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Le bassin d'espoirs du CH en progression, Harvey-Pinard se démarque

Il attend une passe.

L'espoir du Canadien Raphaël Harvey-Pinard (77) contre ceux des Sénateurs d'Ottawa.

Photo : Canadien de Montréal/Twitter

Alexandre Gascon

BELLEVILLE - Le Canadien a entamé le tournoi des recrues à Belleville avec une défaite de 4-2 contre les Sénateurs dans un match au cours duquel l’entraîneur Joël Bouchard retient surtout la nette progression du bassin d’espoirs du Tricolore.

Cinq ou six joueurs de la formation ottavienne entretiennent de réelles aspirations de jouer dans la Ligue nationale dès cet automne. Certains, comme Drake Batherson et Alex Formenton par exemple, se sont déjà établis comme des piliers offensifs dans la Ligue américaine.

Au total, la bande de jeunes Sénateurs comptait 52 matchs d’expérience dans la grande ligue, contre un seul pour le Canadien, celui disputé par Ryan Poehling à la toute fin de la saison dernière.

Ottawa avait pulvérisé les recrues des Jets de Winnipeg, toutes aussi ingénues que celles du CH, 8-1 vendredi soir. Dans ce contexte défavorable, la troupe de Joël Bouchard s’est plutôt bien tirée d’affaire.

Montréal a dominé 36-24 aux tirs au but et a multiplié les occasions de marquer. L’équipe est demeurée dans le coup jusqu’au troisième but de la rencontre de Vitaly Abramov à 8 minutes de la fin de la rencontre.

Voici ce qui a retenu notre attention dans ce premier duel de l’année de l’organisation montréalaise.

Amélioration probante

« Si on se compare à l’année passée, c’est le jour et la nuit », a lancé dès sa première réponse l’entraîneur du Rocket.

Bouchard s’est montré satisfait de l’effort de ses hommes et de la qualité de jeu qu’ils ont offert.

Un enthousiasme entoure constamment les discussions lorsqu’il est question de la relève chez le Canadien depuis quelques mois. Sans faire la nomenclature des récents exploits individuels, les raisons de sourire sont effectivement bien plus nombreuses que par le passé.

Le bassin des Sénateurs est encore plus rempli, et pourtant, le trio composé d’Alex Formenton, Logan Brown et Drake Batherson, trois joueurs que l’on pourrait retrouver à Ottawa cette année, a été surclassé par le premier trio du CH.

Ryan Poehling a agi en meneur d’hommes, Nick Suzuki a démontré son intelligence, Rafaël Harvey-Pinard a été combatif et les joueurs professionnels comme Cale Fleury, Jake Evans et Alexandre Alain ont calmé le jeu.

La progression de ce groupe sautait aux yeux.

« Si tu enlèves les 10 premières minutes où les gars étaient un peu nerveux, un peu angoissés, et les 10 dernières minutes où on a fait quelques erreurs qui nous ont fait mal, les 40 minutes dans le milieu du match ont été très bonnes », a analysé Bouchard.

L’entraîneur a regretté ne pas avoir davantage de temps à sa disposition pour professer ses enseignements. Les recrues tiennent deux entraînements avant d’amorcer le tournoi.

« Rob Ramage (directeur du développement des joueurs, NDLR) a amené un bon point par contre, a-t-il poursuivi. Si on s’entraînait plus, on ne verrait pas leur instinct. C’est vrai. Comment arrivent-ils à être à l’aise dans une situation inconfortable. C’était la même chose quand je dirigeais au Championnat du monde junior. On voyait rapidement ceux qui étaient confortables et ceux pour qui c’était plus difficile. »

Saisir l’occasion

Cela fait deux jours que Bouchard insiste sur l’importance pour les jeunes de profiter de cette chance qui leur est offerte.

Rafaël Harvey-Pinard a bien compris le message.

« Vous m’avez demandé ce matin pourquoi il jouait avec Nick Suzuki et Ryan Poehling. C’est un joueur de hockey. Il comprend très vite, il joue vite entre les deux oreilles. Il a été très bon ce soir. Il est capable de faire des jeux, de lire le jeu d’avance. Il n’était pas intimidé pantoute de jouer avec ces deux gars-là », a estimé l’ancien défenseur.

Après quelques présences à chercher un peu de cohésion avec ses compagnons de trio, Harvey-Pinard est parvenu à trouver la bonne fréquence et s’est avéré une menace constante auteur du filet de Joey Daccord.

Il a inscrit le premier but de l’équipe en acceptant une passe à l’embouchure du filet et en fonçant tête baissée dans l’enclave avant de déjouer le gardien du revers.

Le Saguenéen a également terminé la soirée avec cinq tirs au but, un sommet, et une fiche de +1 en dépit du fait qu’il affrontait constamment Batherson, Brown et Formenton.

« En général, je suis satisfait de ce que j’ai donné, a estimé Harvey-Pinard. J’ai respecté mon identité. J’ai travaillé fort et j’ai amené des rondelles au filet en restant devant le gardien. »

En voilà un qui pourrait forcer la main de l’organisation à l’envoyer dans la Ligue américaine plutôt que de le retourner avec les Saguenéens de Chicoutimi où il a été échangé après avoir remporté la Coupe Memorial au mois de mai avec les Huskies.

Les couleurs de Ryan Poehling

Un homme parmi des enfants. Vous avez lu l’analogie sur Twitter. Vous l’avez entendu à la radio. Si vous avez regardé le match, vous l’avez pensé.

C’est l’image qui reste en tête à regarder Ryan Poehling faire étalage de son talent contre les recrues.

Pourtant, rappelons-le, l’Américain de 20 ans vit son tour premier camp des recrues. Son expérience professionnelle se limitait à un match de la LNH sans signification et trois camps de développement en plein été.

Poehling a dirigé le trafic au centre d’un trio joliment efficace. Il a déstabilisé la défense adverse avec des passes transversales en avantage numérique et aurait probablement récolté quelques points si Liam Hawel, qui jouait avec lui en supériorité, possédait un instinct de marqueur un brin plus développé.

Il sera vraiment intéressant de le voir jouer régulièrement avec des joueurs de la LNH à son premier camp professionnel dans quelques jours.

« C’est de l’inconnu pour lui. Il a joué un match dans la Ligue nationale, mais il n’a pas joué [au niveau] professionnel. Il n’est jamais venu au camp des recrues et quand il venait au camp de développement, c’était pendant ses examens », a rappelé Bouchard.

Le joueur de centre a semblé se blesser légèrement en fin de deuxième engagement et a été muté à l’aile gauche en troisième période, lui évitant de se charger des mises au jeu qui semblaient l’incommoder.

Bouchard et le principal intéressé ont minimisé l’incident toutefois.

La différence

Souvenez-vous, dans votre jeunesse, l’importance qu’avait une année supplémentaire. Passer de 15 à 16 ans vous propulsait dans un autre monde et que dire du 18e anniversaire.

Pour de jeunes joueurs, une année de développement supplémentaire au hockey fait parfois une différence énorme.

Cale Fleury, Alexandre Alain et Jake Evans ont tous une année d’expérience dans la Ligue américaine. Lorsqu’ils étaient sur la glace, le jeu se déroulait à leur rythme, tandis que la plupart des joueurs juniors couraient après leur souffle, cherchaient leurs repères, tentaient de se démarquer, mais se faisaient souvent prendre hors position, leurs plans contrecarrés.

Gianni Fairbrother, Cam Hillis, Cole Fonstad et Allan McShane ont peiné pendant la rencontre. Après tout,  ils n’ont que 19 ans.

La progression d’Otto Leskinen sera intéressante à surveiller. Le Finlandais a avoué qu’il n’avait que cinq ou six matchs d’expérience sur une glace de dimension nord-américaine et pourrait s’adapter rapidement à sa nouvelle réalité. Dans ce contexte, son jeu épuré a plutôt bien paru.

Le Canadien affrontera les Jets dimanche soir à 19h.

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