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Quand le golf canadien s'inspire du tennis

Annie St-Georges et Duc Dao

Photo : Radio-Canada / Éric Santerre

Jean-François Poirier

Céleste Dao se permet de rêver. La golfeuse de 18 ans est l'un des joyaux du nouveau programme de Golf Canada qui, il y a deux ans, a créé son propre centre national d'entraînement, à Victoria, en Colombie-Britannique, afin de favoriser le développement des joueurs juniors qui aspirent à une carrière professionnelle.

« J'adore voir les matchs de Félix et Bianca parce qu'ils sont tellement inspirants, lance Dao. Ils sont capables de soulever la foule. J'espère pouvoir faire comme eux au golf. »

Cette formule de centre permanent, où l'élite se regroupe pour mieux s'épanouir, a bien servi le tennis canadien. L'impressionnante émergence de joueurs aussi jeunes que Félix Auger-Aliassime et Bianca Andreescu, qui n'ont pas encore 20 ans et qui sont issus de ce modèle de formation, n'est pas le fruit du hasard.

Si Tennis Canada a visé juste en investissant dans sa relève, Golf Canada aimerait bien pouvoir l'imiter avec la sienne.

« C'est certain que nous avons été influencés par d'autres sports, admet le président de Golf Canada, Charlie Beaulieu. On est allé voir les meilleures méthodes d'entraînement pour développer une formule gagnante. »

L'ajout du golf au programme olympique à Rio en 2016 a aussi été l'un des facteurs qui a mené à la création de cette nouvelle structure d'enseignement.

Sport Canada soutient de plus en plus les sports olympiques. On a été en mesure de créer le centre d'entraînement avec cet appui financier et celui de notre Fondation. Les jeunes en tirent des bénéfices parce qu'ils ont un support constant. Leur progression est plus rapide.

Charlie Beaulieu, président de Golf Canada

Cette réflexion a donc été à l'origine de ce changement de structure. Le programme consiste à réunir les 10 meilleurs joueurs de 14 à 18 ans au pays (5 filles et 5 garçons) dans un lieu propice à leur épanouissement.

Nos jeunes joueurs s'entraînent au Bear Mountain Resort entre janvier et juin. C'est un site magnifique. Ils vont à l'école le matin et ils sont sur le terrain en après-midi. Familles d'accueil, entraîneurs, spécialistes, tout est à leur disposition pendant environ 150 jours d'affilée. On passe plus de temps avec eux. C'était notre objectif.

Matt Wilson, entraîneur de l'équipe junior féminine canadienne

Ce séjour à Victoria, entourée d'experts, Céleste Dao vient à peine d'y mettre fin. Elle a fait partie de la première cuvée de golfeuses recrutées par Matt Wilson.

« Le programme canadien est sur la bonne voie. J'ai pu en profiter pendant deux ans. Il fallait être organisée, avoir de bonnes notes à l'école et des bons résultats sur le terrain. Ce programme va bientôt produire de bons joueurs que nous verrons à la télé. C'est un travail d'équipe. »

Les Québécoises Anne-Catherine Tanguay, Céleste Dao, Maude-Aimée Leblanc, Brigitte Thibault et Valérie Tanguay ont participé à l'Omnium canadien en 2019.

Les Québécoises Anne-Catherine Tanguay, Céleste Dao, Maude-Aimée Leblanc, Brigitte Thibault et Valérie Tanguay ont participé à l'Omnium canadien en 2019.

Photo :  Radio-Canada / Jean-Francois Poirier

Le travail acharné de la jeune fille de Notre-Dame-de-l'Île-Perrot a rapporté. De nombreuses universités américaines ont voulu l'attirer sur leur campus pour qu'elle fasse sa marque sur les parcours de la NCAA au sein de leur équipe de golf. Le choix de Céleste, formée au Québec sur les allées du club Summerlea, s'est arrêté sur l'Université Georgia. Le circuit universitaire américain est le tremplin vers les rangs professionnels.

« Mon nouvel entraîneur à l'université me fait penser à Matt Wilson. Je pense que ma vie au collège va ressembler à ce que j'ai vécu au centre d'entraînement, à Victoria. Je vais frapper des balles six jours sur sept. On est bien encadré et on ne manque de rien. »

Duc Dao, qui enseigne le golf à sa fille, n'a jamais voulu que Céleste brûle les étapes. Mais il a exigé de la discipline.

Le golf, c'est un mode de vie. Elle s'y est habituée tranquillement depuis le secondaire. On est bien fier qu'elle soit autonome. Elle a été admise dans une université de renom reconnue pour développer des joueuses professionnelles. L'objectif est d'aller à l'école, d'avoir un plan B et de s'améliorer au golf pour rivaliser avec les meilleures au monde. Maintenant, on peut le dire. Auparavant, on ne voulait pas lui imposer cette pression supplémentaire.

Duc Dao, père de Céleste

Duc Dao se souvient de sa première rencontre avec Matt Wilson. Il a fallu que l'entraîneur torontois soit convaincant pour qu'il lui confie sa fille.

« Il est venu me voir et nous avons discuté durant une ronde de golf. Il tenait à elle. Je voulais qu'il respecte notre méthode. Matt m'a inspiré confiance. »

« Le programme canadien est une excellente formule. Grâce au financement de Golf Canada, Céleste a pu voyager à travers le monde et se mesurer aux meilleures joueuses de son âge. Elle a découvert de nouveaux climats, du gazon et du sable différents. C'est ça le plus important. Les Américaines envient les Canadiennes parce qu'elles n'ont pas un centre national comme le nôtre. »

Brooke Henderson est de loin la meilleure joueuse canadienne. L'Ontarienne de 21 ans fait même partie du top 5 mondial. Alena Sharp, Anne-Catherine Tanguay et Brittany Marchand sont les autres représentantes de l'unifolié dans le circuit de la LPGA.

Jusqu'à présent, l'expérience de Céleste Dao se résume à quatre tournois. Elle a réussi l'exploit de se qualifier à deux occasions pour l'Omnium des États-Unis. Golf Canada l'a aussi invitée en 2018 et 2019 à participer à l'Omnium canadien. Chaque fois, son pointage ne lui a pas permis d'accéder aux rondes finales, mais ces expériences l'ont beaucoup aidée à mesurer son niveau de jeu.

J'ai fait beaucoup progrès depuis deux ans. Il ne me manque pas grand-chose. Je ferai le saut quand je serai prête.

Céleste Dao

C'est donc avec les Bulldogs l'Université Georgia qu'elle essaiera de trouver ce petit quelque chose qui fait toute la différence...

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