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chronique

La souveraine confiance de Khari Jones

Khari Jones sourit devant le groupe de journalistes

Khari Jones

Photo : Radio-Canada / Étienne Bruyère

Jean St-Onge

Après avoir passé quelques saisons à inventer de nouvelles façons de perdre, les Alouettes semblent maintenant trouver toutes sortes de façons de gagner. Et ils le doivent certainement un peu à leur nouveau patron Khari Jones.

Le prénom Khari viendrait du swahili et veut dire « à la manière d’un roi ».

On peut dire que le nouvel entraîneur-chef des Alouettes a souverainement transformé l’atmosphère au sein de l’équipe.

Jones a hérité du poste à quelques jours du premier match de la saison. Malgré l’ampleur de la tâche, il a immédiatement semblé en contrôle et sa confiance est rapidement devenue contagieuse.

Mais être confiant ne veut pas dire qu’on porte des œillères.

Au cours des dernières années, les défaites s’accumulaient et personne ne tirait la sonnette d’alarme. On avait toujours l’impression que le sentiment d’urgence n’existait pas.

Cette année, les Alouettes gagnent les matchs serrés et Khari Jones semble toujours trouver les bons mots pour féliciter ses hommes, tout en leur rappelant qu’il reste beaucoup de travail à faire.

Vous avez sûrement déjà entendu les détracteurs du football canadien dire qu’ils n’aiment pas le football à trois essais, parce qu’il y a trop de bottés de dégagement: « Deux essais et ils bottent, deux essais et ils bottent, deux essais et ils bottent… ».

Mais ce sont les Alouettes qui le font le moins souvent dans la Ligue canadienne. À peine quatre fois par match, ils ne font que deux jeux avant de dégager, et encore plus rarement depuis que Vernon Adams fils a pris les commandes de l’attaque.

Généralement, les Moineaux gagnent un premier essai ou deux avant de remettre le ballon à l’adversaire.

Mais pas vendredi dernier.

Lors de la victoire contre les Lions de la Colombie-Britannique, les Alouettes sont parvenues à PERDRE trois verges dans tout le troisième quart.

Trois séries en attaque, neuf jeux, dont trois bottés de dégagement.

Dans son discours d’après-match, c’est la première situation de match que Khari Jones a évoquée.

« Comment avez-vous trouvé le long troisième quart?, a-t-il demandé. La défense l’a probablement trouvé trop long et l’attaque trop court. »

Mais, immédiatement après avoir soulevé l’élément le plus négatif du match, il ramène tout le monde vers le positif de la victoire: « Nous sommes restés unis. Nous nous sommes accrochés ».

Il rend ensuite hommage à la défense en soulignant les gros jeux de l’attaque qui ont réussi à mener l’équipe à la victoire.

Le discours d’après-match de vendredi résume bien le travail de Khari Jones depuis le début de la saison.

Comme un bon père de famille (ou un gentil grand frère), l'entraîneur-chef encourage et donne confiance à ses joueurs. Mais il ne ferme pas les yeux sur leurs lacunes.

Le coordonnateur à l’attaque Khari Jones profite aussi de la présence de l’entraîneur-chef Khari Jones. Il n'a plus besoin de convaincre personne que son plan de match est le bon.

Si l’an dernier, l’attaque semblait souvent hésitante, celle de cette année a l’air de savoir où elle veut aller.

Vendredi, quand c’était encore 0-0, les Alouettes ont concrétisé un troisième essai avec plus de deux verges à gagner. Ça a mené au premier touché du match, deux jeux plus tard.

Puis, en fin de partie, les Alouettes ont encore tenté leur chance sur un troisième essai, sans succès.

Pas de problème, la défense a tenu le coup et les Alouettes ont gagné.

Une royale victoire, dirait-on en swahili.

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