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L'entraîneur Patrice Bernier, plus à l'aise chaque jour à l'Impact

Il s'exprime devant les médias.

Patrice Bernier est entré en poste le 21 août dernier.

Photo : Radio-Canada

Olivier Tremblay

Lentement mais sûrement, Patrice Bernier s’habitue à ses nouvelles fonctions.

Il occupait déjà un poste d’entraîneur depuis son entrée à l’Académie de l’Impact de Montréal, en janvier 2018, quelque deux mois après sa retraite sportive. Mais l’équipe première, c’est autre chose.

Venu épauler le nouveau pilote Wilmer Cabrera après le congédiement de Rémi Garde, le 21 août dernier, Bernier a connu des premières journées « intenses », reconnaît-il. Il a fallu faire beaucoup en peu de temps. Ce personnel d’entraîneurs remodelé devait préparer un match à Toronto (perdu 2-1) en trois jours, à travers les démarches d’usage quand on commence un nouvel emploi.

« Maintenant, une routine s’est installée, souligne avec soulagement Bernier, rencontré après l’entraînement de mardi. Il faut aussi apprendre à connaître Wilmer, travailler avec lui et voir comment nous, comme personnel, on peut l’aider. »

Les choses ne sont pas roses, parce que ce n’est pas notre situation [au classement], mais on est certainement plus tranquille et serein dans l’approche et le travail à accomplir.

Patrice Bernier, entraîneur adjoint de l'Impact

Dans ces circonstances, dire que la transition de l’Académie à la première équipe s’est faite tout en douceur serait inexact. Mais Bernier arrive du moins à la gérer convenablement, et le fait qu’il soit en terrain connu au Centre Nutrilait et au stade Saputo ne nuit certes pas.

Cette familiarité avec le milieu professionnel, toutefois, peut lui jouer quelques tours. À 39 ans, Bernier sait encore ce que les joueurs dont il est aujourd’hui l’entraîneur adjoint vivent sur le terrain. Il peut le sentir dans tout son être.

« Quand j’étais joueur, je pouvais laisser tout ce que j’avais comme pensées, irritations ou frustrations sur le terrain, se souvient Bernier. Là, je n’ai aucun contrôle sur ce qui se passe sur le terrain, pendant 90 minutes. J’ai encore ces sentiments de joueur qui dit que moi, je n’aurais pas fait telle ou telle chose ainsi, mais ce n’est pas moi qui joue. Il faut déconnecter le joueur que j’étais et les joueurs qui jouent actuellement. »

Les joueurs, eux, ne se plaignent visiblement pas de cette proximité.

« Il n’a arrêté de jouer qu’il y a quelques années, alors il est vraiment proche de ses joueurs, souligne le milieu de terrain canadien Shamit Shome. Il nous aide, il nous conseille avec son expérience. Il comprend ce dont nous avons besoin. Il reste avec nous après l’entraînement pour des exercices qui nous aident à progresser dans notre carrière. Quand on ne joue pas, il prend le temps de nous dire que notre tour viendra. »

On espère jouer comme lui, agir comme lui, être professionnel comme lui.

Shamit Shome, milieu de terrain de l'Impact

Patrice Bernier sait exactement de quoi il parle. En 2014, sous le mal-aimé Frank Klopas, le favori de la foule devient enfin le capitaine de l’Impact de Montréal. Pourtant, il ne joue que 1 802 minutes cette année-là, soit moins de la moitié de la saison. Pire, en 2015, il passe l’essentiel de sa saison sur le banc et n’amorce que six matchs.

Mais en éliminatoires, Bernier joue les héros avec un but gagnant contre l’ennemi torontois, qui dispute la première partie éliminatoire de son histoire. Fin stratège, Bernier a raconté cette aventure aux joueurs pour illustrer combien les choses peuvent changer.

« Cette histoire nous a touchés, reconnaît Shome. On n’est peut-être pas toujours où on veut, mais ça viendra, et il faut être prêt. Il a beaucoup d’expérience. Ça nous aide énormément. »

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