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Coupe Rogers : pourquoi Andreescu n'a-t-elle touché que 50 % de la bourse de Nadal?

Montage de deux photographies.

Bianca Andreescu et Rafael Nadal, champions de la Coupe Rogers

Photo : Reuters

Radio-Canada

La Canadienne Bianca Andreescu a touché, pour sa victoire à la Coupe Rogers à Toronto, la moitié de la somme versée à Rafael Nadal pour son triomphe à Montréal. Mais pourquoi donc?

Andreescu est repartie de la Ville Reine avec un chèque de 521 530 $, tandis que Nadal a pu déposer 1 049 000 $ dans son compte en banque.

Cette iniquité ne s’arrête pas à la récompense des gagnants. Les bourses totales du tournoi canadien vont de 2,8 millions pour les femmes à 5,7 millions pour les hommes.

Il y a déjà plusieurs années, l’ATP et la WTA ont conclu que tout le monde serait payé de façon égale quand les tournois sont d’égale envergure. À cet égard, les tournois hommes et femmes ne sont pas toujours du même niveau.

Le tournoi masculin de la Coupe Rogers fait partie de la série Masters 1000, correspondant au nombre de points de classement que récolte le vainqueur. Seuls les quatre tournois majeurs du grand chelem en rapportent davantage (2000).

Les femmes inscrites au tableau principal de la Coupe Rogers participent à un tournoi de catégorie Premier 5, le troisième en importance pour les points à la WTA après les grands chelems (2000) et les Premier (1000). La championne en reçoit 900.

Une joueuse lance des baisers à la foule.

Bianca Andreescu

Photo : Getty Images / Vaughn Ridley

Bianca Andreescu, dans sa victoire à Indian Wells en mars, en a décroché 1000, parce que ce tournoi est de catégorie Premier.

Bref, la bourse augmente en valeur selon le nombre de points en jeu. C’est pour cette raison qu’à la suite de sa victoire en Californie, l'Ontarienne a touché la même somme que Dominic Thiem, vainqueur dans le tableau masculin, soit 1,354 million.

Et il en sera de même aux Internationaux des États-Unis, qui commenceront le 26 août. Le champion et la championne regarniront leur portefeuille avec 3,85 millions chacun.

Les quatre rendez-vous du grand chelem (Internationaux d'Australie, Internationaux de France, Wimbledon et Internationaux des États-Unis) offrent des montants égaux aux gagnants et aux gagnantes.

Il en va de même pour quelques tournois importants où hommes et femmes sont réunis en un même lieu, comme à Indian Wells et à Miami, et où les champions obtiennent 1000 points.

Pas un cas isolé

La Coupe Rogers n’est pas le seul tournoi à afficher un tel déséquilibre entre les bourses.

C’est aussi le cas pour le tournoi qui a cours à Cincinnati, un Masters 1000 du côté masculin et un Premier 5 pour les femmes.

À l’inverse, le tournoi de Chine permet à celle qui y est couronnée de mettre la main sur 1000 points, tandis que le gagnant chez les hommes n’en obtiendra que 500, parce qu'il fait partie de la série ATP 500. Du coup, la bourse de la gagnante est plus grande que celle que touchera le vainqueur.

Finalement, c’est en grande partie parce que les hommes disputent plus de tournois à 1000 points qu’ils font plus d’argent. La série Masters 1000 comprend neuf arrêts contre seulement quatre tournois obligatoires de première catégorie chez les femmes, soit Indian Wells, Miami, Madrid et Pékin.

Par contre, il n’existe aucun règlement qui empêcherait les organisateurs d’un tournoi de creuser dans leur poche pour augmenter les bourses accordées aux dames.

La Coupe Rogers génère des profits d’environ 16 millions de dollars par année, somme que verse ensuite Tennis Canada au développement de son sport au pays.

Un porte-parole de Tennis Canada, sous le couvert de l’anonymat, a confié à nos collègues de CBC Sports que notre fédération nationale était « préoccupée » par l’écart hommes-femmes à la Coupe Rogers et qu’on « considérait sérieusement » la possibilité de réduire cette inégalité.

Tennis Canada est aussi en voie d’offrir l’équité des bourses dans les tournois de catégories inférieures dont elle a la responsabilité, comme les Challengers de Gatineau et de Granby, ou les Internationaux juniors de Repentigny.

D'après un texte de Jesse Campigotto, de CBC Sports

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