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Laurent Duvernay-Tardif d'attaque pour la nouvelle saison des Chiefs

Gros plan d'un joueur qui porte un casque de football rouge.

Laurent Duvernay-Tardif

Photo : The Associated Press / Reed Hoffmann

Jean-François Chabot

Laurent Duvernay-Tardif entreprend ce week-end sa sixième saison dans la NFL. Les Chiefs aspirent encore aux grands honneurs avec Patrick Mahomes, quart vedette qu'il doit protéger. Le Québécois a parlé à Radio-Canada Sports des défis de l'équipe, du camp qu'il vient de terminer et de l'arrivée d'une autre francophone à Kansas City.

À quelques jours de son premier match cette saison, contre les Jaguars dimanche à Jacksonville, le joueur de ligne offensive québécois se sent d’attaque.

Les camps des équipes de la NFL sont intenses. Personne n’y échappe. Et pour « LDT », celui qui vient de prendre fin n’a pas fait exception.

Le camp d’entraînement est un mal nécessaire parce que tu dois passer à travers des moments de chaleur intense, des séances de trois heures et demie pendant lesquelles tu effectues plus de 100 jeux. Ça permet de relativiser les difficultés de la saison.

Laurent Duvernay-Tardif

Si le camp représente pour lui une épreuve physique et mentale, Laurent Duvernay-Tardif reconnaît ressentir une certaine satisfaction de s’y être soumis quand arrivent les matchs de novembre et décembre.

Au-delà des efforts que cela exige, la défaite reste encore ce que le gaillard trouve le plus difficile.

« Honnêtement, le plus difficile, c’est de perdre un match le dimanche, raconte-t-il. C’est pour ça que tu trouves l’énergie pour finir les grosses pratiques du camp d’entraînement. C’est pour ça que tu révises ton livre de jeux ou que tu analyses des vidéos, un lundi, durant ta journée de congé. »

Des attentes prudentes

Les Chiefs ont remporté en 2018 le titre de leur division pour une troisième année de suite et ont perdu en finale de l'Américaine contre les champions du Super Bowl, les Patriots de la Nouvelle-Angleterre.

Ils font partie des favoris pour remporter les grands honneurs cette saison, mais Laurent Duvernay-Tardif reste prudent et ne se projette pas trop loin.

On doit s’attendre de gagner le match en fin de semaine, gagner le match de la fin de semaine prochaine, et de continuer comme ça durant 17 semaines jusqu’aux éliminatoires. Il y a beaucoup d’attentes envers les Chiefs cette année, beaucoup de pression. Mais on doit aborder la saison une semaine à la fois. Chacun des 16 matchs compte.

Laurent Duvernay-Tardif

L'athlète de 28 ans estime que, pour connaître du succès, le plus grand défi de la brigade offensive sera de ne pas répéter la même recette qu’en 2018.

« La NFL est une ligue qui évolue constamment, explique-t-il. Les stratégies se raffinent. Les autres équipes étudient les vidéos de nos matchs. Il est donc important d’arriver avec de nouveaux jeux, une nouvelle version des Chiefs, tout en continuant de faire ce qu’on faisait de bien. »

Laurent Duvernay-Tardif

Laurent Duvernay-Tardif

Photo : Kansas City Chiefs/Steve Sanders

Son rôle reste de protéger le joyau de l’équipe, le quart Patrick Mahomes, joueur par excellence de la NFL en 2018.

« Nous devons lui offrir une pochette ferme dans laquelle il pourra faire ses lectures du jeu. On l’a vu réussir des jeux spectaculaires en sortant de la pochette, mais il a aussi été, statistiquement, le quart le plus performant de l’histoire quand on lui a donné le temps d’effectuer ses lectures et ses passes », rappelle le joueur québécois.

Une intersaison plus simple

Étant déjà médecin diplômé de l’Université McGill, Laurent Duvernay-Tardif n’a pas eu à passer des heures en résidence pendant l'intersaison.

Cela lui a permis de se concentrer sur l’entraînement et sur sa guérison complète à la suite de la blessure et de la chirurgie qui l’ont tenu à l’écart du jeu durant la majeure partie de la saison 2018.

Ç'a été plus facile pour lui de gérer ses horaires en gymnase, ses périodes de repos et son alimentation.

À cet égard, il comprend ce à quoi Mathieu Betts a dû se soumettre dans sa tentative infructueuse de se tailler une place avec les Bears de Chicago.

Aussitôt sa saison terminée avec le Rouge et Or de l’Université Laval, Betts avait dû reprendre l’entraînement pour être au mieux de sa forme devant les recruteurs et lors des matchs auxquels prennent part les futures recrues.

« Là encore, c’est un mal nécessaire, indique Duvernay-Tardif. Tu dois te soucier de tes performances à chaque étape de ce long processus qui comprend les tests physiques, le camp du printemps, et l'apprentissage du livre de jeux. Non seulement tu dois performer sur le terrain, mais tu fais face à des heures supplémentaires en classe pour assimiler le livre de jeux. »

Heureux de l’arrivée de Ryan Hunter

Laurent Duvernay-Tardif n’est à présent ni le seul Canadien ni le seul à s’exprimer en français au sein de la ligne à l’attaque des Chiefs.

L’arrivée du Franco-Ontarien Ryan Hunter parmi les 53 réguliers des Chiefs le réjouit.

L’an dernier, Hunter a signé un contrat à titre de joueur autonome non repêché. Issu des rangs de l’Université Bowling Green, il occupera le poste de garde à gauche. Il peut aussi jouer à la position de centre.

Ryan et moi, ça a cliqué dès son arrivée à Kansas City l’année dernière. Il a même habité chez moi pendant quelques semaines après le camp d’entraînement de 2018. On est vraiment proches l’un de l’autre. Ça fait du bien pas seulement pour la langue – on parle souvent ensemble en anglais quand on est entourés de coéquipiers – mais aussi pour la mentalité, la philosophie de vie.

Laurent Duvernay-Tardif
Ryan Hunter (à gauche) a trimé dur au camp pour mériter sa place avec les Chiefs de Kansas City

Ryan Hunter (à gauche)

Photo : The Associated Press / Charlie Riedel

Il faut savoir que Ryan Hunter accorde beaucoup d’importance au fait d’être francophone.

Il se présente comme un Canadien français aux États-Unis. Il a toujours fréquenté les écoles francophones en Ontario et ses parents sont propriétaires d’un chalet sur les bords du lac Témiscamingue, au Québec.

S’il admet ressentir un peu plus de pression en raison de sa nouvelle notoriété en tant que joueur de la NFL, Hunter dit se sentir prêt à sauter dans la mêlée.

Duvernay-Tardif le considère déjà comme un vrai professionnel. Le fait que tous deux partagent les services de l’agent Sasha Ghavami contribue aussi au rapprochement entre les deux joueurs.

D’ailleurs, « LDT » ne se gêne pas pour vanter les mérites de celui qui est avant tout son meilleur ami.

Pour lui, il n’y a pas de doute que si les portes de la NFL s’ouvrent de plus en plus pour les joueurs canadiens, c’est en grande partie grâce au travail de Ghavami et au respect qu’il a su mériter de la part de nombreux propriétaires et directeurs généraux.

Sasha Ghavami représente cinq joueurs dans la NFL et près d’une vingtaine au sein de la Ligue canadienne (LCF).

(Avec les informations de Meeker Guerrier)

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