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chronique

Repêchage amateur : la traversée du désert du Canadien s’étire

Trevor Timmins, Jesperi Kotkaniemi et Marc Bergevin.

Jesperi Kotkaniemi (au centre), choix de 1er tour du Canadien en 2018, aux côtés de Trevor Timmins et Marc Bergevin

Photo : Canadien de Montréal / Twitter

Martin Leclerc

BILLET - Un grand nombre d’observateurs vantent la banque d’espoirs du Canadien et prédisent à l’organisation un avenir florissant. Avec raison. Notre classement annuel des équipes de recrutement de la LNH démontre toutefois que le CH n’a pas réussi à mettre fin à sa traversée du désert la saison dernière.

Pour la période qui couvre les années de repêchage de 2011 à 2018, les chercheurs de talent du Canadien se classent effectivement au 20e rang en ce qui a trait au nombre de matchs disputés dans la LNH par les espoirs sélectionnés au repêchage.

La traversée du désert du CH a commencé en 2008, au moment où le département de recrutement amateur montréalais s’est soudainement mis à afficher des performances en deçà de l’ensemble du marché.

Dans notre classement pour la période 2008 à 2015, l’équipe de recrutement amateur montréalaise occupait le 29e rang. Pour la période de 2009 à 2016, les hommes de hockey du Tricolore se trouvaient au 26e rang. Le CH apparaissait au 20e rang dans notre classement de l’an dernier (2010 à 2017). Et malgré l’addition instantanée de Jesperi Kotkaniemi à la formation la saison dernière, le CH est resté au 20e rang au classement cette année.

En moyenne, les équipes de la LNH ont vu leurs choix de repêchage (2011-2018) disputer 2390 rencontres la saison dernière. Ceux du CH en ont joué 2090, soit un écart négatif de 12,56 % par rapport à l’ensemble de la ligue.

À souligner que le département du Canadien se situe au 20e rang malgré le fait que l’équipe a détenu en moyenne le 16,7e rang au repêchage au premier tour lors de ces huit séances de sélection. À titre comparatif, le Lightning de Tampa Bay (2e rang) a vu ses choix de repêchage disputer 3228 matchs même si ses recruteurs sélectionnaient en moyenne au 21,5e échelon.

En dépit de rangs de sélection défavorables, les recruteurs du Lightning ont donc battu ceux du CH par une marge de 54,45 %. C’est énorme.

Encore une fois dans ce classement, les recruteurs des Capitals de Washington ont été les plus malmenés par leurs directeurs généraux. En moyenne depuis 2011, leur première sélection au repêchage est survenue au... 45e rang! Ceci expliquant cela, depuis l’encan amateur de 2015, les Capitals n’ont eu droit qu’à 26 matchs disputés par l’un de leurs choix de repêchage (le défenseur suisse Jonas Siegenthaler). Ces années de vaches maigres finiront probablement par les rattraper.

Malgré cette période difficile et leur étonnant délestage de choix de premier tour, les Capitals devancent le CH au classement des équipes de recrutement.

Ryan Poehling

Ryan Poehling

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Parmi les choix de repêchage effectués par le Canadien entre 2011 et 2018, on retrouve jusqu'à présent cinq joueurs qui jouent encore régulièrement dans la LNH : les attaquants Alex Galchenyuk, Artturi Lehkonen et Jesperi Kotkaniemi, ainsi que les défenseurs Victor Mete et Mikhail Sergachev. Seuls Lehkonen, Mete et Kotkaniemi portent encore les couleurs du CH. À cette liste, on pourrait ajouter le défenseur Noah Juulsen, victime d’une blessure à un oeil la saison dernière.

L’attaquant Ryan Poehling, qui participera au camp des recrues à compter de jeudi, apparaît comme étant le choix de repêchage de l’organisation avec le plus de chances de percer la formation dès le mois d’octobre.

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Au classement de cette année, ce sont les Ducks d’Anaheim qui ont soutiré le plus grand nombre de matchs aux espoirs qu’ils ont réclamés au repêchage (3305).

Le groupe de recruteurs des Ducks, mené depuis plus de 10 ans par le recruteur en chef québécois Martin Madden fils, a un flair époustouflant. Ils figuraient au 2e rang du classement de 2010 à 2017 et au 1er rang du classement 2009 à 2016. C’est remarquable compte tenu du fait que leur première sélection est survenue en moyenne au 24,5e rang!

Pour une deuxième année de suite, les Rangers de New York viennent bons derniers au classement des recruteurs. Leur équipe de direction a constamment sacrifié des choix de repêchage durant cette période pour conclure des transactions. Entre 2013 et 2016, les Blue Shirts n’ont pas eu de choix de premier tour et leur première sélection n’est survenue en moyenne qu’au 38e rang.

Kaapo Kakko lève les bras en célébration d'un de ses trois buts contre la Slovaquie, au Championnat du monde de hockey.

Kaapo Kakko

Photo : Reuters / David W Cerny

Au terme de la saison 2017-2018, la formation new-yorkaise a entrepris une sérieuse cure de rajeunissement en recommençant à emmagasiner les choix de repêchage. Détenteurs du second choix en juin dernier, ils ont eu la chance de mettre la main sur le spectaculaire attaquant finlandais Kaapo Kakko.

Au cours des trois derniers repêchages, les Rangers ont bénéficié de six choix de premier tour. C’est tout un changement de philosophie dans leur cas.

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Ces statistiques permettent d’identifier de grandes tendances. Mais parce que chaque organisation joue à son propre rythme, il est impossible d’appliquer les mêmes diagnostics d’une ville à l’autre.

Par exemple, au sein du top 10, on retrouve des équipes établies et dominantes comme le Lightning de Tampa Bay ou les Jets de Winnipeg, des organisations émergentes comme les Hurricanes de la Caroline ou des formations misant sur l’une des plus formidables pépinières de jeunes talents de la LNH, les Sénateurs d’Ottawa. Et on remarque la présence d’équipes qui bénéficient de rangs de sélection avantageux depuis des années (Buffalo et Edmonton), mais qui continuent de ne pas briller à la hauteur de leur rang de repêchage et de rater les séries éliminatoires.

Et dans le dernier tiers, on peut aussi bien retrouver des équipes en perdition totale (Minnesota, Los Angeles) que des équipes matures qui viennent de remporter la coupe (Saint Louis, Washington, Pittsburgh) ou qui aspirent à remporter la coupe (Nashville) et dont le déclin surviendra inévitablement si des mesures de redressement ne surviennent pas rapidement.

Au bout du compte, toutes les équipes font cependant face à la même réalité : dans la LNH, il est impossible de connaître du succès sans construire un noyau fort par l’entremise du repêchage.

À Montréal, la cavalerie n’est pas encore tout à fait arrivée et les sous-performances du département de recrutement (entre 2008 et 2015) se font encore sentir. Le CH risque cette saison de rater les séries pour une troisième fois en quatre ans.

Note: Vegas n'a participé qu'à trois repêchages depuis son entrée dans la ligue en 2017 et n'apparaît pas dans ce tableau.

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