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chronique

Bianca Andreescu, l'un des plus grands moments de notre histoire sportive

Elle est couchée de tout son long, sur le dos, sur le court.

Bianca Andreescu se jette au sol après sa victoire contre Serena Williams.

Photo : Getty Images / JOHANNES EISELE

Martin Leclerc

BILLET - Mike Weir au Masters. Le but en or de Sidney Crosby. Jacques Villeneuve à Jerez. Nancy Green à Grenoble. Marie-Philip Poulin à Sotchi. Penny Oleksiak à Rio. Paul Henderson lors de la Série du siècle. Le circuit décisif de Joe Carter en série mondiale. Et maintenant, Bianca Andreescu, championne des Internationaux des États-Unis!

Le monde du sport produit à l’occasion des moments magiques qui s’imprègnent dans l’imaginaire collectif d’un pays. 

On pourrait en débattre durant des heures et des heures, mais l’exploit qu’a réussi Bianca Andreescu samedi après-midi à Flushing Meadows est peut-être le plus grand de toute l’histoire du sport canadien.

Du haut de ses 19 ans, Andreescu s’est présentée sur la plus grande scène tennistique de la planète, devant une foule hostile, pour faire face à Serena Williams, qui est une véritable légende de son sport. C’était David contre Goliath, sauf que Goliath ne comptait probablement pas sur 24 000 partisans philistins pour intimider le jeune berger qui lui faisait face. Et Goliath n’était probablement pas à un cheveu d’égaler la marque de plus grand combattant de tous les temps. 

Andreescu contre Williams. C’était comme si un golfeur canadien, à sa saison recrue, s’était retrouvé comeneur avec Tiger Woods par un beau dimanche après-midi à Augusta. Allô pression! 

Tout le monde aurait compris si Andreescu avait perdu cette grande finale. Et elle aurait tout de même été accueillie en véritable héroïne à son retour au pays.

***

L’ex-joueur de tennis Brad Gilbert, maintenant devenu analyste, est un véritable sorcier. Avant le début des Internationaux des États-Unis, il avait prédit le triomphe d’Andreescu en insistant sur le fait qu’elle possède le meilleur coup droit du circuit féminin. Et vendredi, 24 heures avant l’affrontement final, il avait renchéri en prédisant que la Canadienne allait l’emporter en deux manches.  

Incroyablement (pour tout le monde, sauf Gilbert), Andreescu a presque triomphé facilement. 

Elle a fait taire la foule dès le premier jeu du match en brisant le service de Williams. La superstar américaine, qui avait pourtant bulldozé toutes ses rivales depuis le début du tournoi, a été incommodée dès le départ par la puissance d’Andreescu. Par moments, Williams a tout simplement paru décontenancée, à court de solutions.

Au cours des deux dernières semaines, toutes les adversaires d’Andreescu se sont effondrées face à ses insolubles et puissantes attaques.  

Si Williams (qui en était à sa 33e finale en tournois du grand chelem) n’avait pas puisé au fond de ses ressources pour s’accrocher au second set, elle aurait encaissé un gênant et expéditif revers de 6-3, 6-1.

Brisée deux fois de suite après avoir détenu une avance de 5-1 et après avoir laissé un point de championnat lui glisser entre les doigts, Andreescu a gardé son calme. Et alors que la foule new-yorkaise avait retrouvé l’espoir et son enthousiasme, la jeune Canadienne a scellé l’issue du match en brisant une fois de plus le service de Williams.

***

Le printemps dernier, les Torontois (et les Canadiens d’un océan à l’autre) ont vécu au rythme des Raptors et de leur impressionnante et historique conquête du titre de la NBA. N’empêche. Si Andreescu n’obtient pas le titre d’athlète canadienne de l’année dans quelques mois, il s’agira d’un véritable vol.

Andreescu est non seulement devenue la première athlète canadienne à remporter le titre d’un tournoi du grand chelem, elle vient de signer l’une des plus impressionnantes saisons recrues de l’histoire de son sport.

Classée au 152e rang mondial en janvier dernier, la voilà désormais au 5e échelon. Chemin faisant, les huit membres du top 10 mondial qui l’ont affrontée ont toutes baissé pavillon. C’est phénoménal. Encore plus impressionnant : cette fulgurante ascension est arrivée même si une blessure à l'épaule a contraint Andreescu à l’inactivité durant plusieurs mois. 

Très peu d’athlètes peuvent se targuer d’avoir orchestré l’un des plus grands moments de l’histoire du sport canadien. En début de carrière, Andreescu se trouve dans la position unique de pouvoir nous en faire vivre plusieurs autres. 

Quelle athlète! Et surtout, quel panache! 

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