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Du cœur, de la résilience : la recette du succès de Vernon Adams

Vernon Adams fils sur les lignes de côté

Photo : Cynthia Cianciusi / Alouettes de Montréal

Jean St-Onge

Six ans après le départ d’Anthony Calvillo, les Alouettes ont finalement trouvé son successeur : Vernon Adams fils, un quart au style différent, mais avec la même passion pour son sport.

« Je ne suis pas le plus grand, je ne suis pas le meilleur quart de la ligue. Je ne suis pas le quart le plus précis de la ligue. Rien de ça. Mais, j’ai du cœur. Je vais montrer que j’ai du cœur et je vais faire tout ce je peux pour aller chercher une victoire. »

Trois jours après une victoire en prolongation à Calgary, Vernon Adams fils ressentait toujours l’euphorie d’un triomphe aussi spectaculaire qu’inattendu.

À peine un an auparavant, il était hué quand il sautait sur le terrain en deuxième demie dans une défaite contre Edmonton.

Ce n’était pas tellement parce qu’il jouait mal, mais parce que les spectateurs voulaient voir jouer Johnny Manziel, le nouveau sauveur des Alouettes.

Il s'apprête à décocher une passe.

Johnny Manziel a été embauché par les Alouettes à l'été 2018 et a été libéré à la fin de cette saison

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

La situation a lancé un processus de remise en question chez Adams et a contribué à le ramener dans le droit chemin.

« Mon deuxième séjour à Montréal, je savais que c’était ma dernière chance, a-t-il confié cette semaine à Radio-Canada Sports, quelques jours après avoir signé une autre victoire, contre les Argonauts à Moncton. Je savais que devais augmenter mon intensité et être sérieux. C’est ce que j’ai commencé à faire l’an dernier après mon premier départ contre Edmonton. »

Faire la fête

Comme Johnny Manziel, Vernon Adams fils a été une étoile au football universitaire et, comme lui, il a profité de son vedettariat, au point de mettre sa carrière en danger.

Adams a dominé le football universitaire américain avec les Eagles d'Eastern Washington, une équipe de division AA dans l'association Big Sky.

Après trois ans, il est allé disputer une saison avec les Ducks de l’Université Oregon, où il a de nouveau excellé. Il a mené son équipe à une fiche de sept victoires et trois défaites.

Après une brillante carrière universitaire, des nominations dans les équipes d’étoiles et de nombreux honneurs individuels, il n’a pas été repêché par une équipe de la NFL. Il a simplement reçu des invitations pour des essais avec les Seahwaks de Seattle et les Redskins de Washington, sans parvenir à décrocher un contrat.

« Je n’étais pas si déçu, car j’étais conscient que c’était ma faute, raconte-t-il. Je ne me suis pas entraîné comme j’aurais dû. »

« À ce moment-là, des agents et des commanditaires m’inondaient de cadeaux et d’argent. Un jour, je me suis retrouvé avec 50 000 $ en argent comptant dans mes poches. »

J’étais sur le party et je faisais plein de choses qu’on ne doit pas faire. Je ne m’entraînais pas, mais je croyais que j’avais eu une belle carrière qui serait suffisante pour me permettre d’être repêché.

Vernon Adams fils, quart des Alouettes

C’est dans cet état d’esprit qu’il se trouvait quand les Alouettes ont fait l’acquisition de ses droits des Lions de la Colombie-Britannique.

« J’étais prêt à tout lâcher »

Contrairement à ce qu’il croyait, être une étoile au football universitaire n’est pas suffisant pour vous garantir une place chez les professionnels.

Quand il a obtenu sa chance de jouer en fin de saison, il s'est montré à la hauteur et a aidé l’équipe à inscrire trois victoires d’affilée.

Sauf que, pendant ce temps, Vernon Adams fils est tombé dans ce qu'il appelle « les pièges de Montréal ».

« L'été à Montréal, peu importe où tu regardes, il y a des gens qui font la fête quelque part », explique-t-il.

Malgré ses succès de fin d'année, il n'a pas réussi à convaincre l’organisation qu’il était prêt à prendre la barre de l’attaque, car durant l'intersaison, les Alouettes ont fait l’acquisition de Darian Durant pour être le quart partant en 2017.

Il se prépare à affronter son ancienne équipe, les Roughriders de la Saskatchewan, le 27 octobre 2018.

Le passage de Darian Durant au poste de quart-arrière des Alouettes n'aura duré qu'une saison.

Photo : La Presse canadienne / Rick Elvin

Adams était prêt à abandonner.

« Après mon année recrue, j’étais prêt à tout lâcher, dit-il. J’avais 23 ans, j’avais des receveurs comme S.J. Green, Nik Lewis, Duron Carter et je n’étais pas assez bon pour leur faire des passes. »

J’ai pensé à me retirer et à me lancer immédiatement dans le coaching. Ce sont mes anciens entraîneurs qui m’ont convaincu de continuer. Ils m’ont dit que j’avais trop de football en moi et de retourner les voir dans 10 ans.

Vernon Adams fils

De petits quarts qui voient grand

Plusieurs raisons ont contribué à reporter les débuts d’Adams comme quart numéro un.

Sa petite taille est certainement l'une des principales. Il a toujours eu à prouver qu’il pouvait s’en tirer, même s’il fait moins de 6 pi (1,82 m) et 200 lb (90 kg).

Ça fait peur aux entraîneurs. Les coachs de la NFL se disent que ce gars-là ne peut résister aux coups de J.J. Watt ou de Jadeveon Clowney.

Vernon Adams fils

« Je suis un admirateur de tous les petits quarts comme Baker Mayfield, Russell Wilson et Kyler Murray. Leurs bonnes performances me font bien paraître aussi. Ça peut faire réaliser aux gens qu’on n’a pas besoin de mesurer plus de 6 pi 2 po avec de longs bras blancs pour réussir. »

Il quart court avec le ballon.

Le quart des Alouettes Vernon Adams fils

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Rien de cela n’est nouveau pour Vernon Adams fils, qui a toujours dû prouver qu’il avait sa place au football et au poste de quart.

À l’école secondaire, c’est comme receveur de passes qu’il a fait son entrée dans l’équipe avant de supplanter le quart partant.

À l’université, il a passé une saison à s’entraîner avec l’équipe sans revêtir l’uniforme lors des matchs.

Il est habitué depuis longtemps à affronter des plus grands que lui. Son père l’a inscrit au football quand il n’avait même pas 3 ans. C'était alors l’âge minimal pour jouer au ballon ovale, à Pasadena, en Californie.

Les 5 « C »

Vernon Adams fils s’est bâti une réputation de gagnant partout où il est passé. Avec les Alouettes, il compte maintenant 8 victoires en 11 départs.

Il travaille beaucoup sur la visualisation avec sa copine, Liz Griffin, une diplômée en éducation.

Elle l’a incité à se concentrer sur ce qu’elle appelle les 5 « C » :  « cool, calm, collected, confident, composed », qu’on pourrait traduire par « calme, posé, serein, confiant et en maîtrise de ses émotions ».

Ensemble, avant chaque match, ils visualisent plusieurs jeux qui se terminent avec succès.

Ils reprennent le même scénario chaque fois, que ce soit face à face ou par appel vidéo.

Cette année, Liz était là avant les matchs à Montréal contre Hamilton, à Ottawa et à Calgary, trois victoires. Ce qui a fait dire à certains joueurs des Alouettes qu’elle devrait quitter le Nord-Ouest américain pour s’établir à Montréal à temps plein.

Des joueurs dansent sur le terrain.

Vernon Adams fils et les Alouettes célèbrent un touché

Photo : The Canadian Press / Graham Hughes

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