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Hugo Barrette mise sur l'exil pour progresser

Il est tout sourire au terme de l'épreuve de keirin à Hong Kong.

Hugo Barrette

Photo : Comité olympique canadien / Michael P. Hall

La Presse canadienne

Hugo Barrette avait l'impression de plafonner et se voyait déjà terminer au pied du podium aux Jeux olympiques de Tokyo. À un an des JO, le Madelinot a donc choisi l'exil afin d'améliorer ses performances.

« Ce que je recherche, c'est d'être le meilleur, a-t-il déclaré au cours d'une téléconférence de Trinité-et-Tobago, où il s'entraînera pendant les prochains mois. Où je m'en allais, je le voyais un peu à l'horizon, c'était d'arriver juste à court du podium, 4e, 5e ou 6e. Le petit pas de plus que ça demande pour être sur le podium, les sacrifices que ça demande, c'est avec le partenariat de B2dix que je peux le faire. »

Ce partenariat lui a permis de rejoindre son ancien entraîneur, Erin Hartwell, ainsi que son ami et partenaire d'entraînement, le sprinteur Njisane Phillip, qui a notamment terminé 4e aux Jeux olympiques de Londres. Les deux athlètes se sont entraînés ensemble à Los Angeles de 2012 à 2015 et un peu avant les Jeux olympiques de Rio, en 2016, lorsque Phillip s'était installé à Milton.

Mais le vélodrome ontarien n’était plus vraiment le site d’entraînement idéal pour le Québécois, selon Dominick Gauthier, directeur de B2dix.

« La raison principale est en quelque sorte le manque de compétition à l'entraînement quotidien. Il était vraiment le leader du groupe à Milton et, pour se motiver chaque jour, dans les zones d'intensité que tu dois atteindre à l'entraînement, il lui manquait parfois un peu de défi, affirme Gauthier. Il avait donc étudié ses options. Il a gardé contact avec d'autres équipes nationales, dont celle de Trinité-et-Tobago. »

Après discussion avec Cyclisme Canada et son nouvel entraîneur, le Néo-Zélandais Brandon Cameron, la réunion avec Hartwell est vite devenue le plan A.

« Ça fait 10 ans que je suis avec l'équipe nationale. Je progresse à belle allure. Mais à l'aube des Olympiques, c'est le bon moment de mettre tout en jeu, a poursuivi l'athlète de 28 ans. De venir ici avec ce partenariat, c'est un peu un rêve devenu réalité. J'ai besoin de certaines choses dans mon environnement d'entraînement pour atteindre de plus hauts niveaux. »

Il est en action au sprint.

Hugo Barrette aux Championnats du monde de 2019

Photo : Getty Images / Dean Mouhtaropoulos

Barrette ne voulait donc avoir aucun regret en se présentant sur la ligne de départ au Japon l'an prochain.

« Je suis convaincu que le mieux possible, c'est de gagner [...] C'est pour ça que je me suis exilé ici. »

« Il s'agissait de faire un traitement-choc, a ajouté Gauthier. Il est parmi les meilleurs au monde, mais il ne se retrouve pas sur le podium comme il le voudrait ni comme il le pourrait. C'était le temps de le faire pour maximiser les performances à Tokyo. »

Mais cet exil a un prix. Si B2dix paye une partie du salaire de son entraîneur et lui procure des services de préparation mentale et de psychologie sportive, Barrette devra débourser 35 000 $ de sa poche.

« Je suis toujours à la recherche de commanditaires, a-t-il précisé en riant. Je le vois comme un investissement sur ma carrière, mais aussi sur ma vie en général. Oui, j'ai besoin d'aide, même si B2dix m'aide au maximum de sa capacité. J'en suis très reconnaissant. Ça me permet de rêver aux plus grands honneurs. »

Qualifications et titres à défendre

Le processus de qualification en vue des JO de Tokyo est bien enclenché en cyclisme sur piste : 5 des 10 courses ont déjà été disputées. S'il n'est pas encore officiellement qualifié, le spécialiste du keirin et du sprint est bien positionné parce qu'il occupe le 2e rang au classement général.

« Pas question de m'asseoir sur mes lauriers. Les Championnats panaméricains, ce sont les courses qui valent le plus de points. Il faut aller les chercher, a-t-il argué. Non seulement ces points, mais je suis double champion en titre et je compte bien les défendre. »

Une bonne performance à Cochabamba (Bolivie), du 4 au 9 septembre, lui permettra de penser davantage à sa préparation olympique qu’à sa qualification. Depuis 2012, Barrette est monté sur le podium de tous les Championnats panaméricains auxquels il a pris part. Il est double champion en titre au sprint individuel, en plus d'avoir gagné l'or au keirin l'an dernier. Il avait terminé 2e dans cette discipline en 2017.

En Bolivie, Barrette devra également vaincre un autre adversaire : les 2600 m d’altitude. Raison pour laquelle il a décidé d’arriver 10 jours avant ses courses prévues du 5 au 7 septembre.

« C'est un environnement de course qui sera plus difficile qu'ailleurs, mais c'est possible de mieux faire les choses que d'autres. »

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