoute record.

La Coupe du monde fournit à World Rugby 90 % des revenus nécessaires à ses programmes pour le cycle quadriennal suivant.

World Rugby espère tirer encore plus de revenus commerciaux de l'édition 2019, présentée pour la première fois en Asie. Il y a cette fois incertitude sur le succès de l'événement.

Les cotes d'écoute seront forcément en baisse en Europe compte tenu des horaires matinaux.

World Rugby espère beaucoup du marché asiatique, générateur de gros contrats (Heineken, Société Générale, DHL, MasterCard, Land Rover et Emirates sont les six commanditaires majeurs).

« Le nerf de la guerre, c'est aussi de signer des partenariats », explique Magali Tezenas, déléguée générale de Sporsora, organisation spécialisée dans l'économie du sport.

« Sur l'événement en soi, ils n'auront certainement pas le chiffre d'affaires qu'ils ont fait en Angleterre ou qu'ils feront en France (lors de la prochaine édition en 2023), mais en termes de développement de la pratique et d'attractivité pour les partenaires, ce sont des territoires très importants. »

Le Japon représente à la fois « la volonté de sortir des pays traditionnellement organisateurs et représente une zone géographique ciblée comme une terre de rugby de demain », explique Christophe Lepetit, économiste du sport au Centre français de droit et d'économie du sport (CDES).

Près de 25 ans après sa professionnalisation, le rugby peine à voir émerger des pays et des championnats compétitifs. Le Canada faisait partie des pays prometteurs, avec l'Italie et la Roumanie, mais ses promesses ne se sont pas concrétisées.

Faute de consensus, World Rugby a dû abandonner son projet de Championnat des pays, pourtant soutenu par un revenu garanti de près de 10 milliards de dollars canadiens, qui aurait renfloué les caisses des fédérations nationales.

L'Europe fait de la résistance à l'internationalisation du rugby avec son très lucratif Tournoi des six nations, et les puissances de l'hémisphère sud (Afrique du Sud, Nouvelle-Zélande, Australie), à court de rentrées financières, tirent la langue.

« Plus vite, plus haut, plus fort »

L'unique gagnant de ce déséquilibre est la Coupe du monde en elle-même, qui conserve son caractère unique et sa lisibilité.

Au Japon, le spectacle devrait rappeler la devise olympique: « plus vite, plus haut, plus fort ».

Le développement du rugby est aussi physique, à l'image des Springboks aux corps sculpturaux lors des entraînements pré Coupe du monde. Les Sud-Africains bénéficient d'une préparation de plus en plus méticuleuse.

L'Afrique du Sud affronte l'Argentine à Pretoria dans un match préparatoire à la Coupe du monde de 2019 au Japon.

L'Afrique du Sud affronte l'Argentine à Pretoria dans un match préparatoire à la Coupe du monde de 2019 au Japon.

Photo : Getty Images / CHRISTIAAN KOTZE

« Les joueurs s'entraînent plus qu'avant, certes, mais ils s'entraînent surtout mieux », explique l'ancien capitaine de l'équipe de France Thierry Dusautoir.

« La performance est de plus en plus mesurée, les entraînements de mieux en mieux calibrés. Donc les athlètes sont de plus en plus performants », a-t-il observé.

Le rugby « arrive maintenant à une phase où il est maîtrisé et dans les derniers pourcentages pour gagner de la performance », résume l'ancien deuxième ligne (et ancien capitaine) Fabien Pelous.

« Ce sport est de plus en plus physique, mais dans le sens de la vitesse », estime-t-il.

« On prépare des joueurs, en fonction des postes, de manière beaucoup plus spécifique qu'avant », précise Jean-Marc Lhermet, directeur du développement de l'équipe ASM Clermont Auvergne.

« On a des joueurs physiquement prêts comme jamais ils n'ont jamais été prêts, mais ils sont utilisés différemment par des projets de jeu qui ont tendance à faire place à plus de mouvement, vitesse, déplacement », précise-t-il.

« Il n'y a pas de limite, estime Fabien Pelous. Plus on avancera dans histoire du rugby et plus on maîtrisera les choses. »

Avec les informations de Agence France-Presse

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