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Recrues intrigantes et luttes à surveiller au camp du Canadien

Le camp d'entraînement officiel commence jeudi avec les tests physiques.

Ryan Poehling patine durant un match contre les Maple Leafs.

Ryan Poehling

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Alexandre Gascon

Le camp des recrues maintenant terminé, place aux choses sérieuses chez le Canadien.

L’entraîneur du Rocket vient de clore son camp d’entraînement réservé aux jeunes espoirs de l’organisation. Un camp en accéléré, étalé sur une période de cinq jours, qui comprend deux entraînements et trois matchs.

Rien n’a été laissé au hasard. Pendant les entraînements, son sempiternel casque CCM rouge vissé sur la tête, Joël Bouchard prodigue ses conseils et maintient un niveau d’intensité élevé.

Le camp des recrues, au fil des ans, a perdu son petit côté folklorique. Au cours du week-end à Belleville, Bouchard est même allé jusqu’à escorter gentiment des journalistes flâneurs hors du vestiaire pour amorcer séance tenante sa réunion avec les spécialistes du désavantage numérique. Pas de temps à perdre.

Mardi, Bouchard s’est présenté devant les médias quelques minutes après que sa troupe, privée de ses meilleurs éléments, venait de signer une victoire de 7-3 contre une équipe constituée des meilleurs joueurs universitaires de la province.

Ce match, comme toutes les autres séances des derniers jours, lui a fourni des informations précieuses.

Chaque fois que tu as la chance de côtoyer de jeunes joueurs de hockey, que ce soit des entraînements, des séances vidéo, sur la glace ou en tête à tête, c’est toujours très enrichissant. On apprend à les connaître. C’est ça le but cette semaine.

Joël Bouchard

Il passe ensuite de longues minutes à vanter les mérites de l’un et de l’autre. À répéter qu’un joueur de hockey grandit dans les échecs, dans les revers, dans l’adversité. Autrement dit, qu’il doit se retrousser les manches lorsqu’il se fait retrancher de quelque équipe que ce soit.

Rafaël Harvey-Pinard, probablement le patineur le plus constant et l’un des plus efficaces des trois rencontres, reçoit des fleurs.

« Je pense que les gens comprennent pourquoi on l’a repêché, c’est un joueur de hockey. Il a très bien fait ça encore aujourd’hui. Je l’aime beaucoup », assure l’entraîneur.

Rafaël Harvey-Pinard agenouillé sur la glace.

Rafaël Harvey-Pinard dans l'uniforme des recrues du Canadien.

Photo : Radio-Canada

Plus loin dans la phrase, le couperet tombe pour le Québécois.

« La bonne nouvelle avec Harvey, c’est qu’on l’a repêché (7e tour en 2019, NDLR). S’il venait au camp d’entraînement [sur une invitation], il nous aurait forcés à le regarder plus longuement. »

Deux heures plus tard, le CH annonçait la liste des 57 joueurs invités au camp. Harvey-Pinard, comme cinq joueurs d’âge junior et six autres présents sur invitation, n’auront pas l’occasion de se faire valoir au camp du grand club.

Au bout du compte, personne n’aura brouillé les cartes. Les plus beaux espoirs prêts à passer chez les professionnels (Ryan Poehling, Nick Suzuki, Josh Brook) seront évidemment de l’aventure, tout comme les vétérans d’une saison de la Ligue américaine (Cale Fleury, Alexandre Alain et Jake Evans entre autres).

Seule présence surprenante, celle du défenseur Gianni Fairbrother. Le choix de 3e tour du Tricolore au dernier repêchage a tenu la dragée haute aux recrues des Sénateurs et des Jets en fin de semaine dernière. Et sa combativité lui a fait gagner une place avec les hommes. Il a visiblement impressionné son entraîneur.

« Ce que j’aime de ce tournoi-là, a expliqué Bouchard, c’est que les joueurs sont mis au défi, et il y en a qui trouvent des solutions. J’ai toujours aimé les évaluer quand ils sont dans une position inconfortable. Ceux qui sont capables de s’adapter et d’avoir un impact. […] En fin de semaine, il y en a qui ont réussi à en trouver. »

À ses yeux, Fairbrother entre dans cette définition. Pour l’instant, par contre, l’arrière soigne une blessure. Impossible de savoir si on le verra à l’œuvre la semaine prochaine.

Le CH affiche presque complet

Marc Bergevin a affirmé lors du tournoi de golf qu’il espérait que certains jeunes amorcent l’année à Montréal. Qu’il serait même à l’aise à l’idée d’avoir trois joueurs de 20 ans et moins dans sa formation (Poehling, Suzuki et Jesperi Kotkaniemi en l’occurrence).

Cinq ou six joueurs, selon le directeur général, ont une chance de se tailler une place. Incluait-il des cas incertains comme Charles Hudon ou Matthew Peca dans ce groupe? Le DG n’a pas précisé sa pensée.

Voici où ça pourrait se jouer.

Montréal compte déjà 15 attaquants avec des contrats de la LNH dans ses rangs, 8 défenseurs et 2 gardiens pour un total de 25 patineurs. En partant, il y en a deux en surplus. Évidemment, les boulots de Hudon, Peca, Dale Weise et Karl Alzner, et dans une moindre mesure ceux de Nick Cousins et Nate Thompson, ne sont pas garantis.

Hudon tentera de prouver qu’il peut s’avérer utile comme joueur de profondeur. Sinon, il espérera ardemment être réclamé au ballottage.

Nick Suzuki perçoit certainement qu’il y a une occasion à l’aile droite, là où Bouchard l’a employé ces derniers jours. Pour le moment, Artturi Lehkonen ou Paul Byron devrait vraisemblablement commencer la saison parmi les six premiers attaquants.

L'Ontarien a parlé du tournoi des recrues comme un échauffement. On lui souhaite d'embrayer la seconde vitesse, car ses performances en ont laissé plus d'un sur leur appétit.

Nick Suzuki (no 9)

Nick Suzuki (no 9)

Photo : Canadien de Montréal

Suzuki est aussi un spécialiste de l’avantage numérique, ce qui ne peut pas nuire à sa candidature au sein de cette équipe, mais il devra être sensationnel au camp pour gagner un poste si haut placé dans l’organigramme. Le défi apparaît colossal.

Celui qui se dresse devant Poehling est plus à sa portée. L’imposant joueur de centre peut aussi évoluer à l’aile gauche et semble le plus à même de succéder à Victor Mete (2017) et à Kotkaniemi (2018) qui ont rejoint le CH à leur premier camp professionnel.

Poehling était même au tournoi de golf lundi, un insigne honneur rarement réservé à un joueur de sa trempe, fort d’un petit match dans la Ligue nationale (et trois buts, mais quand même).

Claude Julien se servira aussi des prochaines semaines pour identifier son quatrième trio, qu’il aime expérimenté, équilibré et constant dans sa forme. Nate Thompson et Jordan Weal partent avec une longueur d’avance et Weise, Hudon, Peca, Cousins et Poehling se battront pour les miettes. Deux d’entre eux devraient demeurer avec l’équipe comme 13e et 14e attaquant.

Où en est Noah Juulsen depuis sa blessure à l’œil? Voilà la grande question en défense. Bergevin a préféré ramener le vétéran Christian Folin comme police d’assurance. Soudainement, Juulsen joue gros à ce camp.

Surtout que le jeune Cale Fleury, de deux ans son cadet, progresse rapidement et a déjà une année complète dans la Ligue américaine sous la ceinture. Il pourrait lui souffler dans le cou.

Dans le cas de Josh Brook, il convient de tempérer les ardeurs. Le défenseur des Warriors de Moose Jaw s’est éparpillé pendant le tournoi des recrues et bénéficierait sûrement d’une année complète sous l’égide de Bouchard à Laval.

Mais, évidemment, les choses changent rapidement. Au même moment l’an dernier, plusieurs étaient prêts à renvoyer Kotkaniemi dans les ligues mineures finlandaises.

Alors, quand la musique s’arrêtera, qui sera toujours debout, penaud?

En rafale

Mardi, les recrues du CH ont vaincu 7-3 une équipe universitaire composée des meilleurs éléments de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), de McGill et de Concordia.

Joe Cox et Dylan Plouffe se sont distingués avec deux réussites chacun. Le premier aura sa chance au camp du Canadien, le second devrait retourner avec les Giants de Vancouver dans la Ligue junior de l’Ouest (WHL).

Pour sa part, Alexandre Alain a réussi un superbe filet d’un tir des poignets précis dans une descente à deux contre un. Alain s’est démarqué tout au long du tournoi des recrues, ce qui, en soi, n’est pas si surprenant pour un joueur de 22 ans, professionnel depuis un an. Dans la même situation, Jake Evans a fait pareil.

N’empêche, Joël Bouchard était heureux de la progression du Québécois pendant l’été.

« Je l’ai challengé sur son patin et je trouve qu’il s’est amélioré cet été. Nos joueurs du Rocket sont arrivés en extraordinaire condition. Ils ont fait leurs devoirs cet été. Ça ne fait pas d’eux des joueurs de la Ligue nationale pour autant », a-t-il prévenu.

À voir.

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