•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La cocaïne, drogue d'abus pour la LNH, de performance pour l'AMA et l'IIHF

Elle est dans un laboratoire.

Christiane Ayotte, directrice du laboratoire de contrôle du dopage de l'INRS-Institut Armand-Frappier

Photo : Radio-Canada

Jean-François Chabot

Il n’est pas étonnant que des circuits professionnels comme la Ligue nationale de hockey (LNH) considèrent encore la cocaïne comme une drogue d'abus et non de performance, a dit la directrice du laboratoire de contrôle du dopage de l'INRS-Institut Armand-Frappier, Christiane Ayotte, à la suspension internationale du Russe Evgeny Kuznetsov, qui ne l'empêchera pas de jouer avec les Capitals de Washington.

Un test antidopage réalisé au Championnat du monde le 26 mai a révélé la présence de cocaïne dans l'organisme de Kuznetsov. Il ne pourra réintégrer l'équipe nationale russe qu'en juin 2023, mais pourra d'ici là jouer dans la LNH, parce que le circuit Bettman ne considère pas la cocaïne comme une drogue de performance, mais plutôt d'abus.

Selon Christiane Ayotte, il y a un « clash », une façon différente de voir les choses entre l’Agence mondiale antidopage (AMA) et la Fédération internationale de hockey (IIHF), d’une part, et la LNH, d’autre part.

À l’inverse de ce qui est véhiculé par les ligues professionnelles nord-américaines, elle fait valoir que la cocaïne peut, d’une certaine manière, améliorer la performance. L'AMA classe d'ailleurs cette substance comme un stimulant.

Si c’est principalement une drogue d’abus, il s’agit quand même d’un stimulant qui peut donner un sentiment d’euphorie ou d’invincibilité, ce qui peut avoir un certain effet positif. S’il est évident que les circuits professionnels ne suivent pas le code de l’AMA, ils ont d’un autre côté des programmes de réadaptation et un suivi auprès des athlètes qui n’existent pas dans le monde du sport amateur.

Christiane Ayotte

« La position des ligues comme la LNH en ce qui a trait à la cocaïne, la marijuana ou la MDMA [ecstasy, NDLR] est de considérer ces produits comme des drogues d’abus. Si ces dernières sont trouvées dans le corps de l’athlète, ce dernier est placé en sursis de réadaptation et non pas face à une infraction antidopage », ajoute-t-elle.

Dans la LNH, une première infraction fait entrer le joueur dans un programme d'éducation et d'accompagnement mis en place conjointement avec l’Association des joueurs. En cas de récidive, les suspensions et les amendes suivent.

Questions d'affaires et d'image

Christiane Ayotte souligne que les équipes professionnelles ont une image à promouvoir et que les drogues d’abus constituent un problème.

Si les athlètes se font prendre avec ça aux douanes, ils héritent de casiers judiciaires qui les empêchent de circuler librement du Canada aux États-Unis. Il y a donc des raisons d’agir pour la ligue et ses équipes qui sont liées à leur modèle d’affaires.

Christiane Ayotte

Elle ne croit toutefois pas que les ligues iront cogner à la porte de l’AMA pour lui demander comment gérer ces cas.

« Ils sont déjà persuadés de faire les choses correctement en assurant un suivi thérapeutique au joueur qui est pris en défaut. Si un problème comme celui de la cocaïne ne se règle pas au sein d’une ligue, il faudrait alors penser à adopter une tactique différente », dit-elle.

« La suspension m'apparaît plutôt longue »

La directrice du laboratoire de contrôle du dopage de l'INRS-Institut Armand-Frappier est par ailleurs surprise par la durée de la suspension (quatre ans) imposée à Kuznetsov.

« La suspension m’apparaît plutôt longue. Je ne me rappelle pas avoir vu beaucoup d’athlètes, même des athlètes canadiens, ayant eu des résultats positifs à la cocaïne qui ont été bannis pour quatre ans. Il a fallu qu’il refuse de coopérer d’une certaine façon ou qu’il ne se soit absolument pas défendu », a-t-elle dit avant de savoir que Kuznetsov avait refusé de soumettre son échantillon B aux fins d’analyses.

Elle a ensuite exprimé l’opinion qu’il importait probablement peu à Kuznetsov d’être exclu des Jeux olympiques et que ses priorités se trouvaient du côté de la LNH et des Capitals de Washington.

Hockey

Sports