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De l’enfer à l’homme de fer : Maxim Martin s'attaque à l'Ironman

Maxim Martin a pris part à six demi-Ironman mais jamais à la version complète. Ce sera une première pour lui à Mont-Tremblant.

Photo : Radio-Canada / Jean-Patrick Balleux

Jean-Patrick Balleux

« Je pense que je suis un plus grand drogué maintenant dans le sport que quand je prenais de la drogue. » Maxim Martin prendra le départ de son premier Ironman complet, dimanche, à Mont-Tremblant. L’humoriste ne s’en cache pas : le sport lui a sauvé la vie.

Qu’est-ce qui peut bien motiver un homme de 50 ans à défier les chronos sur 3,8 km de natation, 180 km de vélo et 42,2 km de course en compagnie de 2699 athlètes, dont quelques dizaines sont des professionnels de triathlon extrême?

Pendant une vingtaine d’années à rouler sa bosse dans le monde du spectacle, de l’humour, de la radio et de la télévision, Maxim Martin développe une dépendance pour l’alcool et les drogues. Une façon de combler le vide qu’apporte parfois l’ivresse de sa vie publique.

« Aujourd’hui, je dis que je suis le seul "coké" qui a pris du poids. Je n’ai jamais compris », dit-il.

Puis, il y a une dizaine d’années, son ami Dominic Arpin l’invite à courir un demi-marathon. La grande révélation à une période de sa vie où il n’entendait plus à rire.

« Ce revirement, c'est l'ultime mur d'une vie. À ce moment, je n'ai plus de carrière, plus de shows, plus personne ne veut travailler avec moi. Le téléphone ne sonne plus. Je n'ai plus rien dans le compte de banque, confie le père de deux enfants. Je me suis reviré de bord. Je n'avais plus la force de continuer dans le chemin malsain que j'avais forgé. »

Il est en entrevue sur une plage.

Maxim Martin est fébrile à l'idée de participer à son premier Ironman complet à Mont-Tremblant.

Photo : Radio-Canada

L’ivresse de l’entraînement

Maxim Martin découvre rapidement les effets bénéfiques de l’entraînement. Il perd 14 kg (30 lb) et a de l’énergie comme jamais.

« Quand j'ai une décision difficile à prendre et que je broie du noir, je vais courir, nager ou rouler, raconte-t-il. À mon retour, ma vision de la vie est différente. Quand ça fait deux jours que je bouge pas, je tape sur les nerfs de tout le monde. Mon entourage me dit de mettre mes runnings et d’aller courir. »

L’humoriste est ému lorsqu’on lui demande de décrire l'état d’esprit dans lequel il se trouvait à sa première course, six demi-Ironman, quatre marathons et une vingtaine de demi-marathons plus tard.

Quand j'ai passé le fil d'arrivée, aussi cucul que cela puisse sonner, de toutes les drogues que j'avais consommées, je n’avais jamais eu ce buzz-là. C’est la seule drogue qui m’a donné un buzz durant trois jours. J'avais mal partout ailleurs, mais pas à la tête.

Maxim Martin

« Une fois que le coup de départ est donné, tu te retrouves seul. C’est hyper méditatif. Tu passes beaucoup de temps avec toi-même et tu apprends vite à te connaître, explique l’homme qui avait l’habitude de combattre d’autres démons, pas des chronos.

« Je suis devenu accro de l’ambiance autour des événements, indique celui qui a eu la chance d’aller courir entre autres à Dublin, à Budapest et à Majorque.

« Je me souviens de ma première course. Dans le lobby de l’hôtel, tout le monde se parlait. Les gens me demandaient comment j’allais, d’où je venais. Je me suis dit que ce monde-là serait ma nouvelle gang. »

Il est en position aérodynamique sur son vélo.

Le vélo est le point faible de Maxim Martin durant un Ironman. L'humoriste déteste en fait les côtes.

Photo : Radio-Canada

« Le plus gros défi de ma vie »

À Tremblant, dimanche, le porte-parole du Tour du silence sur la cohabitation autos-cyclistes avec sa fille Livia (elle a perdu son copain Clément Ouimet dans un accident de vélo en octobre 2017) s’élancera pour les 226 kilomètres les plus éprouvants de son existence.

« C'est de loin le plus gros défi que je n'ai jamais relevé. La nervosité est au rendez-vous », lance-t-il.

Comme les autres participants, il aura un maximum de 17 heures pour faire les trois épreuves. Le vainqueur des épreuves féminine et masculine et une quarantaine d'athlètes amateurs recevront une invitation pour le fameux Ironman d'Hawaï, le plus célèbre et le premier des triathlons extrêmes.

« Arrivé à un full Ironman, tout le monde, sans exception, te trouve complètement fou. Tous ceux qui s'inscrivent entendent la même affaire : "Es-tu malade? Pourquoi? Qu'est-ce que tu t'en vas faire? Voyons donc?" Plus tu entends ces commentaires, plus ça te motive », explique Maxim Martin.

Le quinquagénaire est conscient que son histoire a convaincu d'autres personnes de bouger. Mais c'est d'abord et avant tout pour lui-même qu'il se frottera ce week-end aux 22 degrés des eaux du lac Tremblant.

J'ai quand même dépensé 10 ans de ma vie, je vais toujours avoir ce sentiment de vouloir rattraper le temps perdu.

Maxim Martin
On le voit de dos regarder le lac.

Maxim Martin s'est frotté aux eaux du lac Tremblant en juin dernier lors du demi-Ironman.

Photo : Radio-Canada

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