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À un an des Jeux paralympiques de Tokyo, où en sont les athlètes canadiens?

Elle salue la foule en sortant de la piscine.

Aurélie Rivard a remporté quatre médailles, dont 3 d'or, à Rio en 2016.

Photo : AFP/Getty Images / YASUYOSHI CHIBA

Jean-François Chabot

Les Jeux paralympiques de Tokyo s'ouvriront dans un an. À quoi peut-on s'attendre de l'équipe canadienne et quelles seront ses têtes d'affiche? Tour d'horizon avec l'analyste et ancien nageur Benoît Huot.

« Je pense que le Canada présentera, cette fois encore, de très grands athlètes, estime l'homme aux 20 médailles paralympiques. Parmi les Québécois à surveiller, on peut bien sûr penser à la nageuse Aurélie Rivard, quadruple médaillée et triple championne paralympique à Rio en 2016, et qui à 24 ans, en sera déjà à ses troisièmes Jeux. Elle demeure la grande favorite dans ses épreuves de style libre. »

Elle avait remporté à elle seule la moitié des médailles canadiennes en natation à Rio.

Brent Lakatos, qui a décroché en 2016 trois des huit médailles canadiennes en athlétisme, est l'autre ténor à surveiller.

« Ce spécialiste des courses en fauteuil roulant est toujours dans le coup même s’il aura 40 ans au moment des Jeux de Tokyo. Il totalise déjà sept médailles paralympiques », note Benoît Huot.

Il brandit le poing après une victoire.

Brent Lakatos a gagné 4 médailles, dont 1 d'or, à Rio en 2016.

Photo : Getty Images / Atsushi Tomura

À Rio, le Canada avait obtenu neuf médailles en cyclisme, soit plus qu'en natation (8) ou en athlétisme (8), les sports les plus prolifiques habituellement. Tristen Chernove en avait gagné trois à lui seul.

En considérant que le Canada avait amassé à Rio un total de 29 médailles, on comprend mieux l’importance de la contribution du cyclisme.

« L’éclosion du cyclisme avait surpris tout le monde, y compris le Comité paralympique canadien », rappelle Benoît Huot.

Il estime qu’une trentaine de médailles est dans l’ordre des choses pour le Canada à Tokyo.

Les 29 de 2016 l'avaient placé au 14e rang. La cible pour 2020 serait, toujours selon lui, une place parmi les 12 premières nations.

De nouveaux visages

En plus des vétérans, la délégation canadienne devrait compter sur une relève aussi énergique que talentueuse.

« En athlétisme, les performances de Marissa Papaconstantinou rayonnent déjà à l’échelle mondiale, fait remarquer Benoît Huot. Cette Torontoise qui aura 20 ans en octobre fait sa spécialité des épreuves de 100 m et 200 m. Malgré son jeune âge, elle en sera à ses deuxièmes Jeux paralympiques. »

L'ancien nageur ajoute qu’il faudra porter une attention particulière aux sports d’équipe. Le Canada a fait chou blanc dans ce département à Rio.

Sachez que toutes nos équipes sont en reconstruction. C’est le cas tant chez les hommes que chez les femmes en basketball en fauteuil roulant. En rugby, plusieurs athlètes ont pris leur retraite après les Jeux de Londres et de Rio.

Benoît Huot

« Deux bonnes nouvelles par contre chez les hommes en basketball. Le Montréalais David Haig fait toujours partie de l’équipe en plus du retour annoncé de Pat Anderson, considéré comme le Michael Jordan du basketball en fauteuil roulant. Il sera déjà à l’œuvre aux Jeux parapanaméricains de Lima. Il tentera d’y qualifier la très jeune équipe du Canada pour Tokyo. »

Il dribble le ballon de la main droite.

Pat Anderson en action aux Jeux paralympiques de Londres en 2012

Photo : Courtoisie - Pat Anderson - Twitter

Soutien aux athlètes

Benoît Huot est d’avis que le sport paralympique canadien se porte bien. Il croit cependant que les efforts doivent être accrus pour le soutenir, car d’autres nations ont déjà effacé le retard qu’elles accusaient sur le Canada.

« Le sport paralympique est entre d’excellentes mains au pays, soutient-il. Les différentes instances fédérales et provinciales soutiennent nos athlètes. Il y a de plus en plus de partenaires. Les commanditaires s’intéressent au sport paralympique, non seulement pour les athlètes, mais également pour la visibilité que cela peut amener pour leurs marques. »

Il y a une vingtaine d’années, si on remonte aux Jeux d’Atlanta, de Sydney ou d’Athènes, le Canada remportait chaque fois près d’une centaine de médailles. À Sydney, en 2000, on avait décroché 96 médailles et terminé 3e au classement final, devant les Américains. On ne reverra pas ça de sitôt.

Benoît Huot

Cette nouvelle réalité s’explique du fait que les autres pays investissent maintenant autant que le Canada dans leur programme paralympique.

« Nous étions des pionniers, rappelle Huot. Nous avions mis sur pied des programmes intégrés. Grâce à cela, j’ai pu m’entraîner avec des athlètes qui allaient aux Jeux olympiques. Cela a fait de moi un meilleur nageur. »

Le grand défi médiatique

Pour Benoît Huot, il est primordial d’intéresser les jeunes au sport de haut niveau. Pour le sport paralympique, la clé se situe dans la compréhension du déroulement des compétitions.

« Le plus grand défi actuel pour le mouvement paralympique est d’améliorer le système de classification des handicaps, dit-il. Les gens aiment voir une course serrée, qu’elle soit olympique ou paralympique. Mais il faut comprendre comment ça fonctionne. »

Il revient à son avis au Comité international paralympique (CIP) de rendre le processus plus transparent.

Même moi, j’avais de la difficulté à saisir pourquoi un athlète apparaît dans une catégorie plutôt qu’une autre. Ça crée des frustrations. Ça crée des tensions. Certains pays poussent la note, en profitent et tentent autant qu’ils le peuvent d’inscrire des athlètes dans des catégories qui ne sont pas vraiment les leurs. Il faut donc prôner la transparence avant tout.

Benoît Huot

Afin de guider les téléspectateurs, le CIP a mandaté une entreprise britannique pour développer un système de pictogrammes qui indiquent d’un seul coup d’œil le niveau de handicap et les différentes limitations entre chaque catégorie d’athlètes pour chacun des sports.

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