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Le parachute, les affaires : la nouvelle vie trépidante de Pierre-Alexandre Rousseau

Il sourit tout en manipulant son parachute.

Pierre-Alexandre Rousseau s'élançant de la tour du stade olympique en 2018.

Photo : Pierre-Alexandre Rousseau - Facebook

Jean-François Chabot

Après une carrière qui l'a amené sur 25 podiums sur la scène mondiale et à une 5e place aux Jeux olympiques de Vancouver, Pierre-Alexandre Rousseau continue de carburer aux émotions fortes, dans la pratique du parachutisme, en plus de faire sa niche en affaires. Sept ans après sa retraite, cet ancien spécialiste des bosses a encore une vie très sportive.

Pierre-Alexandre Rousseau a fait son premier saut en parachute il y a plus de 20 ans. Depuis 2011, il initie des néophytes à l’école de parachutisme Voltige, propriété du comédien Guillaume Lemay-Thivierge, à Notre-Dame-de-Lourdes, près de Joliette.

Il y a fait ses premières armes comme caméraman à filmer les premiers sauts des autres. Il se souvient encore très bien de sa propre première expérience, même après un impressionnant total de 4750 sauts.

« Ça se passait à Victoriaville. C’était un saut à 3500 pieds avec un déploiement de parachute assisté d’un instructeur, raconte celui qui fêtera ses 40 ans en octobre. Ç’a été une révélation. Je ne savais pas que j’y gagnerais ma vie, mais je savais que je pratiquerais ce sport toute ma vie. »

C’est beaucoup moins violent pour le corps de faire du parachutisme que du ski de bosses. On peut pratiquer le parachutisme même à un âge avancé. Comme c’était le cas durant ma carrière d’athlète, ça demande de gérer la vitesse, de gérer les risques dans des situations où il faut garder son calme et prendre de bonnes décisions très rapidement.

Pierre-Alexandre Rousseau

Selon lui, le parachutisme offre un éventail infini de sources d'adrénaline à ceux et à celles dont c'est le carburant.

Il existe de nombreuses disciplines, comme le pilotage de voilure (parapente), la combinaison volante (survêtement muni de prolongements ailés), les sauts la tête en bas, les sauts de groupe, les sauts artistiques ou le saut extrême, où l’on s’élance du haut de structures (pont, tour, gratte-ciel).

Rendez-vous au parc olympique

Ce week-end, Pierre-Alexandre Rousseau poussera le frisson à fond en s’élançant du haut de la tour du stade olympique pour la huitième édition du festival Jackalope.

Ils seront une dizaine d’experts et de professionnels à plonger dans le vide, à 165 m au-dessus du sol, vers un atterrissage en douceur sur l’esplanade du stade.

Sauter du haut du stade est vraiment une expérience spéciale. Ça fait quatre ans que l’on fait ça. On a réussi à gagner la confiance des organisateurs du Jackalope et des responsables de la Régie des installations olympiques (RIO) en leur prouvant qu’on est assez bons pour être précis en sautant dans de bonnes conditions. En fin de semaine, le public aura droit à une expérience unique offrant un contact direct avec les athlètes.

Pierre-Alexandre Rousseau

Outre le saut extrême, on pourra également assister à des épreuves de courses de vélo sans dérailleur, de planche à roulettes et d’escalade, discipline qui sera au programme des Jeux olympiques d’été de Tokyo en 2020.

Un calendrier bien rempli

Les opérations commerciales de parachutisme cessent généralement leurs activités au début du mois d’octobre. Véritable boulimique de l’activité physique, Pierre-Alexandre Rousseau a trouvé une autre manière de s’impliquer dans l’industrie du sport.

Il y a un peu plus d’un an, il a fondé sa compagnie, Proleski North America. L’entreprise assure le développement et la distribution d’un simulateur de ski intérieur fabriqué en Ukraine.

Rousseau détient l’exclusivité de la vente de ces équipements au Canada et aux États-Unis.

« On a vendu une centaine de machines à travers le monde. C’est très populaire en Chine et dans les pays de l’Est. Nous en avons vendu un en France la semaine dernière. J’ai 40 projets de centres de ski intérieurs en cours de réalisation à travers une trentaine d’États ou de provinces. Au Québec, la demande reste timide, mais j’ai quand même des contacts avec des investisseurs potentiels à Laval et sur la Rive-Sud de Montréal », explique-t-il.

Après les simulateurs de parachutisme, de golf et de surf intérieur, voilà que le ski a trouvé une niche à l’abri des intempéries.

Des hommes s'entraînent au ski sur un simulateur.

Les simulateurs intérieurs qui permettent de skier ou d'apprendre à skier en toute sécurité.

Photo : Courtoisie - Proleski

Le concept se résume à un tapis roulant sans fin (en formats de 3 m, 6 m ou 9 m) fait de composite, qui reproduit la glisse de la neige. On peut modifier l’angle et la vitesse, laquelle peut atteindre 45 km/h.

Cela représente un excellent moyen d’apprendre à skier ou de maintenir la forme et la maîtrise 12 mois par année. Finie l’époque où l’on devait skier avec un enfant entre les jambes. J’ai vu un jeune de 10 ans qui, au bout de 15 minutes, savait déjà faire du chasse-neige là-dessus.

Pierre-Alexandre Rousseau

C’est en tant qu’entrepreneur qu’il parcoure à présent la planète. La semaine dernière, il a accompagné un client de Los Angeles jusqu’en Ukraine. Et il passera l’hiver à superviser l’aménagement des sites de ses premiers franchisés.

Il prend un égoportrait sur des pentes de ski.

Pierre-Alexandre Rousseau a renoué avec sa première passion, à Whistler, en juin dernier.

Photo : Pierre-Alexandre Rousseau - Facebook

Retour vers le futur

Comme si cela ne suffisait pas à occuper ses heures, P.A. a trouvé le temps de renouer avec ses premières amours en retournant chausser les skis dans un camp de formation sur le glacier de Whistler, en Colombie-Britannique.

Ça se passait à la mi-juin, où durant une semaine, il a enfilé sa casquette d’instructeur au camp d’été dirigé par John Smart, un autre ancien athlète olympique qui a également été membre de l’équipe canadienne de ski acrobatique pendant 10 ans.

C’était la première fois en neuf ans que je retournais dans l’environnement du ski acro. C’était fort intéressant. Mikaël Kingsbury et Philippe Marquis étaient de la partie. On s’est bien amusés et j’ai vraiment apprécié l’expérience. On aurait dit que je n’avais jamais arrêté de skier.

Pierre-Alexandre Rousseau

Comme il ne se s’arrête à peu près jamais, Pierre-Alexandre Rousseau a aussi profité du moment pour tester des skis pour le compte de la firme Rossignol.

« J’ai eu une nouvelle paire de ski de bosses que j’ai essayée. J’ai ce petit contrat avec eux. Ça me permet de rester dans le domaine du ski. »

Cet ancien athlète de haut niveau s’ennuie-t-il encore parfois de la compétition?

Ce qui me manque, ce sont les voyages avec les autres membres de l’équipe. La question du dépassement personnel me manque aussi. En parachute, ça se ressemble un peu, parce que l’on forme une petite communauté. Au lieu que nous soyons ceux qui voyagent d’une fin de semaine sur l’autre, ce sont les gens qui viennent vers nous.

Pierre-Alexandre Rousseau

En guise d’exemple, ils étaient plus de 150 à avoir enregistré une réservation pour un saut en parachute dans la seule journée de samedi dernier. On parle d’une quarantaine d’envolées par fin de semaine.

Grâce à ses deux grandes passions, Pierre-Alexandre Rousseau a trouvé l’environnement et l’entourage au sein duquel il éprouve encore le plaisir et la joie de se dépasser.

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