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chronique

Les dirigeants du CH sont confiants, mais leur confiance a ses limites

Geoff Molson s'adresse aux médias lors du tournoi de golf du Canadien.

Geoff Molson

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Martin Leclerc

BILLET – On ne pourra jamais accuser la haute direction du Canadien de manquer de constance. Ni de confiance en l’avenir. Mais en ce qui concerne la saison 2019-2020, son niveau de conviction fait encore défaut.

En dressant le bilan de la saison 2018-2019 en avril dernier (une exclusion des séries malgré une intéressante récolte de 96 points), Marc Bergevin s’était montré très satisfait de la progression de sa jeune équipe. Et il avait révélé que lors de leurs rencontres individuelles, ses joueurs lui avaient sensiblement tous lancé le même message : « Ça ne fait que commencer ».

La voie était tracée.

Appuyons sur le bouton accélérer. Le DG du Canadien n’a à peu près pas touché à sa formation durant l’été et il n’a effectué aucun retrait à sa banque d’espoirs. Puis, lundi, le lancement du traditionnel tournoi de golf de l’organisation, à Laval-sur-le-Lac, s’est déroulé sous le thème de la croissance interne de l’équipe.

C’est toujours le fun de commencer une nouvelle saison. On recommence à zéro et, l’année passée, on a fait beaucoup de progrès. J’ai hâte de voir comment les joueurs vont bâtir là-dessus, a commenté le propriétaire Geoff Molson.

Après la saison qu’ils ont connue l’an dernier, les joueurs ont le goût de revenir en force et de connaître une progression. On s’attend à de bonnes choses.

Souhaitons à M. Molson d’être exaucé parce que, depuis cinq ans, son équipe l’a souvent déçu. Elle n’est jamais parvenue, comme il le souhaite, à construire sur les bases d’une saison positive.

En 2014-2015, le Canadien a engrangé 110 points au classement et terminé au premier rang de sa division. Cette saison de rêve a été suivie d’un effondrement de 28 points (82 points en 2015-2016). Puis, le CH est revenu avec fougue en 2016-2017 avec 103 points (+21 points), avant de toucher le fond du baril en bouclant la saison 2017-2018 au 28e rang de la LNH, avec seulement 71 points (-32 points).

Dans ces conditions, les 96 points de la saison dernière s’avéreront-ils un tremplin suffisamment solide pour propulser le CH vers le haut? Faites vos jeux!

***

Marc Bergevin partage l’enthousiasme de son patron. Le DG de l’équipe a répété à maintes reprises à quel point l’avenir, immédiat et à moyen terme, du Canadien lui apparaît radieux.

Et à en juger par ses propos, dans toute l’histoire du CH, les espoirs de l’organisation n’ont probablement jamais joui d’un préjugé aussi favorable au début d’un camp. Ryan Poehling et Nick Suzuki ne se feront pas mettre beaucoup de bâtons dans les roues durant le calendrier préparatoire.

J’aime le groupe qu’on a. Le camp d’entraînement va être important. Il y aura de la compétition à l’interne et il y a beaucoup de jeunes qui poussent. J’aimerais voir des jeunes se tailler une place dès le début de la saison. Les trois prochaines semaines seront très intéressantes pour l’organisation, insiste Bergevin, qui entame sa huitième saison aux commandes du CH.

Marc Bergevin devant les médias

Marc Bergevin

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Quant à Claude Julien, qui pourrait pour la première fois de sa carrière vivre trois exclusions d'affilée des séries, il ne voit que du positif dans le groupe de joueurs qu’il s’apprête à diriger.

Je ne vois pas de pression négative. Je vois un groupe d’entraîneurs enthousiastes à l’idée d’entreprendre la saison. Et les joueurs aussi parce qu’on voit le potentiel d’amélioration que nous avons. Tout est positif pour nous. On a hâte de commencer!, plaide l’entraîneur.

***

Mais d’où proviendra cette croissance interne tant espérée?

Dans son bilan statistique du dernier calendrier, la LNH avait souligné que 20 % des joueurs de la ligue (178) avaient égalé ou surpassé la meilleure production de points de leur carrière. Chez le Canadien, ce sont 50 % des patineurs qui ont connu leur meilleure saison offensive. Répéter un tel scénario ne sera pas facile.

Dans l’ensemble, je ne vois pas cela comme un problème [les sommets atteints par plusieurs joueurs la saison dernière]. Nous avons une équipe relativement jeune. J’ai confiance que les joueurs qui ont connu une très bonne saison vont continuer et que ceux qui poussent, comme Jesperi Kotkaniemi, vont s’améliorer. Nous avons aussi des joueurs comme Artturi Lehkonen et Joel Armia qui vont en donner encore plus, calcule Marc Bergevin.

Claude Julien n’hésite pas une seconde à identifier l’aspect du jeu sur lequel il espère voir son équipe s’améliorer. La saison dernière, le CH n’a inscrit que 31 buts en supériorité numérique, un résultat qui vient au quatrième rang des pires performances pour une unité spéciale depuis que la LNH a commencé à compiler cette statistique, en 1977!

On veut faire mieux que l’an passé en avantage numérique. La saison dernière, nous avons noté une amélioration de cette unité dans le dernier mois du calendrier. Les joueurs ont commencé à faire de meilleurs choix de jeux. Nous espérons être capables de continuer dans cette voie et de voir notre unité d’avantage numérique se hisser parmi les 15 meilleures de la ligue, affirme l'entraîneur-chef du CH.

Il n’y a aucune raison de croire que nous ne pouvons nous améliorer parce que nous sommes jeunes. L’expérience vaut beaucoup dans une saison de hockey. C’est ce qu’on attend de notre équipe, ajoute Julien.

Tournoi de golf du Canadien de Montréal. Photo prise au club de golf Laval-sur-le-Lac à Montréal, Québec, Canada. Sur la photo : Claude Julien et Marc Bergevin.

Claude Julien discute avec Marc Bergevin au tournoi de golf annuel du Canadien.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

En fin de parcours lors de la dernière saison, l’avantage numérique du CH a inscrit 6 buts à ses 14 derniers matchs. Le premier groupe de hockeyeurs sur la patinoire était le plus souvent composé de Shea Weber, Phillip Danault, Joel Armia, Jordan Weal et Jonathan Drouin.

Julien dit avoir l’intention de miser sur les joueurs qui ont fait progresser cette unité la saison dernière.

***

Toute cette belle confiance a toutefois ses limites, faut-il croire.

Malgré ce bel enthousiasme et les nombreuses possibilités de croissance interne qu’ils perçoivent, les dirigeants du CH restent incapables d’affirmer qu’ils s’attendent à ce que leur club participe aux séries.

Je croise beaucoup de partisans et je dirais que le sentiment qui les anime, c’est qu’ils ont très hâte de voir jouer les jeunes. Aussi, nous n’avons pas participé aux séries lors de trois des quatre dernières années. Les partisans veulent qu’on soit en séries et j’espère qu’on va réussir, répond Geoff Molson.

Le but consiste à faire les séries. Mais, en ce moment, comme tous les ans avec la parité dans la LNH, il y a une douzaine d’équipes qui vont se battre pour se qualifier. On fait partie de ce groupe. Avec ce qu’on a appris l’an passé, il ne nous manquait que 2 ou 3 points pour faire les séries, avec la motivation et l’engagement de nos joueurs, je crois qu’on s’en va vraiment dans la bonne direction. L’avenir du Canadien, pas juste pour l’année qui vient, mais aussi pour les suivantes, est vraiment bon, indique pour sa part le directeur général.

Comme le disait avec à propos un grand politicien québécois : « Le problème avec l’avenir, c’est que ça peut être très long ».

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