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S’inspirer de Nadal pour mener Auger-Aliassime au sommet

Félix Auger-Aliassime à la rencontre de ses partisans à Montréal

Bernard Duchesneau (à gauche complètement) n'est jamais loin lors des sorties publiques de Félix Auger-Aliassime.

Photo : Radio-Canada

Jean-François Chabot

MONTRÉAL – Les succès de Félix Auger-Aliassime font écarquiller les yeux et attirent les projecteurs sur lui. C’est pour bien gérer l’afflux et prévenir les tsunamis que Bernard Duchesneau a fait le saut dans la gestion de la carrière du jeune joueur québécois.

Cet avocat de 46 ans, né à Québec, ne veut rien laisser au hasard. Pour lui, l’entourage doit adopter le même credo pour assurer la progression professionnelle et personnelle de Félix Auger-Aliassime.

Oeuvrant aux côtés de son jeune protégé depuis trois ans, Duchesneau ne s’en cache pas, les façons de faire du clan Rafael Nadal sont exemplaires.

« Je pense que c’est un clan qui est tissé serré. La construction de ce clan-là s’est faite autour de la famille parce que c’est hyper important. Je crois en ça. Je crois que ça prend des racines hyper fortes et des bases solides. Il faut que cette construction soit stratégique, bâtie étape par étape », indique Duchesneau en pesant chacun de ses mots.

Il répond aux questions.

Rafael Nadal en point de presse à la Coupe Rogers

Photo : Radio-Canada / Jean-Francois Chabot

« Je ne sais pas si je suis bien placé pour dire aux plus jeunes comment faire les choses, a confié Nadal mercredi, après sa victoire contre le Britannique Daniel Evans à son premier match à Montréal. Le tennis a beaucoup changé ces dernières années. Mais je peux vous dire ce qui fonctionne pour moi. »

« L’importance d’un bon groupe compte beaucoup pour moi. Au fil des ans, cela m’a aidé dans mon apprentissage, dans ma préparation. Avec le temps, vos proches se sentent libres de vous dire quand vous faites bien les choses ou pas.

Quand les gens changent sans cesse autour de vous, c’est difficile de créer ce lien de confiance. Le problème avec le tennis, c’est que c’est le joueur qui paie l’entraîneur, le physiothérapeute et le reste de son équipe. Ça peut parfois créer une situation où les personnes peuvent avoir peur de dire les vraies choses. Seul le temps peut faire en sorte qu’ils vous diront la vérité et non ce que vous voulez entendre. Sans la stabilité, vous n’atteindrez pas cet état d'esprit essentiel.

Rafael Nadal

À l’image de ce qu’il observe du côté de Majorquin, Duchesneau admet que la stabilité au sein de la garde rapprochée d’un athlète est un ingrédient primordial.

La stabilité est importante, mais c’est compliqué de la maintenir. Pour l’obtenir, il faut garder les choses simples. Il faut avoir de la continuité dans les gens qui gravitent autour. C’est une recette en laquelle je crois. Certains joueurs l’ont appliquée avec beaucoup de succès.

Bernard Duchesneau

Gérer et planifier la carrière d’un athlète qui fêtera ses 19 ans, jeudi, est habituellement un défi supplémentaire. Le succès, l’argent, la célébrité sont autant d’ingrédients à la fois incontournables et dangereux s’ils sont mal assimilés.

Duchesneau ne semble pas s’en faire pour Félix Auger-Aliassime parce que le jeune homme s’intéresse aux multiples facettes de sa carrière, tant du point de vue sportif que commercial.

Il harmonise bien le tout. Il veut comprendre. C’est quelqu’un de patient. Il comprend que les objectifs ne sont pas toujours à court terme. C’est ce qui nous permet de bâtir. Dans le cas contraire, il devient facile d’éjecter les gens qui ne rencontrent pas ces objectifs. Ça n’est encore jamais arrivé. Notre noyau est resté le même et il est très solide.

Bernard Duchesneau

Ce noyau a en son cœur la famille, puis viennent les entraîneurs, selon Duchesneau. Même si les décisions sont prises en collégialité, Auger-Aliassime a toujours le dernier mot.

« C’est d’abord la carrière de Félix. On a tous un point de vue à amener autour de la table. On essaie au maximum de communiquer entre nous. Félix n’est pas nécessairement de toutes les discussions. On va lui présenter les différentes options, on va lui donner notre opinion, mais à la fin ce sera sa décision. »

Il est devant le logo de la Coupe Rogers.

Bernard Duchesneau, agent et représentant officiel de Félix Auger-Aliassime

Photo : Radio-Canada / Jean-Francois Chabot

Gérer la surabondance

La popularité de Félix Auger-Aliassime grandissant de jour en jour, il faut à présent composer avec la multitude de demandes et d’offres pour s’associer à l’athlète.

Là aussi, Duchesneau et le clan Auger-Aliassime y vont avec parcimonie. L’accent est mis sur le respect des valeurs du sportif et de l’individu.

Si on veut parvenir à une entente, un produit ou une entreprise, la notion de valeur est prioritaire. Ensuite, Félix doit aimer le produit et la manière avec laquelle on voudra exploiter son image. Ces compagnies devront aussi être disposées à faire preuve de patience en respectant notre plan de développement. Autrement, ça ne correspond pas au type de partenaire que nous souhaitons.

Bernard Duchesneau

Duchesneau renchérit en réaffirmant que son client ne perd pas de vue que l’obtention de contrats de commandites est d’abord et avant tout liée à ses performances sur le terrain.

Ce qui vaut pour la publicité vaut pour les requêtes médiatiques qui suivent la même courbe ascendante.

Là encore, il faut permettre un accès aux journalistes. Dans cette perspective, le cas de Montréal ne représente pas une exception. Le scénario se répète chaque semaine et chaque tournoi.

Autrement, on s’assure que le Québécois puisse satisfaire à la demande, mais dans des limites qui ne viendront pas interférer avec sa préparation de joueur.

C’est le côté le plus difficile. Chaque entité veut son petit morceau de Félix. Mais si on donne un petit morceau à tout le monde, on ne pourra pas y arriver. Il nous faut garder en tête que ce que les gens veulent le plus, ce sont les performances sur le terrain. C’est pour cette raison que le plus souvent on dit non, tout en ne perdant pas de vue que Félix a un rayonnement international.

Bernard Duchesneau

Duchesneau ne peut être partout à la fois. Il n’accompagne pas toujours Félix Auger-Aliassime sur la route. Il a ciblé quelques rendez-vous importants, comme les tournois du grand chelem, où peuvent se tenir des rencontres avec des acteurs majeurs, les Masters 1000 et quelques tournois de la série 500.

Pour le reste, Duchesneau compte sur une adjointe de confiance et il passe des ententes avec le département des relations médias de l’ATP, qui verra au bon fonctionnement des choses.

Il serre le poing droit.

Félix Auger-Aliassime

Photo : Getty Images / Julian Finney

Pour Duchesneau, il est clair que les athlètes de haut niveau s’apparentent à de petites entreprises.

Ainsi, la voie tracée par les Nadal, Federer, Williams et autres grands noms du tennis reste toute désignée.

Duchesneau le sait. Félix Auger-Aliassime le sait. Sa famille le sait. Chacun connaît sa place et son rôle.

L’objectif est commun est indiscutable : la réussite du sportif pour le mener aussi loin qu’il le voudra grâce à son talent et à son engagement.

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