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Basketball en fauteuil roulant : la pause forcée, mais salutaire de Maude Jacques

Le Canada tentera d'obtenir sa qualification paralympique pendant les Jeux parapanaméricains, à Lima, à la fin août.

La basketteuse en fauteuil roulant tient le ballon dans sa main droite pendant un match.

Maude Jacques

Photo : Basketball Canada

Alexandre Gascon

Écartée de la sélection nationale quelques semaines avant le départ de l’équipe pour les Jeux de Rio en 2016, Maude Jacques veut faire la paix avec son passé et revivre une expérience paralympique. Peut-être pour la dernière fois.

Assise sur les lignes de côté, la basketteuse regarde ses coéquipières défiler leurs gammes. Simulations de matchs, épreuves de force sous le panier, exercices de lancers : ses partenaires s’exécutent dans une certaine fébrilité, tandis que la Sherbrookoise se ronge les ongles.

Mercredi, Radio-Canada Sports va à sa rencontre pour revenir sur son rendez-vous manqué au Brésil et, ironiquement, l’athlète de 27 ans doit se contenter d’un rôle de spectatrice pour l’un des derniers entraînements de l’équipe nationale avant son départ pour les Jeux parapanaméricains, au Pérou, où se jouera la qualification paralympique.

Un contact l’a envoyée percuter le sol violemment la veille et elle ressent depuis de légers symptômes de ce qui semble être une commotion cérébrale, sans diagnostic officiel. Il n'y a toutefois pas d'inquiétudes, nous assure-t-on.

« Ce n’est rien de sérieux », lance-t-elle. À tout le moins, rien pour l’empêcher de s’envoler pour l’Amérique du Sud samedi où les femmes doivent absolument atteindre la finale pour obtenir leur billet paralympique. Ce sera d’ailleurs la seule occasion de le décrocher.

« Ça ne nous laisse pas beaucoup de marge de manœuvre […] Il ne faut pas manquer notre coup », explique l’entraîneur-chef de la formation, Marc-Antoine Ducharme.

La déception

Pour Maude Jacques, c’est une question de rédemption.

La Québécoise a fait partie de l’aventure paralympique en 2012 quand les Canadiennes ont pris le 6e rang. Elle est devenue championne du monde deux ans plus tard. Elle considérait les Jeux de Rio comme la suite logique de sa carrière, mais cette tuile lui est tombée sur la tête quelques semaines avant le départ.

« À ce moment-là, personnellement, ça n’allait pas bien. Le basket, je n’aimais plus ça. Ça s’est reflété sur ma façon de jouer, de pratiquer. J’ai été coupée de l’équipe juste avant les Paralympiques de Rio. Je suis passée par toutes les émotions. J’étais vraiment fâchée, triste, mais en même temps un peu contente d’avoir un break », se souvient-elle.

Je ne serais sûrement pas ici aujourd’hui si j’étais allée à Rio. Je pense que j’aurais arrêté. J’en aurais eu assez.

Maude Jacques

Démotivée, la Sherbrookoise assistait souvent aux matchs le long des lignes de côté. Son temps de jeu périclitait et les relations interpersonnelles s’envenimaient.

« C’est frustrant. Tu pratiques, tu ne joues pas. Le basket en fauteuil roulant est beaucoup une question d’association, de niveau de handicap pour composer ta formation. Ce n’est pas juste qui tu es comme joueuse qui compte. Ça faisait que je ne jouais pas beaucoup. Je ne dis pas que je le méritais, mais je voulais jouer », raconte Jacques.

Une fois rejetée de la sélection unifoliée, la jeune femme est retournée sur ses terres d’adoption en Alabama, où elle a fait ses études en criminologie et amorcé une maîtrise en travail social. Elle a remisé le ballon au vestiaire et a plutôt choisi une raquette de tennis.

« J’ai arrêté le basket complètement, je n’ai plus rejoué, explique-t-elle. Je ne voulais plus rien savoir de l’équipe nationale et du basket. Je ne pratiquais plus. J’ai focalisé sur le tennis. »

Au printemps 2017, l’équipe du Québec lui a fait signe en vue des Championnats canadiens. Jacques a répondu à l’appel.

« Je suis allée et j’ai réalisé à quel point ça me manquait le basket. Il était trop tard dans l’année pour réintégrer l’équipe nationale. »

L’athlète de 27 ans a donc attendu au printemps 2018 pour effectuer son retour avec l’équipe nationale avec un seul objectif en tête : les Jeux paralympiques.

Un vent de renouveau

Après la 5e place aux Jeux de Rio, 7 des 12 joueuses de la formation ont pris leur retraite. L’ensemble du personnel d’entraîneurs a été changé.

En sept saisons avec l’équipe nationale, Maude Jacques assure n’avoir jamais connu une bande aussi soudée.

« L’équipe n’allait pas bien, on avait besoin de changements, on est rendues avec un nouveau coach et ça fait du bien.

« Si je compare à l’année passée, les pratiques, cette année, ça va beaucoup mieux. On travaille mieux en équipe, on se connaît plus. On est une équipe jeune. Mais on est une équipe déjà meilleure que l’année passée. On s’en va plus confiantes dans ce tournoi », fait-elle valoir.

Jacques a encore un coup à jouer pour chasser le goût amer laissé par l’exclusion en 2016. Et elle compte bien en profiter.

Le tournoi parapanaméricain

Huit équipes s’affronteront du 23 août au 1er septembre.

Le Canada fait partie du groupe A en compagnie du Mexique, de l’Argentine et de la Colombie.

Les deux finalistes obtiennent leur billet pour les Jeux paralympiques de Tokyo en 2020.

Si le Canada termine en tête de son groupe, il risque d’affronter le Brésil ou les États-Unis en demi-finales. Un match qui sera sans lendemain.

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