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L'Empire Open de Montréal, un tremplin vers Tokyo pour les planchistes canadiens

Annie Guglia

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Olivier Paradis-Lemieux

Le monde de la planche à roulettes vit une petite révolution. À un an des Jeux de Tokyo, où le sport s’apprête à y faire sa grande entrée, les compétitions comme l’Empire Open, qui a lieu ce week-end à Montréal, s’ajustent à l’heure olympique.

En une quinzaine d’années, l’Empire Am Getting Paid présenté au Taz de Montréal était devenu la plus importante compétition amateur de street (parcours à obstacles). Avec l’introduction du sport aux Olympiques en 2020, l’événement avait déjà été choisi l’an dernier pour être le championnat national de cette discipline. Et cette année, les organisateurs ont décidé d’ouvrir la porte aux professionnels, puisqu’ils peuvent également se qualifier pour les Jeux, d’où le changement de nom et de vocation.

« L’arrivée des Olympiques change complètement la donne. Il faut créer des équipes nationales », explique le cofondateur des boutiques Empire, commanditaire de l’événement, Phil Grisé.

Maintenant, il y a aussi des skateurs de partout qui viennent tenter de remporter la bourse de 20 000 $, autant pour les hommes que pour les femmes, ce qui est quand même gros dans le skate

Annie Guglia, championne canadienne de street

« C’est le plus grand événement ouvert à tous les athlètes canadiens et c’est aussi la voie pour nos athlètes pour atteindre le niveau international », ajoute le président de Skateboard Canada, Ben Stoddard.

En plus de tenir ce championnat national, la jeune fédération a également le mandat de créer pour la première fois un classement des meilleurs planchistes au pays. À Tokyo, jusqu’à trois planchistes canadiens pourront faire partie des 20 athlètes par discipline (street et park, féminin et masculin) à être de cette première olympique. Une place est déjà assurée au pays hôte, le Japon, tandis que chaque continent devra être représenté dans chaque épreuve.

Trois athlètes seront qualifiés après les Championnats du monde, qui auront lieu du 9 au 15 septembre à Sao Paulo au Brésil, et les 16 autres le seront grâce à leur classement mondial en juin 2020. Avec un plateau aussi réduit, la compétition sera forte pour obtenir son billet pour les Jeux.

« J’ai le sentiment qu’on a de très bonnes chances de remplir 90 % des places disponibles. Nous sommes très forts en street féminin et masculin et en park masculin », affirme Ben Stoddard.

La Québécoise Annie Guglia défendra son titre national acquis l’an dernier, samedi à Montréal, mais même si elle venait à être battue, ses performances sur la scène internationale dans la dernière année lui assurent déjà de faire partie de l’équipe canadienne pour les compétitions préolympiques.

« Les trois autres meilleures Canadiennes samedi vont pouvoir se qualifier avec moi », précise-t-elle.

Plus structurée

La planche profite déjà des retombées structurantes de son arrivée prochaine aux Olympiques. La fédération nationale a été reconnue à l’automne 2017 par le Comité olympique canadien et la fédération internationale. Depuis, les athlètes reçoivent un soutien financier plus important des différents paliers de gouvernement.

« Ç’a changé beaucoup de choses au niveau des compétitions, souligne Annie Guglia. Je voyage maintenant pour faire des compétitions tous les mois. Il y a plus de budgets pour les athlètes pour ça, chose qu’on n’avait vraiment pas avant. »

« Je pense que ça va amener une dynamique qui n’existait pas avant, assure Phil Grisé. Le côté entraînement et le côté compétition vont être plus structurés, le côté financement gouvernemental pour soutenir les athlètes et améliorer les infrastructures, aussi. Mais c’est important de dire que ce ne sont pas tous les skateurs qui voient d’un bon œil l’arrivée du skate aux olympiques. C’est mitigé. »

Comme l’arrivée de son cousin des pentes enneigées dans le giron olympique, celle de la planche à roulettes n’a pas encore convaincu tous les pratiquants de ce sport au passé contre-culturel. Mais Phil Grisé voit bien ce que les deux univers peuvent s’apporter.

« Le skateboard a toujours été un sport individualiste avec une mentalité hors des sentiers battus. Et les Olympiques sont reconnus comme étant ordonnés et structurés, rappelle-t-il. Je pense que le skateboard va bénéficier d’un peu de la structure des Olympiques, mais je pense que les Olympiques vont bénéficier d’un peu du côté yahoo du skateboard qui va amener un peu plus son fun, son côté chaotique. »

Encore en mode réaction face à l’entrée, un peu soudaine, du sport aux Olympiques, les différents acteurs internationaux de la planche à roulettes continuent de s’ajuster. Par exemple, trois compétitions d’envergure, dont l’Empire Open, ont lieu en même temps ce week-end un peu partout autour du globe. Certains participants attendus à Montréal se retrouvent donc plutôt en Chine qu’au Taz.

« Avec le temps, il va y avoir de la meilleure communication entre les différents fédérations et organismes qui font ces événements pour dresser un calendrier qui est plus rassembleur, assure Phil Grisé. Tout le monde est précipité par le temps. Toutes les fédérations et les compétitions ont vu le jour dans les derniers mois ou la dernière année. C’est une première. »

« Les premiers Olympiques vont certainement donner quelques maux de tête, conclut-il, mais ça va être une belle répétition pour les Jeux de 2024. »

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